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Les familles, très choquées par la brieveté du délais qui leur est accordé pour reloger leur parent dépendant, ont décidé de lancer une pétition. |
Les pensionnaires de la maison de retraite du Val-Fourré ont reçu leur lettre de congé le 21 juin. La direction leur demande de quitter les lieux dès la fin du mois. Indignées, les familles ont lancé une pétition contre cette décision qu’elles jugent « traumatisante » pour leurs parents.
La nouvelle est tombée comme un coup de tonnerre la semaine dernière. Certaines familles ont eu la mauvaise surprise de l’apprendre dans la presse : le foyer Arepa, qui accueille 64 personnes âgées au Val-Fourré, 2 rue Chopin, vient de donner congé à quarante de ses pensionnaires dont l’état de santé s’est dégradé au cours des dernières années.
Dans un courrier adressé aux proches en date du 15 juin, le conseil général des Yvelines explique que la maison de retraite n’est pas en mesure d’héberger des personnes dépendantes, compte tenu de « moyens humains insuffisants » et d’une « configuration architecturale inadaptée ». La lettre est arrivée dans les foyers le 21 juin. Les quarante personnes âgées, qui, pour certaines, habitent la « résidence fleurie » depuis trente ans, ont jusqu’au 30 juin pour déménager.
Indignation du côté des familles. Jeudi soir, elles se sont présentées en masse dans la petite salle de réunion du foyer où les avait convoquées Jean-Pierre Dei Cas, le directeur général de l’Arepa.
« D’aucuns diront que cette décision est brutale et rapide, a commenté le directeur, mais je l’ai prise en concertation avec la Ddass, le conseil général, la ville et c’est la meilleure solution pour nos résidants. Si la situation perdurait, nous nous exposerions à une fermeture administrative de l’établissement avec une évacuation encore plus traumatisante des pensionnaires ».
Maladie d’Alzheimer
Interrompu à de nombreuses reprises, le directeur de l’Arepa a été pris à parti par les familles très remontées. Outre la brièveté du délai qui leur est accordé, les enfants des résidents s’inquiètent du bouleversement des habitudes de leurs parents, atteints, pour plusieurs, de la maladie d’Alzheimer. Ils considèrent qu’un déménagement si brutal serait très préjudiciable à la santé de ces patients en perte de repères. Autre inquiétude, le coût des hébergements, beaucoup plus élevé dans les autres maisons de retraite. A l’Arepa, le tarif mensuel pour une personne dépendante était de 1450 euros alors que le prix moyen dans la région s’élève à 2300 euros.
Préavis contractuel d’un mois
Durant la semaine, la colère déjà vive des familles a été attisée par des propositions de relogement de l’Arepa. L’Association de Résidences pour Personnes Agées a en effet suggéré à certains d’envoyer leur parent dans le Val d’Oise ou encore dans l’Yonne, là où elle possède d’autres établissements. L’idée d’une séparation géographique n’a fait qu’accroître le ressentiment de ceux qui considèrent que leur parent est mis à la porte sans aucune considération humaine. Et l’absence d’un représentant de la mairie lors de la réunion n’est pas passée inaperçue.
Les familles ont fait état de leur droit contractuel, rappelant qu’elles avaient signé un accord avec l’Arepa qui ne pouvait être dénoncé si rapidement. Jean-Pierre Dei Cas a répondu qu’il respecterait ces dispositions : « Nous allons vous adresser une résiliation du contrat de séjour dans les jours qui viennent, avec un préavis d’un mois ». Les familles ont donc légalement un peu plus de trente jours pour se retourner.
On pousse cependant les pensionnaires vers la porte au plus vite. Notamment avant l’été et ses vagues de chaleur. « Je n’ai pas envie que Patrick Passicos, directeur de la résidence de Mantes, encoure des poursuites pénales et aille en prison pour avoir accueilli des malades dont les pathologies n’étaient pas compatibles avec les conditions d’hébergement », a reconnu Jean-Pierre Dei Cas.
40 places dans les Yvelines
Deux représentantes du conseil général ont annoncé jeudi qu’une quarantaine de places libres étaient destinées aux résidents de l’Arepa dans différentes maisons de retraite des Yvelines. « Ces places ne peuvent être réservées et il se peut qu’elles ne soient plus disponibles si les familles attendent la fin du mois pour se décider », ont-elles averti.
Le conseil général a mis en place une procédure d’admission simplifiée pour les résidants de l’Arepa. Le département peut prendre en charge une partie du coût de l’hébergement mensuel en fonction des ressources des pensionnaires et de leurs enfants. Le relogement sera étudié au cas par cas.
Le site internet remis à jour
Profondément choquées de ne pas avoir été averties plus tôt alors que la décision de l’Arepa s’appuie sur une inspection de la Ddass et du département réalisée le 13 mai, les familles ont décidé de faire circuler une pétition.
Elles mettent par ailleurs en cause le site internet de l’Arepa (www.arepa.org) qui stipule que « la Résidence Fleurie peut accueillir des personnes en perte d’autonomie grâce à la mise en place d’un service de maintien à domicile renforcé avec l’intervention d’infirmières et de gardes-malades ». Jean-Pierre Dei Cas a annoncé jeudi que le site serait très prochainement « remis à jour ».
Réhabilitation
L’Arepa va revenir à sa vocation première, l’hébergement de résidents autonomes et valides. Après une réhabilitation, la maison de retraite accueillera des personnes âgées des foyers Sonacotra de la région.
« Ma belle-mère vit ici depuis trente ans »
La pétition des parents de la Résidence Fleurie compte à ce jour 51 signatures. Elle rend hommage « au dévouement et à la qualité du personnel, à commencer par le directeur, Patrick Passicos, qui a prouvé qu’il savait faire face aux situations les plus difficiles, notamment pendant la canicule de 2003 ». A l’instar de toutes les familles concernées, Marie Claude Julien, à l’origine de la pétition, ne comprend pas qu’une telle décision ait été prise si rapidement. « Ma belle-mère de 94 ans réside ici de puis trente ans, explique-t-elle. Atteinte de la maladie d’Alzheimer, elle vit bien à l’Arepa, dans ses meubles, avec ses repères. Nous allons envoyer notre pétition au maire de Mantes, à la direction de l’Arepa et au ministre de la Santé Philippe Douste-Blazy. Nous souhaitons monter un collectif afin que les familles de l’Arepa restent en contact : cette décision brutale met en danger l’avenir de nos ascendants. Nous verrons combien d’entre-eux sont toujours vivants d’ici un an ».




