La production a été "arrêtée" selon les syndicats, seulement "perturbée" dit la direction de l'usine.
Intéressement en baisse : Renault-Flins en grèveLa semaine dernière, les ouvriers de Renault se sont mis en grève, jeudi et vendredi, pour manifester leur mécontentement face à la baisse de l’intéressement.
Jeudi et vendredi dernier, les équipes du matin et de l’après-midi se sont mis en grève à l’appel de plusieurs syndicats, réagissant à l’annonce de la baisse de l’intéressement au titre de l’exercice 2008. La direction de Renault a en effet annoncé qu’elle verserait un solde de 194,50 euros aux salariés le 31 mars prochain. « En 2007, le total de l’intéressement était de 2 369 euros, cette année il sera de 415 euros », a expliqué le syndicat CGT. « Si l’on compare cet intéressement avec 2004, dont le total était de 3 221 euros, on a vraiment droit cette année à des queues de cerises ! », ajoute le syndicat. « Depuis des années, sous prétexte d’un intéressement important, les augmentations de salaire étaient quasi nulles. La direction prétextait qu’il y avait un bon intéressement. La question de l’insuffisance des salaires est maintenant posée », précise un communiqué.
Les salariés se sont rassemblés dans les ateliers, rejoints pas leurs collègues du CDPR (le département pièces et accessoires). Ils ont défilé à plusieurs centaines en passant sur les chaînes, et en scandant « De l’argent pour nous, pas pour les actionnaires ! Augmentez nos salaires ! ».
Production perturbée
Alors que les syndicats parlent de « production arrêtée » jeudi, la direction de Renault-Flins parle seulement, elle, de « production perturbée ». Le nombre de 194 opérateurs, jeudi, est avancé par la direction, et de 288 opérateurs le lendemain. Les syndicats évoquent 400 à 500 grévistes (une moyenne en total cumulé sur les deux jours). « L’élément déclencheur de la grève est la baisse de l’intéressement, qui est une conséquence directe de la baisse des résultats nets de 78 % en 2008 », commente la direction de l’usine, qui ajoute : « Il n’y aura pas de bonus pour les dirigeants cette année, ni de primes pour les cadres. » Le directeur de l’usine a proposé de rencontrer les organisations syndicales jeudi, et de faire « remonter les problèmes qui peuvent être gérés en interne ». Trois syndicats seulement, la CFTC, FO et la CGC, ont participé à la première rencontre. La direction de Renault, que les partenaires sociaux renvoient à la question du prêt de 3 milliards d’euros accordés par l’Etat, rappelle que « cet argent est un prêt, qui doit servir à l’investissement, et notamment à travailler sur des projets de voitures dépolluantes ». A en croire, la direction de Renault, il en va ainsi de « la sortie de crise » programmée pour 2010 ou 2011.Publié le: 21 février 2009


