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Martin Laviolette, président du Festiblues de Montréal, devant l’affiche du festival Blues-sur-Seine 2003 (Mantes-en-Yvelines). |
Martin Laviolette préside le Festival de blues de Montréal “Festiblues” créé en 1997 . Depuis l’an dernier Festiblue et Blues-sur-Seine se sont jumelés. Faire de la musique un lien social est aussi un credo chez nos cousins.
“J’ai toujours aimé développer des projets, organiser des fêtes pour la ville… J’ai toujours été un organisateur", explique Martin Laviolette. "J’ai même participé à des concours de pseudo-humoriste, c’est mon côté théâtral. Je suis pas mal ambitieux d’ce côté-là”. Martin Laviolette est volubile et démonstratif, mais se défend d’“ambition négative” qui nuirait au groupe. Le joueur de hockey a l’esprit d’équipe. Et le « team spirit » ça compte dans le succès du Festiblues.
“J’ai un bon sens du leadership”, justifie-t-il quand même. Le côté « grande gueule » aussi, il le partage avec Martin Landry et Georges Fournier qui avec lui composent le trio initial du Festiblues. Le festival montréalais a allégrement totalisé 104 000 entrées cette année jusqu’à narguer le festival de jazz du même nom et les très célèbres Francofolies tout de même…
La belle histoire débute en 1997. Première grande fête du blues pendant les trois jours d’août sur l’esplanade d’Ahuntsic-Cartier-Ville (banlieue de Montréal), un pari.Des fêtes de fin d’année de lycée jusque-là, le cheminement du président du festival montréalais est une ligne continue mais sinueuse.
Difficile de parler de soi, il remercie « (son) côté funambule passionné ». « Je suis né sous une bonne étoile… J’ai naturellement confiance en moi. J’suis pas du tout croyant, plutôt athée. Mais je crois fort aux rencontres et à l’énergie que j’y puise ».
La force des rencontres
Ce sont justement deux rencontres qui ont changé sa vie. Il occupe un emploi stable de « conseiller en développement communautaire et social » à Montréal aujourd’hui. Mais il avoue aussi avoir été « un éternel décrocheur d’école », et s’être cherché faisant trente-six métiers, tour à tour pigiste à la télé canadienne, « vendeur de guenilles » à Winnipeg et Toronto (vendeur de fringues). Il retourne finalement à la fac et décroche un troisième cycle d’Histoire à l’université de Montréal en 1997. C’est le déclic avec la rencontre du professeur du groupe (à l’époque étudiant) Martin Landry. Avec lui il fait la rencontre de Georges Fournier sur le terrain social car Martin Landry se pique aussi un peu de travail social. C’est Georges qui impulse une multitude d’actions parallèles au festival, complètement tournées vers le travail de rue et l’encadrement de jeunes de la banlieue.
Sur le versant de ses sens musicaux, le président du Festiblues s’est longtemps cherché là aussi. Il avoue “un cheminement particulier ”. “ Aussi paradoxal que cela paraisse, je n’ai jamais été un fanatique de blues ”, confesse-t-il. “ Par contre, tout petit lorsque j’avais quelques sous j’achetais des disques des Beatles et d’Elvis à 6 ou 7 dollars… J’ai 36 ans, ce n’est pourtant pas une musique de ma génération mais j’ai toujours aimé le côté rock n’roll ”.
La révélation du genre lui vient en 1985 lors d’un voyage à San Diego (Californie) où il déniche un Presley de 1955, « très bluesy » en fin de compte.
Vraisemblablement, le président Laviolette a fait le trajet musical à l’envers, du rock au blues. “ D’habitude on passe plutôt d’abord par le blues ”.
On comprend mieux, lorsqu’il explique que ce qui lui plaît autour des notes bleues, ce sont les rythmes, les “drums”.




