Courrier de Mantes
La Une du Courrier par e-mail
RSS
Bruit et pollutions : les riverains ne veulent plus endurer le passage des camions
Rue Jean-Jaurès aux Mureaux, le trafic des poids lourds s’est accru
Le Courrier de Mantes
Publié le:  28 avril 2004

Selon l’adjoint à l’environnement des Mureaux, la rue Jean-Jaurès est souvent empruntée dans les deux sens par les poids lourds (un seul sens leur est autorisé).

Défilé continu des poids lourds, installations classées dans une enclave pavillonnaire, les habitants de la rue Jean-Jaurès voisins des anciennes sablières où trois entreprises de BTP sont en activité, ont fait appel aux associations de protection de l’environnement.

Planté une demi-heure devant l’entrée des anciennes sablières où sont installées trois entreprises de travaux publics, SPL, Béton de France et Jean-Lefebvre (concassage, central à béton et transport de matériel), on constate un ballet incessant de poids lourds, camions bennes ou toupies, qui empruntent la rue Jean-Jaurès en venant de l’avenue Foch et de la Départementale 14 (venant de Flins), pour s’engouffrer dans la zone d’exploitation.

Enclave industrielle dans la zone habitée

En janvier dernier, après une pétition des riverains de la rue Jean-Jaurès, l’association muriautine GRAL-Environnement, soutenue par le CAPESA (Collectif d’associations pour la protection de l’environnement en Seine Aval), a demandé à la DRIRE (Direction régionale de l’Industrie de la Recherche et de l’Environnement) de réaliser une enquête pour déterminer d’éventuelles négligences relatives à la loi sur le bruit. L’enquête visait aussi l’activité de concassage de la société SPL, et la mesure des nuisances dues aux poussières. « Les trois sociétés ont été mises en demeure de respecter la législation sur le bruit et pour celle qui a une activité de concassage, de protéger l’environnement de l’émanation des poussières de production », précise Claude Kindz pour la CAPESA.

Dossier délicat

D’autre part par le passé, l’association Gral-Environnement avait déjà demandé la pose d’un stop à la sortie du site. C’est l’ancien président du Gral Jean-Claude Plot, aujourd’hui secrétaire de l’association, qui avait soulevé le problème environnemental de l’exploitation du site des anciennes carrières. « À l’origine, les trois sociétés se sont installées dans les sablières à la fin des années 1970, explique-t-il, elles se sont ensuite étendues en empiétant sur le site enclavé dans une zone pavillonnaire ».

« C’est un dossier délicat, les entreprises de BTP étant de bonnes pourvoyeuses de taxe professionnelles et surtout elles créent des emplois... », déclare Albert Bischerour élu vert et membre du Gral, très pragmatique. Lui garde « un bon espoir » de voir ouvrir un autre accès vers le rond point de la ZAC. « Les procédures peuvent être longues », modère-t-il toutefois.

« L’objectif de l’enquête demandée par le CAPESA est de regarder les nuisances du point de vue des réglementations de la DRIRE », complète Michel Carrière adjoint à l’urbanisme et à l’environnement des Mureaux.

Depuis 2003, plusieurs réunions se sont tenues avec la ville auxquelles ont assisté les trois entreprises. L’aménagement d’une sortie privée et unique du côté de la zone d’activité des Garennes a donc été posé comme une solution possible.

Lafarge propriétaire

Contactée vendredi dernier, la société Béton de France est d’ailleurs favorable à cet aménagement : « la logique voudrait que les camions toupies sortent par la zone des Garennes ». Sur les nuisances, elle précise qu’elle occupe « un site classé soumis à déclaration, et à la réglementation sur le bruit ». « Ce qui signifie une obligation de résultats auprès de la DRIRE ». L’entreprise productrice de béton ajoute en revanche qu’elle n’est pas concernée par les émanations de poussières, rejetant ce problème sur l’activité voisine du concasseur. « Le dossier avance mais la société Béton de France locataire des terrains appartenant au groupe Lafarge n’est pas en position de financer un nouvel accès routier », estime enfin Christian Bochet, responsable d’exploitation du central à béton. « Alors qui paye quoi ? Qui fait quoi ? », interroge-t-il.

Installée à côté, la société Jean-Lefebvre, une filiale d’Eurovia (groupe Vinci), réalise des infrastructures routières. Elle est propriétaire des terrains. En cela, sa situation est différente de sa voisine Béton de France. D’autre part, elle précise que ses camions sont au dépôt le matin et le soir : « les nuisances dues au bruit des poids lourds ne nous concernent donc pas ».

Quant à la société SPL filiale d’Eurovia elle aussi, elle a déjà envisagé de faire sortir ses camions vers la Zac des Garennes, en anticipant le déplacement d’un pont bascule de livraison des camions et la pose d’un portail en octobre 2003, de façon à neutraliser la circulation rue Jean-Jaurès.

« Un nouveau projet d’exploitation a été présenté à la DRIRE à la fin 2003 », explique Francis Garcia le chef d’exploitation de SPL. « Nous avons prévu de faire deux niveaux de plateforme, avec un aménagement paysager et un système d’arrosage, de manière à protéger les riverains des poussières du concasseur ». La société SPL précise qu’un premier dossier a été refusé par la DRIRE et la préfecture pour « un problème de hauteur de plateforme ». « Autrement nous étions prêts pour février-mars 2004 », indique Francis Garcia de SPL. « Nous n’attendons plus que le feu vert de la DRIRE pour opérer ces transformations ».

La DRIRE et le CAPESA devaient faire le point de la situation en avril, la réunion a été reportée à la deuxième quinzaine de mai. L’association Gral-Environnement de son côté espère voir ce dossier « bouclé » avant la fin de l’année.


Quand les murs tremblent

Interrogée vendredi, une habitante de la rue Jean-Jaurès se lâche de colère : « Nous n’en pouvons plus de subir ce bruit incessant dû aux allées et venues des poids lourds... nos murs tremblent à chaque passage et on ne peut pas ouvrir les fenêtres aux beaux jours... ». Cette muriautine estime que le trafic des poids lourds s’est même aggravé avec la croissance de la zone d’activité des Garennes située derrière.

Pour cette raison précisément, l’adjoint à l’environnement, Michel Carrière, souhaite temporiser : « les trois sociétés installées dans les anciennes carrières ne sont pas responsables de toutes les nuisances subies rue Jean-Jaurès. Beaucoup de camions empruntent cette rue en totale illégalité car les deux sens ne sont pas ouverts à la circulation des plus de trois tonnes cinq ».

La ville envisage aussi de créer un rétrécissement de chaussée, ainsi qu’un dos d’âne, à cet endroit.




RECHERCHER SUR LE WEB
Google

Tous droits de reproduction réservés. Passez votre annonce sur le net 24h/24h.


Webmaster