|
Philippe Sanson, fondateur de la Compagnie Sanson Film, est tombé dans la marmite du septième art à 8 ans. |
Entre Philippe Sanson et le cinéma, c’est une véritable histoire d’amour. Une passion qui commence en 1961, avec la création de la Compagnie Sanson Film. « A l’époque, c’était une activité familiale. Mon père avait une caméra, alors on faisait beaucoup de films amateurs sur les baptêmes, les mariages et les vacances. Il restait toujours quelques minutes sur les fins de bobines. Je m’exerçais à construire un scénario et je faisais tourner mes frères et mes sœurs. Comme j’étais l’aîné, j’étais le cameraman et le réalisateur. Au fur et à mesure, les tournages sont devenus plus structurés et plus professionnels ».
En 1975, Philippe, tout juste diplômé du conservatoire libre du cinéma français, fait la connaissance d’Emile Loubet, chef électricien sur les films de Tati notamment. Une rencontre déterminante qui lui ouvre les portes du métier. « J’étais venu assister au tournage de Grand père Viking. Comme je connaissais le jargon du cinéma, j’ai pu travailler sur le plateau. C’est là que j’ai vu à quel point le métier d’électricien de plateau était dur. Emile Loubet m’a promis de me rappeler, il l’a fait. C’est lui qui m’a mis le pied à l’étrier ».
Philippe devient à son tour « électro » de plateaux. Une activité qu’il exerce jusqu’en 1994. « Grâce à mon statut d’intermittent, j’ai eu la chance d’éclairer toute sorte de produits audiovisuels dans des lieux que je n’aurais jamais vus autrement. C’est une expérience très riche. J’ai pu autant éclairer des boîtes de camembert, que Mick Jaegger ou le président Mitterrand ! ». C’est en 1985 que l’association Sanson Films est officiellement créée à Epône.
Son objectif : faire connaître au public les coulisses du cinéma et la fabrication des films. « J’ai commencé par animer des conférences dans les écoles de la région rouennaise d’où je suis originaire. C’est ce qui m’a donné envie de créer cette association pour faire partager ma passion du 7e art ».
Transmettre sa passion
Si la compagnie Sanson a toujours gardé cette volonté pédagogique de découverte, elle s’est progressivement orientée vers la production de tournages mélangeant acteurs professionnels et amateurs.
L’année 1986 signe le début d’une collaboration féconde entre l’association et la troupe du Gothique de Bazemont : “Baptême”, adaptation d’une nouvelle de Maupassant, “Née le 15 Prérial”, en 1989, un court métrage commandé par la commune d’Epône pour célébrer le bicentenaire de la Révolution française, “Cliché”, en 1993, un clin d’œil au film noir américain et “Court Toujours”, en 2001, premier tournage filmé en vidéo numérique.
L’association a également réalisé de nombreux clips et courts métrages sur des sujets de société comme la vidéo chirurgie, l’accueil des parents d’enfants médicalisés ou la chirurgie ambulatoire. « Ce qui me plaît dans ce type de réalisations, c’est de provoquer la rencontre, tout en restant dans cette magie du cinéma au service d’une cause ».
En juin dernier, la municipalité d’Epône a une nouvelle fois sollicité l’association pour réaliser un projet autour de la citoyenneté. Si la passion de la réalisation ne l’a jamais quitté, professionnellement en revanche, Philippe est un touche à tout. Après avoir été chef électricien, il devient directeur technique à la location de matériel lumière chez TSF, avant d’être employé chez un fabricant d’éclairages.
Depuis peu, il enseigne à l’institut international de l’image et du son à Trappes en qualité de professeur de lumière et audiovisuel. Une nouvelle façon de mettre ses connaissances cinématographiques au service des autres.
ITINERAIRE :
- Noël 1961 : sa grand-mère lui offre un projecteur 8 millimètres de marque Lapierre.
- Juillet 1975 : premier contact avec le cinéma. Il est figurant sur le tournage d’« Adieu poulet », avec Lino Ventura et Patrick Dewaere.
- Septembre 1975 : il rencontre Emile Loubet sur le tournage de « Grand-père Viking ».
- Octobre 1983 : réalisation du « Mimile Show », un film hommage à Emile Loubet qui signe le début de l’aventure « compagnie Sanson Film ».
- Décembre 1984 : premier long métrage comme chef électricien : « Monsieur de Pourceaugnac », avec Michel Galabru.




