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Le site pressenti se trouve à la hauteur de la gare de péage, le long de la bretelle qui rejoint la zone d’activité de Buchelay. |
Un cantonnement de CRS pour deux compagnies mobiles et une caserne destinée à accueillir l’unité de maintien de l’ordre de la CRS2 (actuellement basée à Vaucresson) pourraient être implantés à Buchelay sur la zone d’activité Innovaparc. Le site pressenti se trouve le long de l’autoroute A 13, au nord de la gare de péage. Le ministère de l’Intérieur vient de lancer les études. Le projet pourrait voir le jour dans les trois ans à venir.
La future zone d’activité Innovaparc située entre l’autoroute A 13 et l’actuelle zone de Buchelay accueillera-t-elle des compagnies républicaines de sécurité d’ici 2005 ? L’information est tombée, mardi dernier, au détour du conseil communautaire de la CAMY par le biais d’une intervention du maire de Rosny, Françoise Descamps (lire notre encadré plus bas).
Le SGAP, secrétariat général pour l’administration de la Police de Versailles a fait paraître un avis d’appel public dans le Moniteur du 31 octobre portant sur une des « études destinées au projet de construction du site CRS de Mantes-Buchelay ».
Les études en question devraient débuter au premier trimestre 2004 pour une durée de 16 mois maximum.
Deux cantonnements annoncés…
Dominique Braye, le président de la CAMY, qui ne s’attendait pas à ce que ce dossier arrive sur le tapis, a vite passé la parole à Pierre Bédier après avoir précisé « qu’on travaillait sur ce projet depuis plus de deux et demi » et que le secrétaire d’Etat aux Programmes immobiliers de la Justice avait œuvré pour cette possible implantation.
Selon Pierre Bédier, le projet porte sur l’installation d’un cantonnement de passage qui pourrait accueillir deux compagnies de CRS, soit au maximum 240 hommes. Les cantonnements de passage sont des bâtiments réservés aux compagnies en déplacements ; des CRS venus de province pour effectuer en région parisienne des missions spécifiques de sécurisation ou de maintien de l’ordre qui peuvent durer de quelques jours à plusieurs semaines. Les cantonnements comprennent donc une partie hébergement et des espaces communs, restaurant et espaces de détente. « C’est surtout de l’hôtellerie », a souligné Pierre Bédier ajoutant que la présence de ces deux compagnies mobiles serait « une opportunité de sécurité pour l’agglomération et la marque de l’engagement fort de l’actuelle majorité qui se traduit par cette caserne et d’autres équipements à venir ». « Les effectifs de CRS pourraient s’engager sur le Mantois en cas de besoin », a-t-il précisé.
...Et aussi une caserne
Mais l’étude ne porte pas seulement sur un projet deux cantonnements de passage. Il est aussi question d’un casernement qui pourrait accueillir une compagnie de maintien de l’ordre. En effet, il s’agit pour le ministère de l’Intérieur de régler le problème de la CRS2 de Vaucresson qui vit dans des locaux vétustes et insalubres (lire l'article). « Les conditions de travail actuelles ne sont pas satisfaisantes », reconnaît-on à la direction centrale des compagnies républicaines de sécurité. Le dossier de la CRS2 est considéré au niveau ministériel comme une priorité. Il l’est aussi par les syndicats de police : « Il y a une volonté très forte des organisations représentatives, mais aussi de la direction centrale pour délocaliser la CRS2. C’est la priorité des priorités », confirme un responsable du SNOP.
L’A 13 : un atout et un handicap
A court terme, le transfert de l’unité autoroutière est prévu à Velizy où se trouve déjà le Groupement des CRS de Paris-Ile-de-France. « Cette opération est inscrite au plan d’emploi des crédits immobiliers de 2004. », assure la direction centrale. Reste à reloger l’unité de maintien de l’ordre D’où l’étude qui sera menée sur le site Innovaparc à Buchelay.
S’il se réalise, ce programme serait financé dans le cadre de la nouvelle loi permettant un partenariat public/privé. Il pourrait voir le jour en 2005 pour les cantonnements, dans les trois ans venir pour la caserne.
Le terrain de Mantes-Buchelay (ZAC des Meuniers) s’étend sur 6 hectares au nord de la gare de péage de l’A 13. Il borde la bretelle qui rejoint la zone d’activité existante.
La proximité de l’autoroute est un avantage. Elle permettrait aux CRS d’être rapidement opérationnels. C’est un des critères du ministère. Mais cette proximité est aussi un inconvénient à cause du bruit : « L’aspect humain et social sera particulièrement pris en compte dans l’étude. Nous serons très attentifs aux conditions d’hébergement. Si le niveau de bruit est trop élevé, cette option ne pourrait être retenue », précise la direction centrale.
Autre handicap : la maîtrise foncière du terrain pressenti n’est pas complète. Une partie appartient à un propriétaire privé, ce qui pourrait entraîner des complications, estime-t-on chez les CRS. Cependant, pour l’heure, aucun autre site n’est à l’étude.
Les élus de la CAMY tombent des nues
« Quelle n’a pas été ma stupéfaction de découvrir cette annonce dans le Moniteur », a lancé Françoise Descamps, mardi soir dernier, à l’heure des questions diverses du conseil de CAMY. La maire de Rosny a mis les pieds dans le plat : « La construction d’une caserne de CRS ne me semble pas correspondre à l’implantation d’entreprises de haute technologie promises sur la ZAC Innovaparc », ironise-t-elle.
Son intervention a en tout cas permis de lever le voile sur un projet dont beaucoup d’élus, semble-t-il, ignoraient la teneur. Maurice Robert, le nouveau maire de Porcheville, qui siège, il est vrai, seulement depuis quelques semaines à la CAMY, l’a découvert mardi soir. Idem pour Michel Boulland, le premier magistrat de Guerville. Mais celui-ci ne s’offusque pas le moins du monde de ne pas avoir été mis dans la confidence.
Maurice Boudet (Rolleboise) affirme, lui, que le projet ne lui était pas totalement inconnu : “J’en avais entendu très vaguement parler il y a quelques mois. Mais je ne pourrais pas dire exactement quand. C’était au cours d’une réunion, me semble-t-il. Le sujet avait été évoqué, c’était dans l’air du temps. C’est tout ce que je sais.”
Les uns et les autres ne sont pas opposés à une telle implantation. Au contraire.
André Sylvestre le maire de Magnanville, non plus d’ailleurs. En revanche, il n’apprécie guère la méthode. « Je ne suis ni pour ni contre. Ce qui me pose problème, c’est le manque d’information concernant un projet situé sur une zone placée sous la compétence de la CAMY », souligne-t-il. « Si on est obligé de lire le Moniteur pour savoir ce qui se passe sur le territoire, cela pose des interrogations ».
Déficit de communication ? C’est ce que laisse entendre André Sylvestre à demi-mots.




