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Benoit Delmotte et Bénédicte Bauret, devant l’entrée du futur magasin. |
Le magasin ouvrira ses portes au printemps prochain, à Mantes-la-Ville. Pour l’heure, Benoît Delmotte et ses amis achèvent de boucler le tour de table financier du projet. Il a déjà séduit quatre-vingt-quinze actionnaires.
Consommer bio, c’est certes une philosophie, « mais ça n’est pas une religion », lance d’entrée de jeu Benoit Delmotte. De ce choix de vie, il va toutefois faire sa profession et planche depuis plusieurs mois sur la création d’un commerce alimentaire biologique. Le consommateur trouvera bien sûr des fruits, des légumes dans les rayons, mais aussi de la viande, des produits d’entretien, du vin, etc., issus de l’agriculture biologique ou du commerce dit équitable. Les principes de ce dernier sont notamment fondés sur une juste rémunération du travail des producteurs et des artisans et la préservation de l’environnement.
« Il manquait vraiment un magasin de ce type dans la région, constate Benoit Delmotte. Comme d’autres clients, j’allais donc faire mes courses ailleurs, une fois par mois, à Evreux où il en existe un depuis 2001. Quand on y réfléchit, faire plus de cinquante kilomètres pour acheter du bio, ça n’était pas vraiment écologique… » Profitant d’un congé parental pris voici deux ans, il profite de son temps disponible pour rejoindre le conseil d’administration du commerce ébroïcien « pour approfondir mes connaissances ». En quête d’un local, il cherche à Mantes-la-Jolie où aucune bonne occasion ne semble se présenter. A Mantes-la-Ville, en revanche, le propriétaire de l’enseigne Multi-fruits est vendeur de ses locaux de 600 m2. L’affaire est conclue l’été dernier. Une aubaine, d’autant que cette partie de la ville est amenée à se développer et générer du passage, donc des clients potentiels. Déjà, Benoit Delmotte se frotte les mains : « C’est le lieu idéal ».
500 € l’action
L’étude de marché, qui s’appuie sur des statistiques de l’Insee, le conforte dans son idée que le commerce trouvera sa place dans le Mantois. Ses produits seront souvent plus chers qu’en grande surface traditionnelle, « mais les producteurs seront mieux payés. Et notre marge de bénéfice sera faible ».
Pour réaliser ce projet, il lui faut aussi et surtout réunir un capital, estimé à 75 000 euros. L’apport personnel s’avérant plutôt mince, c’est sur son entourage qu’il compte pour boucler le tour de table sur le principe de l’actionnariat. Chacun des 150 titres est donc proposé à 500 €. « C’est un tarif volontairement élevé. Si l’action avait été de 100 ou 200 €, nous aurions eu plus de monde et pas forcément aussi impliqué dans le projet ». Et le concept semble séduire : « Aujourd’hui, 120 actions sont déjà détenues par quatre-vingt-quinze personnes, constate Benoit Delmotte. Ce sont des personnes de tous horizons : des profs, des médecins… Il y a, bien sûr, parmi eux, de vrais consommateurs du bio. Les autres le soutiennent sans pour autant acheter ces produits. Peut-être, justement, parce qu’il n’y avait pas de lieu pour cela ». Un emprunt bancaire est, depuis, venu compléter le montage financier de l’affaire.
Une société civile immobilière va donc voir le jour pour la reprise des locaux de la rue Jean-Jaurès. Elle les louera à la société par action simplifiée (sas) prochainement créée pour exploiter le commerce. « Nous nous fournirons à 80 % auprès d’une centrale d’achat. Le reste viendra de producteurs locaux qui ne sont d’ailleurs pas très nombreux autour du Mantois. J’ai quelques pistes vers Vernon, Montfaure l’Amaury (27) ».
« Impatient mais serein »
Quant aux emplois créés, « nous serons trois ou quatre pour démarrer. D’ici deux ans, nous prendrons quelqu’un en plus ». Bénédicte Bauret, actuellement employée à mi-temps à Paris dans la médiation scolaire, par ailleurs élue au conseil municipal de la commune, doit quitter son poste pour prendre un plein temps aux côtés de Benoit Delmotte.
Les travaux de rénovation de l’entrepôt démarreront probablement en janvier pour une ouverture au printemps.
A six mois de l’ouverture de la Biocoop, Benoit Delmotte est-il stressé ? « Je suis surtout impatient mais serein ! », assure-t-il.




