« Dans aucune autre commune des Yvelines, il n’y a eu autant de candidats en présence. Malgré tout, le fort taux d’abstention est inquiétant. » 282, très exactement.
Avant-dernière annonce de résultats pour Annette Peulvast (PS). L’élue poussée vers la sortie par son propre parti livre des chiffres que peu imaginaient.
Le taux d’abstention, d’abord. Un électeur mantevillois sur deux s’est rendu aux urnes, dimanche. C’est nettement moins qu’en 2001 (55,58 %). Les Mantevillois ont-ils attendu une offre moins pléthorique pour se prononcer plus massivement au second tour ? Possible.
Ensuite, la liste emmenée par Michel Mullot (18,37 %) était pressentie pour arriver en tête. Finalement, la candidate socialiste (19,30 %), Monique Brochot, inconnue de la plupart des habitants il y a encore deux mois, le devance de 52 voix. La rose du Parti sur les affiches aura certainement aidé.
Triangulaire
Troisième étonnement : les bons résultats de l’alliance PC - Vert et des alternatifs, conduits par l’adjointe aux affaires scolaires, Bénédicte Bauret (17,52 %). L’union a payé, notamment dans les quartiers les plus populaires de la ville.
La liste MoDem (17,52 %) représente la plus grande surprise de cette consultation. D’abord cible de raillerie au printemps pour avoir rejoint le parti de François Bayrou, l’ex-socialiste et conseiller d’opposition du groupe ICM, le chef Fabrice Andreella a finalement été courtisé plus qu’il ne l’imaginait au soir du 9 mars.
Déception en revanche chez les colistiers dissidents du PS. L’ancien directeur de cabinet d’Annette Peulvast, Frédéric Mallozzi (10,84 %), lui aussi inconnu des Mantevillois, peut toutefois se maintenir au second tour. Les socialistes peuvent-ils se retrouver après six mois de lutte acharnée ?
Candidat de la droite, Guy Carlat (8,05 %), qui avait emmené plusieurs militants UMP avec lui, obtient deux fois moins de voix que la liste RPR-UDF et DL de 2001 et s’arrête là. Fin de parcours aussi pour Jean-Claude Varanne (8,41 %). Le Front national avait deux conseillers municipaux dans la précédente assemblée.
Pour dimanche ? La course après les abstentionnistes est ouverte. Et au jeu des alliances, le PS fusionne avec le PC. « Nous avons l’habitude de nous retrouver au second tour, depuis des générations », a confirmé dimanche soir Patrick Lefoulon. « Malgré le passif lourd et les douleurs, nous souhaitons ouvrir la liste à toutes les listes de gauche », ajoute-t-il. Les colistiers des uns et des autres ne laissaient guère présager d’un possible retour au dialogue. Mais en milieu de matinée, mardi, Frédéric Mallozzi a confirmé la fusion de sa liste avec celles de Monique Brochot et de Bénédicte Bauret.
On attendait aussi une fusion MoDem/ICM pour dimanche. C’est raté. Les négociations, très dures, entre les listes de Fabrice Andreella et de Michel Mullot n’ont pas abouti. Retour devant les électeurs chacun de son côté, donc. Le second tour sera donc marqué par une triangulaire… avec comme un air de déjà-vu.