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Honneur : un code de conduite à porter. |
AMantes et aux Mureaux, deux jeunes entrepreneurs se lancent dans le business des vêtements avec une stratégie similaire : cibler le star-system pour faire parler d’eux. “Honneur”, des Mureaux, commence à prendre ses marques sur le marché du street-wear. “BE Wear”, de Mantes-la-Jolie, multiplie les partenariats avec les grands noms du sport international.
Habillé d’un code d’Honneur
La marque au chameau, nouvelle marque street-wear (littéralement vêtement de la rue), est aussi un véritable code de conduite. Styliste et tout à la fois agent de marketing courrant les villes et les parrainages artistiques, Honneur prend ses marques aux Mureaux. A Mantes, le phénomène a pris une toute autre ampleur avec BE Wear qui multiplie les partenariats (M6, Lycos, NRJ) et conquiert depuis six mois le marché des grands noms du sport international.
“Eh ! On se sert les coudes !…”, Honneur est le seul fabricant de prêt à porter qui salue par un entrechoquement de son coude avec le vôtre. Un salut qu’il a inventé, tout comme la marque du vêtement au chameau, omniprésente jusqu’à remplacer son propre patronyme ! Depuis que la marque de vêtements “Honneur” existe (sa naissance remonterait à une première enfance du créateur), Honneur ne se fait plus appeler que par ce nom de code, un mystère qui séduit.
Un parcours bosselé
De son enfance haïtienne à l’arrivée dans la cité, d’ailleurs mieux réputée pour son métissage culturel et ses talents que par ses rodéos de voitures, le parcours initiatique est long et semé d’embûches, un peu comparable à la sinusoïdale que dessine le dos d’un chameau (“ Les bosses du chameau expriment les hauts et les bas de la vie ”, Honneur).
Le trip des fringues et des marques, c’est un credo ici. “Tout petit je n’avais pas accès à ces produits de luxe, je me souviens que sur nos baskets à deux bandes nous en rajoutions une troisième au feutre, ou une virgule suivant les tendances…”
Au bas de la tour Bizet, ou dans les maisons de quartier, à la radio locale, s’ouvrent aussi à lui les premières occasions d’un “épanouissement artistique”, explique-t-il. Cette période consacre une révélation intérieure, il sait qu’il peut réussir tout immergé qu’il est alors dans la vague rap. “Avec d’autres des quartiers, on chantait sur des petites scènes…” Honneur se fait le devoir d’appliquer le précepte de sa future marque dans les textes qu’il écrit pour des compositions : ”Honneur, respect et dignité - Notre fortune est de ne pas les perdre”.
Plus tard le déclic se produit. Dans les boutiques de fringue des Halles qu’il fréquente assidûment, un vendeur lui confirme que son logo peut faire un véritable carton sur le marché streewear. Son RMI y passe pour une centaine de premières pièces. Un investissement de petite économie. Il démarche des grossistes à Paris ou Marseille, il sous-traite, passe ses commandes auprès de couturiers, puis fidélise des sérigraphistes talentueux. “Ma technique, c’est comme Mac Gyver, le système D, la débrouille…”. Aujourd’hui encore, les pièces qu’il dessine ne sont fabriquées qu’à une vingtaine d’exemplaires chacune. Côté marketing, s’il conquiert discrètement sa renommée auprès des artistes à qui il fait porter ses tee-shirts (une recette qui fonctionne depuis Dia), “sans débordements” souligne-t-il, c’est encore pour ne jamais se prévaloir de ce qu’il ne possède pas encore. Revient alors toujours cette modestie et cette humilité qui pour certains sonneraient faux… “La success-story ? Ce n’est pas mon but, je me construis un travail au fur et à mesure”.
Sans qu’il en ait jamais parlé à ses proches, depuis quelques mois, Honneur a entrepris enfin de “promotionner” pour de bon. Après l’acquisition d’un Express d’occasion racheté à La Poste, ça ne s’invente pas, il a fait un tour de France et a rencontré plus de 500 artistes internationaux, les plus grand nom du Rap et du R’N’B ont aussi adhéré au concept. L’an dernier, tirant son sac à roulettes plein de tee-shirts, il a fait sensation au salon du prêt à porter où aucun stand ne l’attendait, “mais quand on sait être simple, toutes les portes s’ouvrent”, assure-t-il. Honneur devrait aussi prochainement ouvrir une boutique aux Mureaux.
Be Wear, du sportswear qui marche très fort
Il y a un peu moins d’un an, on le voyait faire la promo de ses tee-shirts dans les rues, à Mantes, à Drancy où il enseignait la gestion dans un lycée. Cette époque semble bien révolue. Brahim Elabdi souhaite désormais diriger à plein temps la société “BE Wear” implantée à Mantes-la-Ville dans la pépinière Sulzer. Son affaire a décollé depuis six mois, en partie grâce à deux partenariats sur internet, l’un avec le site Lycos et l’autre avec le site de la chaîne M6 sur lequel BE Wear a offert des tee-shirts (100 packages) aux gagnants d’un jeu concours qui s’est terminé le 22 octobre dernier. En tout, 500 000 bandeaux pub BE Wear ont été diffusé sur le site de M6. Avant cela, il y a eu un autre contrat signé avec la radio NRJ. On comprend que la stratégie marketing et commerciale est déjà bien amorçée…
Récemment, Brahim Elabdi a signé un autre contrat qui devrait faire parler de lui. “Lors de sa prochaine tournée, le groupe IAM va inaugurer les tee shirts BE Wear - IAM… La série est produite à 2500 exemplaires. IAM a tout de suite été séduit par la simplicité de la marque. Chaque membre du groupe portera un tee-shirt à chaque concert et le jettera dans le public à la fin”, explique Brahim Elabdi pas peu fier de ce premier contrat qui devrait lui rapporter gros en terme de popularité. Récemment, il aime dire aussi que Charles Aznavour a accepté lui faire profiter de son carnet d’adresses… C’est par son intermédiaire qu’il a pu aborder le comédien Jean-Rachid qui lui aussi porte BE Wear (200 tee-shirts). La vitrine artistique est donc incontournable.
Parranaige de sportifs
Mais BE Wear voudrait surtout s’implanter dans un autre créneau “plus porteur et plus valorisant”, au moins pour l’image qu’il souhaite véhiculer, l’esprit du sport. “ Notre but est de devenir la marque de référence de sportswear en France ”, avance sans inhibition son concepteur. avant de lancer une ligne de sweat-shirts aux couleurs de l’Olympique de Marseille, a habillé Mickaël et Florent Pietrus, basketteurs français internationaux (Warriors San Francisco, NBA), des footballeurs, Alioun Touré et Batho Ogbeche (PSG), Didier Domi (Leeds United), Ousmane Dabo (Lazio de Rome), Cyril Domoraud (Inter Milan), et le judoka Larbi Benboudaoud (champion du monde et champion d’Europe)… Lors des derniers championnats d’athlétisme organisés à Paris, BE Wear a habillé une centaine d’enfants de l’association “ SPORT’AVIE ”.
Ces différents coups de pub bien ciblés ont permis à BE Wear d’être présente dans des boutiques parisiennes de vêtements, et en province on trouve déjà la griffe mantaise à Rouen, Reims, Amiens, Limoges, Chartres, et prochainement à Marseille, Toulouse, Bordeaux et Lyon.
En amont de toutes ces percées médiatiques et commerciales, la petite société créée en 2003 a renforcé sa structure. Brahim Elabdi s’est adjoint trois collaborateurs. Deux interviennent de façon très ponctuelle, et le troisième est chargé de prévoir et gérer les partenariats, “c’est le nerf de la guerre”. Désormais sur le web, on peut aussi commander du BE Wear en surfant sur le site www.bewear.fr.




