Les Chapetois ont un souvenir ému de ce début du mois de mars, où par deux fois une ligne ininterrompue de voitures embouteillées avait klaxonné dans les rues vers 6 heures du matin, affolant la paisible bourgade. L’épicier et seul commerçant du village, Daniel Atfi, manifestait contre le plan de circulation et les travaux d’assainissement.
Depuis deux ans, ce dernier estime en effet que le plan de circulation (puis les travaux récents) l’a privé de sa clientèle... (lire l'article du 3 mars). Rebondissement dans cette affaire de Clochemerle, comme seul Pagnol le provençal savait en raconter.
Dans une lettre qu’il rend publique ces jours-ci, le maire de Chapet rappelle que la commune a entrepris en 2002, d’importants efforts pour remettre le commerce de proximité à flots. Etudes, achat d’immeuble, travaux et achat de licence, en tout, 421 954 euros ont été dépensé pour l’ouverture du commerce, précise le document. « La commune de Chapet avait alors atteint les limites de ses domaines et de sa capacité d’intervention et pouvait remettre à un entrepreneur un outil de travail de premier plan », ajoutent le maire, Michel Sorain, et son conseil municipal.
« Depuis le 1er mars 2002, il appartient au chef d’entreprise de développer lui-même sa propre activité et d’y dépenser toute l’énergie et les talents nécessaires », poursuit le communiqué.
Le communiqué ajoute que le propriétaire ne peut arguer de la « diminution » d’une clientèle de passage pour se plaindre de la baisse d’activité de son commerce de proximité (un peu plus haut les élus expliquent qu’ « il appartient au chef d’entreprise de développer lui-même toute l’énergie et les talents nécessaires » pour faire fructifier son affaire).
Répondant aux critiques du patron du Relais des saveurs, qui au début du mois manifestait contre le nouveau plan de circulation et les travaux d’assainissement, le maire et ses collègues estiment que ces événements ne sauraient être la cause des difficultés rencontrées par le commerce depuis son ouverture : « les travaux d’installation d’assainissement n’ont commencé que le 13 octobre 2003 et la circulation avec Verneuil est rétablie depuis le 19 décembre 2003 ».
Bien sûr Daniel Atfi conteste totalement l’analyse municipale, « s’il y a eu étude de faisabilité, c’est bien sûr la base du passage de 6400 véhicules par jour », argumente Daniel Atfi. « C’est dans cette seule condition, qu’il était possible de maintenir un commerce à Chapet ». « On ne m’aurait jamais donné l’autorisation d’ouvrir un débit de tabac sans cette fréquentation quotidienne », poursuit-il. Daniel Atfi déclare être au bord du dépôt de bilan, mais souhaite aussi se battre « jusqu’au bout ».




