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Querelle sanglante à Mantes-la Ville : un mort
La police judiciaire recherche les agresseurs
Le Courrier de Mantes
Publié le:  05 novembre 2003

Dimanche, le maire de Mantes-la-Ville Annette Peulvast et plusieurs élus ont accompagné les policiers sur les lieux du meurtre.

S’agit-il d’un règlement de compte qui aurait tourné à la tragédie ? C’est l’hypothèse que retient la Dire ction Régionale de la Police Judiciaire (DRPJ) après l’agression meurtrière qui a eu lieu dimanche après-midi dans la cité au bas du Domaine de la Vallée. Au numéro 3 du square Louis-Aragon, un homme de 27 ans a été tué de plusieurs coups portés avec une arme blanche. Le locataire de l’appartement et son frère ont été grièvement blessés.

“Quand je lui ai ouvert la porte, il était debout. Il avait du sang sur ses épaules et sur le visage. Il a dit “c’est urgent ! Appelle les pompiers !”. Je lui ai dit de rester calme, je l’ai ramené chez lui. Il s’est assis dans le couloir de l’appartement et j’ai posé une couverture sur lui. Il me disait “j’ai mal, j’ai mal”. Les policiers sont arrivés quelques minutes plus tard. Ils m’ont demandé de sortir. Ce que j’ai fait. C’est triste ce qui lui arrive. Il est pourtant gentil, il est super sympa”.

Près de 24 heures après le drame, ce locataire du square Louis-Aragon est encore sous le choc. La veille, vers 14 heures, il a vu un de ses voisins frapper à sa porte pour lui demander du secours. Quelques instants plus tôt, la victime venait d’être atteinte par une balle au niveau de la nuque.

Règlement de compte ?

Lorsque les pompiers et le SAMU sont arrivés sur place, ils n’ont pu ramener à la vie une autre victime qui se trouvait dans l’appartement. L’homme, âgé de 27 ans, gisait dans son sang, atteint de plusieurs coups mortels portés au thorax avec une arme blanche. Les secouristes ont également porté assistance à deux autres victimes : les occupants de l’appartement, un jeune homme de 23 ans, lui aussi blessé à l’arme blanche, et son frère âgé de 27 ans, celui qui était allé chercher de l’aide chez le voisin. Ils ont été transportés vers des hôpitaux parisiens à Beaujon et Châtenay-Malabry. L’aîné touché à la nuque est dans un état très grave. Lundi soir, le pronostic vital était engagé. Le plus jeune, lui, devrait s’en sortir. Les policiers du DRPJ de Versailles, saisis de l’affaire, espèrent pouvoir l’interroger cette semaine pour lever le voile sur cette querelle meurtrière dont les motifs restent encore très mystérieux. Seul fait établi, semble-t-il, par les enquêteurs, les trois victimes ont été agressées par des individus qui ont pris la fuite. Les armes qui ont servi à l’agression n’ont pas été retrouvées. A ce stade de l’enquête, les policiers privilégient la thèse du règlement de compte qui aurait mal tourné. Mais ils ignorent encore les causes du litige. Le locataire, son frère et le jeune homme décédé étaient connus des services de police, mais pour des faits sans gravité, “des infractions que l’on retrouve régulièrement dans les cités”, précise un policier.

L’appartement a été mis sous scellés par les enquêteurs dimanche peu avant minuit. La concubine du jeune locataire toujours hospitalisé, était absente lors du drame. La jeune femme, maman de deux enfants âgés de deux et trois ans, a pu être hebergée chez des amis le soir même. La municipalité a, pour sa part, entrepris une solution de relogement à long terme.

Pour essayer de faire la lumière sur cette affaire, deux groupes de policiers (environ une dizaine d’hommes) sont sur le pied de guerre. En plus du témoignage attendu de l‘une des victimes, les relevés d’empreintes et les analyses d’ADN permettront peut-être de comprendre ce qui s’est passé lors de ce dimanche tragique.


Annette Peulvast-Bergeal : “C’était une attaque ciblée”

Plusieurs élus communaux, dont le maire Annette Peulvast-Bergeal, se sont aussitôt rendus sur les lieux du drame, dimanche après-midi.

“Nous avons fait le point sur la situation avec les secours et nous avons surtout écouté, discuté et tenté d’apaiser les esprits, témoigne le premier magistrat. Lorsque les gens sont en état de choc, qu’ils soient témoins directs ou indirects des faits, les élus ont d’abord un rôle d’écoute dans ces moments-là. J’ai d’ailleurs demandé à un médiateur de venir sur place. L’effervescence passée, l’atmosphère est redevenue plus calme.”

“Ouvrir le quartier”

S’agissant du drame, Annette Peulvast-Bergeal souligne “qu’il ne s’agit pas d’une attaque de rue, mais d’une attaque ciblée. Les agresseurs ne sont pas venus par hasard et ce qu’il s’est passé dans ce quartier aurait pu tout aussi bien arriver dans une autre partie de la ville.”

Pour expliquer le sentiment d’insécurité évoqué par les habitants du quartier, le maire avance plusieurs facteurs. L’urbanisme en premier : “Dans cette partie de la ville, il ne correspond plus à ce qui se fait aujourd’hui. Nous travaillons justement avec l’Epamsa, et les bailleurs HCL et Emmaüs pour ouvrir ce quartier, lui donner de l’oxygène. Les habitants ont le sentiment d’être abandonnés et ils se plaignent que les bailleurs n’entretiennent pas bien leur patrimoine.”

Dans le cadre des réaménagements du Bas Domaine, “nous envisageons de réaliser un centre social, ajoute l’élue, puisque le quartier n’a pas de grande salle pour que les gens s’y réunissent. Mais pour cela, il nous faut des locaux. La ville, qui n’est pas propriétaire sur ce quartier, doit donc racheter des pieds d’immeubles, etc. Je suis consciente de l’attente des habitants pour faire revivre ce quartier mais les projets ne se réalisent pas en un jour. Nous travaillons dessus.”




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