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Le projet de prison inquiète Porcheville
Le manque d'information fait monter la tension
Le Courrier de Mantes
Publié le:  24 décembre 2003

Mardi soir dernier, la séance du conseil municipal a été houleuse. Une centaine de personnes y assistait.

Affluence record mardi soir au conseil municipal : plus de 100 personnes assistaient à la séance. Des habitants venus dire leur inquiétude et leur colère de ne pas avoir été informés plus tôt du projet de centre de détention dans leur commune.

Il y a sûrement bien longtemps que la salle du conseil municipal n’avait pas connu une telle affluence, une telle ambiance électrique. Mardi soir dernier, les quelques malheureuses chaises ont été prises d’assaut. Les Porchevillois présents - plus d’une centaine - ont dû assister à la séance debout, certains même dans le couloir et dans les escaliers.

Le projet de centre de détention pour mineurs n’était pas à l’ordre du jour, mais la rumeur de la construction d’une prison à Porcheville courait depuis plus d’une semaine. Un tract anonyme invitait même les habitants à se rendre au conseil pour demander des explications.

Avec plus d’une demi-heure de retard et dans un climat de tension palpable autour de la table des élus, le conseil s’est ouvert sur une série de questions financières (lire l'article). Il a fallu près de trois heures de patience au public pour qu’enfin le maire aborde le sujet.

Un référendum sur la prison ?

Dans un brouhaha général, Maurice Robert explique qu’il n’a eu les informations sur le projet que l’après-midi même, juste avant la conférence de presse donnée par Pierre Bédier et Dominique Braye. “Même le cantonnier est mieux informé”, lance une habitante en s’offusquant que la commune soit “la dernière prévenue pour un projet de cette importance”. Une autre Porchevilloise apostrophe le premier magistrat : “Dites-nous ce que vous en pensez Monsieur le maire. Etes-vous pour qu’on construise une prison chez nous, pour qu’on fasse venir les délinquants à Porcheville ?”

Réponse timide de Maurice Robert : “Moi, je ne suis pas contre”. Et tollé général dans l’assistance. Une autre question fuse : “Accepteriez-vous de faire un référendum pour que les habitants puissent d’exprimer ?”

“Porcheville a tout de même son mot à dire” : c’est le leitmotiv dans la salle.

L’idée d’une prison installée sur le territoire de la commune fait peur : “Est-que les délinquants vont utiliser les installations sportives de la ville ?” “Auront-ils le droit de sortir ?” “Qu’est-ce qui nous garantit que nous serons protégés”. “Pourquoi ce projet atterrit-il à Porcheville ?”.

Autant de questions et d’angoisses nourries par un manque de communication.

“Déficit de communication”

L’absence d’information visiblement, c’est ce qui choque le plus à Porcheville : “On nous met devant le fait accompli. Ce genre d’établissement est certainement utile pour la société, mais il y a une façon de présenter les choses. Nous aurions dû être informés en amont”, résume une conseillère municipale, Nicole Deuet.

Sur ce dossier, les habitants ont le sentiment que tout s’est passé dans leur dos et que la commune n’a pas eu le contrôle de ce qui se passait chez elle : « Le maire nous explique que le projet est situé sur des terrains intercommunaux qui font partie de la zone industrielle désormais gérée par la CAMY. Ce que nous vivons aujourd’hui renforce chez les gens l’idée déjà très répandue qu’avec la CAMY la mairie n’est plus maître chez elle », commente une responsable associative.

Dans les rangs des élus, Paul Lebihan s’interroge : « Pourquoi une zone qui était bloquée au POS pour l’extension de la zone industrielle est-elle disponible pour construire un établissement pénitentiaire qui ne rapporte rien du point de vue de la taxe professionnelle ? »

Toutes ces questions, la CAMY, la municipalité, mais aussi le secrétaire d’Etat Pierre Bédier devront y répondre sous peine de creuser un fossé entre gouvernants et gouvernés, d’entretenir ce déficit de confiance dont on a désormais l’expression à chaque consultation électorale.

Lire également :

- 50 jeunes délinquants à Porcheville en 2006

- Le maire : "Je vais essayer de convaincre"




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