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Quatre ans pour remodeler le quartier
Bas Domaine de la Vallée, Mantes-la-Ville
Le Courrier de Mantes
Publié le:  12 novembre 2003

Le plan de circulation actuel fait apparaître de multiples impasses.

Construit il y a près de trente ans, dans le cadre d’un programme inachevé, le bas Domaine va être entièrement réhabilité. Le plan de circulation, totalement revu, doit ramener plus de passage, relancer l’activité des commerces et réduire, de fait, le sentiment d’insécurité ambiant. Trois à quatre ans seront nécessaires pour mener le projet à terme, selon le maître d’ouvrage.

Après le drame du dimanche 2 novembre, square Louis-Aragon, au cours duquel un jeune homme est décédé (lire l'article du 5 novembre), les témoignages recueillis sur place ont révélé un sentiment d’insécurité presque palpable. « Il y a des rassemblements tous les jours dans le hall de cet immeuble (celui où est survenu le règlement de compte, ndr) et souvent tard dans la soirée », assurait un témoin, au lendemain des faits. D’autres songent à s’en aller : « J’en ai marre de tout ce qui se passe ici, racontait un autre. Je n’ai qu’une envie, c’est de partir d’ici ». C’est aussi l’exaspération chez les commerçants installés sur la dalle, à l’instar des gérants du supermarché : « Depuis plusieurs années, la situation du centre commercial n’a cessé de s’aggraver du fait d’une mauvaise accessibilité, de l’ambiance générale amenant des dégradations de tout genre, qui ont entraîné une baisse de la commercialité, au point de rendre notre exploitation ingérable », ont-ils alerté les élus en début d’année. Et d’évoquer la possibilité de la fermeture pure et simple de leur établissement. Par ailleurs, les locataires continuent de déplorer le manque d’entretien des bâtiments. « Il y a aussi ces épaves de voitures que personne ne vient retirer, ajoute Jacques Mergelsberg, président de l’Amicale des locataires de la société HLM Emmaüs. Nous en avons recensé treize sur les parkings ou dans les sous-sols. Certaines sont là depuis plusieurs années ».

Plan de circulation « absurde »

Outre des réponses sociales, la réhabilitation de ce secteur enclavé devrait contribuer à lui redonner vie. La ville et l’Etablissement public d’aménagement de Mantes Seine aval (Epamsa) planchent sur le sujet et ont déjà mis en œuvre des travaux. Une première tranche, au pied des collectifs, a été livrée en 2002, au travers d’aménagements paysagers. L’essentiel - et de loin le plus spectaculaire - est à venir. Le principe soutenant le projet consiste à rendre le quartier de quelque 440 logements (propriétés de HCL et d’Emmaüs) plus accessible. La rue Georges-Brassens sera ainsi le vecteur de sa réouverture vers l’extérieur.

« Le schéma de circulation des véhicules d’aujourd’hui comporte plusieurs impasses. Ce qui est absurde, explique Jean-Luc Poidevin, directeur de l’Epamsa. Il ne s’agit pas d’une mauvaise conception, mais, initialement, ces logements faisaient partie d’un grand programme qui n’a jamais été traité dans sa totalité. Notre idée consiste à ouvrir la rue Georges-Brassens à la circulation dans les deux sens, dans une zone limitée à 30 km/h, afin qu’on puisse y entrer et sortir de bout en bout ».

Les esquisses de ce projet, qui n’est pas encore “ ficelé ”, montrent toutefois clairement la nécessité de démolir une vingtaine de logements pour faciliter la réalisation de la voie transversale. Cette dernière devra, selon ses concepteurs, permettre aux véhicules circulant sur la départementale 65 de faire un arrêt auprès des commerces de la dalle, d’en relancer ainsi l’activité… et, surtout, de permettre à d’autre enseignes de revenir s’y installer. Il y est aussi question d’un centre social comme l’évoquait dans nos colonnes Annette Peulvast la semaine dernière, mais aussi de services publics.

L’ouverture de la voie, sur plusieurs mètres de largeur, s’accompagnera de plantations d’arbres, d’un nouvel agencement des places de stationnement, de création de trottoirs, d’amélioration de l’éclairage public, etc.

« Flux »

Le lycée professionnel et le collège disposeront en outre chacun son entrée indépendante. Les élèves déposés quotidiennement par la quinzaine de bus au pied des immeubles bordant l’avenue du Vexin, bénéficieront quant à eux d’un véritable chemin piétonnier pour se rendre vers leur établissement respectif.

L’ensemble du terrain est aujourd’hui propriété du bailleur HCL, chargé de son aménagement dans les années 70. Il doit repasser dans le patrimoine communal avant que le projet ne puisse être poursuivi. Un seul élément fait actuellement défaut : l’estimation par le Service des domaines du prix des bâtiments, commerces, espaces publics, etc. Sans ce document, qui fixera le montant maximum de la transaction, rien ne peut être fait. « Normalement, avant la fin de l’année, nous serons en mesure d’obtenir leur avis », espère Jean-Luc Poidevin. Une phase intermédiaire du programme sera néanmoins lancée avenue du Vexin au plus tard en avril prochain. Le directeur de l’Epamsa estime que le remodelage complet s’étalera sur « trois à quatre années ». Pour l’heure, aucun calendrier plus précis ne peut être avancé.

Quant à l’insécurité décrite par les riverains, « elle sera au moins repoussée dès qu’il y aura davantage de “flux” dans le quartier. C’est un principe qu’on a déjà expérimenté ailleurs, au Val-Fourré, par exemple ».




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