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Avec sa médaille de bronze du championnat d’Europe junior, dans la salle olympique de Sarajevo. |
A son retour de Sarajevo (Bosnie) où il a décroché la médaille de bronze des championnats d’Europe juniors le mois dernier, le Mantais Abderrahim Alaoui (-73 kg) a fait preuve d’une remarquable lucidité sur la suite à donner à sa carrière. Désormais senior, il sait qu’il a à nouveau tout à prouver. “Il y a tellement de gars qui ont brillé en junior et qui ont disparu ensuite. Je n’ai pas d’objectif précis. Je veux juste percer, accumuler les bons résultats. Le vrai judo va commencer, ça va devenir très dur.”
Il revient sur son aventure en Bosnie, un événement préparé depuis deux ans. Avec deux dernières semaines de perfectionnement au pôle France qui l’a vu grandir, à Brétigny. “Avec Franck Chambilly et Benoît Campa, les entraîneurs nationaux, on a travaillé sur les détails pendant quinze jours, quatre heures par jour. C’était la première fois qu’on faisait un travail aussi précis, c’est très efficace. On a insisté sur les déplacements pour garder une distance, ne pas accepter le combat trop vite.”
Une fois en Bosnie, Abder a eu la chance de pouvoir compter sur une petite délégation mantaise pour le soutenir, dont bien sûr son entraîneur, Arif Osmani, d’origine bosniaque. “C’était génial, mes potes m’enviaient, j’avais un traducteur avec moi. On a pu s’échapper quelques heures pour visiter la ville et la montagne. Le pays a souffert mais c’est magnifique, et les gens sont chaleureux. C’est un pays musulman, je m’y suis senti à l’aise. Même si c’est surprenant de rencontrer des musulmans blonds aux yeux bleus.” Son coach enchaîne : “Il y a eu beaucoup d’émotions là-bas. Je n’y étais pas retourné depuis 15 ans. J’en ai profité pour emmener mes deux fils et ma femme en voyage. Et quand Abder est monté sur le podium, décrochant la première médaille internationale du club, j’ai repensé à Michel Meleiro, qui avait lancé la section il y a 34 ans. C’est un peu sa médaille aussi, décrochée dans le pays de ma mère.”
Avant le podium, il y a eu l’échec du deuxième combat où une seconde d’inattention a brisé le rêve en or d’Abder. “J’étais là pour la première place. Alors quand je suis tombé contre le Letton, pour moi c’était fini. Heureusement, les entraîneurs français et Arif, surtout, m’ont remotivé. Une médaille de bronze, c’est mieux que rien.” “On s’est servi de cette défaite pour lui mettre la haine” raconte Arif. Relancé, il s’est battu jusqu’au bout pour aller chercher cette médaille, l’une des cinq, seulement, décrochées par la France dans la compétition (3 chez les filles et 2 en bronze chez les garçons).
Numéro 1 des juniors français pendant deux ans, interne de l’INSEP depuis la rentrée scolaire, le judoka mantais a déjà tiré un trait sur sa médaille de bronze, passant à autre chose. Dans un sport où seul le n° 1 compte, les JO d’Athènes arriveront peut-être trop tôt pour qu’Abder détrône Daniel Fernandes, vice-champion du Monde. Il sait qu’il a quelques années de travail devant lui pour s’imposer au plus haut niveau.




