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Réveillon aux chandelles pour le Belvédère
La toiture de la grande barre du Belvédère s’est envolée sur 500 m2. Avec les infiltrations d’eau, il a fallu couper l’électricité dans trois cages d’escaliers. Le bâchage n’a pu commencer que jeudi. Grosse galère et réveillon aux bougies pour les habitan
Le Courrier de Mantes
Publié le:  06 janvier 2000

Les restes de la toiture emportée sur 500 m2 gisent au sol.

Mercredi 19 h à la Maison de Tous, une dame franchit le seuil de la porte. Presque timidement, elle explique : “J’ai entendu dire qu’il y avait des familles à reloger. Je peux en héberger une chez moi ce soir”.

Installée au cœur de la cité d’Acosta, la structure municipale, la Maison de Tous est devenue le quartier général des sinistrés de la tempête. Midi et soir, on y prépare des repas que les habitants peuvent prendre sur place ou emporter chez eux pour les manger à la chandelle.

Plusieurs bâtiments sont encore sans électricité. Mais le souci majeur de la municipalité, c’est la grande barre du Belvédère où la toiture a été entièrement emportée sur 500 m2. Dans trois cages escaliers, aux n°33, 35 et 37, les locataires n’ont plus que la dalle de béton sur la tête. Ceux qui logent au dernier étage, se débattent avec les seaux et les serpillières dès qu’il pleut : “La nuit de la tempête, cela a été terrible. J’espère que je ne vivrais plus jamais cela”, explique Sandrine Texier, la voie cassée. En fin de semaine, elle va quitter son appartement avec son mari et ses deux fils. “J’avais un F4, on me donne un F3. C’est plus petit mais tant pis, on se débrouillera. Je ne veux plus vivre ici”.

23 familles dans le noir

A cause des infiltrations d’eau, la mairie a fait couper l’électricité, plongeant 24 appartements dans le noir. “C’était trop dangereux, il n’y avait pas d’autre solution”, explique le maire. L’association Tremplin Plus résidant dans le bâtiment a été relogée par la commune.

Reste 23 familles auxquelles la ville et l’adjoint au maire Henri Gougis, en tête, s’efforcent d’apporter réconfort par des visites quotidiennes, des livraisons de repas et la mise à disposition de la Maison de Tous. Le maire, Alain Pierre, n’est d’ailleurs pas tendre avec la société Terre et Famille propriétaire de l’immeuble : “On n’a pas l’impression que le souci premier de Terre et Famille soit les locataires. Il a fallu faire intervenir le sous-préfet pour que ça bouge”. La société HLM, elle, estime qu’elle fait tout ce qui est en son pouvoir : “Nous avons fait à chaque locataire une proposition de relogement en fonction de nos disponibilités. Certains ont accepté, d’autres ont refusé. Nous avons obtenu la venue d’un expert de façon à estimer l’étendue des dégâts dès mardi matin. Ce qui n’était pas évident. Les travaux de remise en état seront faits le plus rapidement possible sous le contrôle d’un bureau technique agréé”, explique la responsable de l’agence de Verneuil. “Les propositions de relogement sont loin de satisfaire l’ensemble des locataires. Sur 23 familles, douze ont refusé de quitter leur appartement. Onze ont accepté un relogement, très peu sur Aubergenville, la majorité sur Mantes”, répond Henri Gougis soulignant qu’une trentaine d’appartements libres a été recensé sur la commune. Les Bailleul font partie des familles qui ont refusé : “On nous propose un appartement à Mantes. Mais avec nos deux enfants scolarisés à Aubergenville, on ne peut pas partir”, explique Ingrid. Parmi les locataires qui n’ont pas de relogement satisfaisant, on parle de grève des loyers.


Le bâchage du bâtiment a commencé jeudi

Autre motif de tension entre la commune et le bailleur : le bâchage du toit. Dans un premier temps, Terre et Famille estimait que l’opération était impossible, faute de point d’ancrage, tandis que la mairie était persuadée que c’était tout à fait réalisable. Elle avait même fait appel au sous-préfet pour obtenir des bâches. Finalement, jeudi après-midi, les deux parties se sont retrouvées sur le terrain, chacune avec leur entreprise. Dans un premier temps, il était convenu que les deux sociétés travaillent ensemble. Mais vendredi, nouveau changement de programme, Terre et famille renvoyait l’entreprise amenée par la ville. Nouveau coup de colère d’Alain Pierre, exaspéré par ce refus de coopération. Après l’interruption du week-end, les travaux de protection du toit ont repris lundi. Mais les quelques familles restantes ont entamé leur deuxième semaine sans électricité. Un vrai calvaire au Belvédère.




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