|
La rosace a été reposée à 30 mètres de haut. |
Après plusieurs mois de restauration, la rosace de la façade occidentale de la collégiale Notre-Dame a été reposée jeudi matin.
Elle date de 1210 et en est déjà à sa quatrième restauration. Une opération rendue possible grâce au financement de la fondation Gaz de France, le ministère de la Culture et de la Communication, la Région, le Département, l’association Valeur et Culture et la ville de Mantes-la-Jolie. Jeudi, en présence du maire Michel Sevin et de Philippe Oudin, architecte en chef des monuments historiques, les sponsors ont découvert le nouveau visage de la belle après nettoyage des maçonneries et restauration des vitraux, une opération effectuée dans les ateliers Barthe Bordereau à Angers.
Le retour des bleus de Mantes
La rose, formée d’un oculus central entouré de douze quadrilobes et de douze autres médaillons, mesure huit mètres de diamètre. Les vitraux ont grandement souffert de l’accumulation de lcrasse qui obscurcissait des verres, l’altérait les grisailles et désagrégeait des mastics de calfeutrement. « Les bleus de Mantes ont retrouvé de leur éclat. Avant le nettoyage, les vitraux tournaient au rouge », a expliqué Philippe Rollo, maître verrier gérant des Anciens Ateliers Barthe-Bordereau. Le nettoyage a nécessité 1000 heures de travail. La face externe exposée aux intempéries et à la pollution atmosphérique étant recouverte d’une couche composée de sulfates, de nitrates et de silicates, il a fallu appliquer un gel pour éliminer une grande partie de ce dépôt, retrouver la transparence du verre et la lisibilité de la scène. La présence de peintures en grisailles sur la face interne a rendu le nettoyage plus délicat. L’intervention a consisté en plusieurs applications successives de compresses d’alcool ou d’acétone alors que les grisailles les plus fragiles ont été refixées.
Six jours pour la reposer
Une fois le nettoyage achevé, les quelques pièces brisées ont été réparées par collage bord-bord au moyen de résine silicone parfaitement invisible. Afin d’éliminer des plombs de casse perturbant la composition de la rose, l’ancien plomb a été remplacé par un fil de cuivre très discret soudé à l’étain selon la méthode de Tiffany.
Pendant six jours, les ouvriers se sont attelés à reposer l’ensemble des panneaux à 30 mètres de hauteur. Lorsque l’on contemple les photos avant, pendant et après l’opération, le résultat est saisissant. Selon le maître verrier, le prochain nettoyage de la rose devrait avoir lieu dans une cinquantaine d’années.
G.V.




