La présentation de l’analyse financière faite lors du dernier conseil municipal par Béatrice Pommarède, receveur municipal, a été suivie avec beaucoup d’attention par l’assistance.
Cet exposé, qui présentait les chiffres financiers entre 1998 et 2002, a permis d’expliquer l’évolution de la situation financière et de mettre en lumière atouts et handicaps de la commune. L’étude révèle d’abord que le résultat comptable a évolué de 32 % en 5 ans.
Au chapitre du budget de fonctionnement, les recettes ont augmenté progressivement entre 1998 et 2001, et plus nettement en 2002, suite la décision de la chambre des comptes d’augmenter les taux d’imposition pour pouvoir financer les emprunts contractés par la ville.
Les dépenses, qui ont connu un boom en 1999 et 2000, ont baissé de façon très importante en 2002.
Pointées du doigt : les charges de personnel, qui ont augmenté de 48 % en 5 ans et qui représentent 55 % du budget de fonctionnement.
Les frais de personnel en cause
Ce taux, très élevé, est caractéristique de la commune. En 1985 déjà, la charge de personnel représentait 195 euros/habitant, quand la moyenne départementale était, elle, à 111 euros/habitant !.
Entre 1999 et 2000, la charge de personnel a augmenté de 13 %, avec huit créations de postes dans la filière technique, particulièrement importante par rapport aux communes de même strate.
Potentiel fiscal
Au chapitre des satisfactions : le potentiel en matière de fiscalité. Les recettes fiscales ont augmenté de 15,91 % sur 5 ans, grâce à l’évolution des bases et l’augmentation des taux d’impôts locaux.
La taxe professionnelle représente plus de 48 % du total des produits, la taxe foncière 38 %. L’augmentation croissante de la population devrait constituer une manne financière pour la commune.
Il est important de souligner que la commune a vu son nombre d’habitants augmenter de 120 % entre 1982 et 2002, ce qui a obligé la commune à engager de nombreuses opérations d’investissement durant ces dix dernières années.
Augmentation de la dette
L’inquiétude principale demeure le résultat financier qui s’est aggravé avec une baisse de 12,48 %. Une explication à cela, l’annuité des emprunts qui a évolué de 18,85 %.
Les investissements réalisés en 1999 ont été financés en grosse partie par l’emprunt. Entre 1998 et 2001, l’accroissement des dépenses a été plus fort que l’accroissement des recettes, d’où une incapacité de dégager de l’autofinancement pour financer les emprunts.
La maîtrise des dépenses et la renégociation des emprunts engagées à partir de 2001 ont permis de rétablir la balance. 2002 a été l’année de relèvement. La commune est belle est bien sortie du rouge mais les difficultés ne se sont pas envolées pour autant.
Issou apparaît régulièrement dans le réseau d’alerte de la Préfecture au niveau de la charge de personnel et de l’encours de la dette. « Il y a des perspectives d’évolution en matière de fiscalité, la dette du personnel devrait se réguler. Pour ce qui est de l’encours de la dette, la situation devrait s’améliorer en 2008 avec l’arrêt de deux emprunts », a commenté la trésorière.
De son côté Martine Chevalier, maire de la commune, reste lucide. « Nous sommes parvenus à équilibrer les comptes et à gérer nos difficultés, ce qui prouve que nous ne sommes plus dans le rouge. L’effort va maintenant se porter sur la maîtrise des dépenses, en particulier la charge de personnel, beaucoup trop importante. Une chose est sûre, on passera un mandat entier à rétablir la situation et à l’asseoir solidement ».




