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François Duchamp, représentant des professeurs au Conseil d’administration et sa fille Charlotte, représantante des élèves. |
La semaine dernière, deux assistants d’éducation ont été embauchés par le lycée Saint-Exupéry malgré le vote de son conseil d’administration (CA) qui s’opposait à ce recrutement.
Le conseil d’administration du lycée Saint-Exupéry s’est réuni le 8 septembre dernier. Il est composé de représentants des professeurs, des parents d’élèves, d’élèves, du personnel ATOSS (agents techniciens et ouvriers de service) et de l’administration, soit une trentaine de personnes. Une des questions à l’ordre du jour était l’embauche des assistants d’éducation (AE), devant remplacer les surveillants d’externat (appelés plus couramment les pions). Le CA a voté contre à une large majorité soit 14 voix sur 22 représentants présents.
Position de principe
Le mouvement des personnels éducatifs du printemps dernier s’était vivement opposé à ce nouveau statut de surveillant et le vote du CA va dans ce sens. « Nous avons refusé de voter le recrutement des AE. C’était une position de principe » expliquent Francois et Charlotte Duchamp, représentants au CA des professeurs pour l’un et des élèves pour l’autre. « Nous avons fait ce vote sachant que l’administration ne laisserait de toute façon pas l’établissement avec la moitié des surveillants. Nous comptions sur des négociations. Nous avons ajouté une motion à notre vote demandant l’embauche non pas de deux AE mais de deux postes et demi de surveillants d’externat, puisqu’ils font moins d’heures » poursuivent-ils.
Un statut modifié
Le personnel éducatif s’oppose au nouveau statut des AE, qui ne sont plus des postes réservés aux étudiants. Un temps plein d’AE est de 35,5 heures par semaine alors que les surveillants travaillent 28 h à temps plein. Cet aménagement leur laissait le temps d’étudier et de préparer leurs examens. De plus, le taux horaire des AE est annualisé : « Les établissements auront besoin d’eux au moment du bac, c’est-à-dire en pleine période d’examens universitaires. Ce statut n’est pas fait pour les étudiants ». Si le personnel éducatif tient tant à ce statut d’étudiant, c’est aussi parce les surveillants servaient de médiateurs avec les élèves, étant souvent d’anciens élèves du lycée. Enfin, le refus de ce statut s’explique aussi par le recrutement localisé des AE : « Les surveillants d’externats étaient recrutés par le rectorat. Tous les postulants étaient traités de la même façon. Maintenant, l’embauche relève du pouvoir du proviseur. La concurence s’est accrue. Ce système participe à la libéralisation de l’école » s’insurge François Duchamp.
Malgré l’opposition du CA, deux AE sont entrés en fonction la semaine dernière au lycée Saint-Exupéry qui compte aujourd’hui deux postes à temps plein d’AE et deux postes et demi de surveillants : « Les surveillants d’externat de l’année dernière peuvent garder ce statut cette année. Mais à partir de l’année prochaine, ils devront changer. Il a fallu l’intervention des syndicats pour que leurs droits de surveillants d’externat soient appliqués » racontent les deux membres du CA.
Depuis l’embauche des deux AE, le CA ne s’est pas réuni et les représentants n’ont pas été informés sur l’origine de cette décision. Les deux nouveaux AE sont étudiants boursiers comme le souhaitait le personnel éducatif.
Le CA discrédité
Créé après le mouvement de mai 1968, le CA est théoriquement l’instance de décision du lycée. « Les questions de fond doivent être soumises au CA. Mais sa nature décisionnelle fait problème depuis longtemps » explique François Duchamps. François et Charlotte Duchamps se rendront au prochain CA pour y être informés mais ils n’ont pas envie de voter. Le CA sera-t-il boycotté comme il l’est déjà par les représentants du syndicat FO ? Contactée, Françoise Cadart, la proviseure de l’établissement, n’a pas voulu s’exprimer.




