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Jacques Berthelot. |
« C’était une cérémonie très sympathique. Nous étions au moins 200, sans compter les proches des invités. L’Elysée, c’est magnifique. En tant que peintre, j’ai d’abord regardé la décoration. Les tapisseries, les bas-reliefs sont superbes ».
Jacques Berthelot est rentré émerveillé de son passage au palais de l’Elysée, vendredi matin. Il était aux côtés des vingt-six récipiendaires conviés pour y recevoir la médaille du courage et du dévouement. Ce Vernonnais méritait bien des honneurs après son acte héroïque du 1er septembre 2002.
Peu avant 8 heures, ce dimanche, Alexandre, 20 ans, circule sur la nationale 15, en direction de Bonnières, au volant de sa Renault 5. Il vient de quitter une amie, à Saint-Just, et rentre à son domicile. Il amorce un virage à hauteur de l’église de Jeufosse lorsqu’il perd soudainement le contrôle de sa voiture. Celle-ci tape sur le talus, bascule sur la glissière de sécurité et retombe en contrebas sur la voie ferrée. Une voisine ne tarde pas à apercevoir le véhicule dans lequel se trouve encore le jeune conducteur. Une autre voiture arrive au loin. La voisine lui fait des signes pour s’arrêter. Il s’agit de Jacques Berthelot. Aidé d’un second automobiliste de Saint-Just, Michel Hébert, il tente l’impossible pour évacuer le jeune homme. L’horizon est calme semble-t-il. Pourtant, un train transportant 476 pèlerins de retour de Lourdes, avance à 140 km/h en leur direction. Lorsqu’il surgit à quelques centaines de mètres de l’accident, Jacques Berthelot et Michel Hébert sont encore sur la voie. Les deux hommes ont juste eu le temps de sortir Alexandre de la voiture et de se plaquer contre le talus, alors que la locomotive emmène avec elle la Renault 5 dans un terrible fracas avant d’être stoppée. L’alerte est rapidement donnée auprès des secours. Le jeune conducteur est dirigé vers l’hôpital de Mantes grièvement blessé, mais vivant.
Depuis, Alexandre s’est rétabli. « Il y a un moment que nous ne nous sommes pas vus, mais il va bien », assure Jacques Berthelot
« Merci Monsieur le président »
En juin dernier, une médaille de bronze du courage et du dévouement lui a été décernée. Aux côtés de sa compagne Pierrette, il a donc rejoint les autres invités de la cérémonie élyséenne : « Les invités sont restés très modestes sur leur histoire, reprend l’artisan. Le président a évoqué plusieurs d’entre elles, mais entre nous, on n’en a pas parlé. Après les discours, il y a eu la séance photo. Lorsque ce fut mon tour, je lui ai serré la main et je l’ai remercié de l’invitation. Ensuite, nous avons eu un pot. Le président est venu discuter rapidement avec des petits groupes ».
En début d’après-midi, Jacques Berthelot a repris le chemin de son domicile, dans un train qui devait traverser les lieux de l’accident. « Je passe très souvent devant cet endroit. Je n’oublierai jamais ce qu’il s’est passé ».




