En préparation depuis juillet dernier, le projet du premier marché de Noël bonnièrois vient de “capoter”. Une vingtaine de participants, au moins, était attendue au centre Louis-Jouvet, quelques jours avant le réveillon. Protagonistes de cette affaire, l’Union des commerçants, maire de la commune et organisateur s’expliquent.
Alors qu’une vingtaine d’exposants était attendue au centre Louis-Jouvet pour le premier marché de Noël de la commune, celui-ci a été annulé brutalement. Colère du côté des commerçants bonnièrois, comme des exposants.
L’organisation du marché est officiellement lancée en juillet, lorsqu’un Freneusien, Jacques Crevet, ancien habitant de Bonnières selon ses propos, contacte par courrier la mairie pour préparer le rendez-vous de fin d’année. Celle-ci répond en septembre, lui demandant des éclaircissements sur son projet. Parallèlement, l’Union des commerçants (Ucaib) prépare ses animations commerciales annuelles.
« Tenue à l’écart »
Rebondissement début novembre, lorsque l’Ucaib découvre une affiche annonçant le marché de Noël au centre Louis-Jouvet.
« Il était calé sur nos quatre jours d’animation, explique Monique Lefèvre, présidente de l’association. Ce qui est beaucoup trop tardif pour un marché de Noël. Regardez ce qui se pratique dans les autres villes ! Ensuite, les exposants étaient aussi des commerçants, venus de la Seine-Maritime, de l’Eure, de l’Eure-et-Loir et du Val d’Oise, dont certains ont pignon sur rue. On s’attendait à une vente d’objets artisanaux, comme de la peinture, des émaux, par exemple. Ce n’était pas le cas ».
La crainte d’une concurrence fait bondir l’Ucaib qui estime avoir été « tenue à l’écart » de la préparation du projet… donc des participants susceptibles d’exposer les produits mis en vente sur le marché.
« J’aurais opposé une fin de non recevoir à tout ce qui était alimentaire », cite en exemple Monique Lefèvre qui doit, en outre faire face aux critiques émanant du bureau de l’Ucaib.
Jeudi dernier, lors d’une rencontre organisée entre les représentants des commerçants ces derniers jours, la mairie et Jacques Crevet, organisateur de la manifestation, tous conviennent de l’annulation du marché de Noël. La mairie devait renvoyer cette semaine les règlements des exposants, accompagnés d’une lettre explicative.
Dans un courrier daté du 28 novembre, Jacques Crevet confirme l’annulation de la manifestation « pour éviter toute polémique concurrentielle ». N’empêche, la polémique a bien eu lieu. Monique Lefèvre et la mairie doivent chacun faire face aux foudres de deux exposants.
« Evidemment, cela n’est pas plaisant pour eux, convient Monique Lefèvre, mais l’Ucaib n’avait pas été consultée. Les travaux en cours dans la commune ne nous sont déjà pas favorables et ont un impact sur le chiffre d’affaires de Noël. Il faut aussi supporter la concurrence des grandes surfaces. Avec près de 18 000 € investis dans les animations de fin d’année, l’Ucaib fait de gros efforts. Au nom des adhérents, nous ne pouvions pas permettre que des gens de l’extérieur s’installent pour vendre de la lingerie, des bijoux, du maquillage, etc. »
Un marché en décembre 2004 ?
Interrogé sur cette affaire, le maire de Bonnières, Jean-Marc Pommier confirme les propos de l’Ucaib : « Nous aurions dit non si nous avions su plus tôt de quoi il en retournait. Mais les gens de bonne volonté ne courent pas les rues, souligne l’élu. Les élus en charge de ce dossier n’ont pas tout maîtrisé. J’assume pleinement ma part de responsabilité ».
Le principe d’un marché de Noël dans le chef-lieu de canton n’est toutefois pas écarté… pour 2004. « La question a été posée en réunion de bureau, assure Monique Lefèvre. Ce sera oui sur le principe, mais sous certaines conditions : il devra être placé début décembre et en extérieur ».




