Le Courrier de Mantes
Publié le 13 novembre 2002
En grève depuis le 22 octobre, soutenues par la CGT, elles protestent contre la «forfaitisation» de leur salaire. Elles font état de disparités de salaires entre Mantes-la-Ville, Mantes-la-Jolie et Limay. L’opposition municipale prend position.
Les assistantes maternelles employées par la ville dans ses crèches et haltes garderies ont entamé un mouvement de protestation (Lire l'article du 30 octobre) pour la revalorisation de leurs salaires et contre l’application d’un forfait à leur traitement. L’obligation qui leur est faite d’assister à des formations hors leur temps de travail ne passe pas non plus.
«La forfaitisation des assistantes maternelles n’est pas une solution, car leur salaire varie d’un mois à l’autre. Alors pourquoi ne pas choisir la mensualisation qui leur serait plus avantageuse ?», s’interroge Dominique Pinoli (Union pour Mantes-la-Ville). L’élue de droite reprend les disparités de traitement existant entre les trois grandes villes de l’agglomération : «pour une journée de travail, Mantes-la-ville paie pour la garde d’un enfant 2,25 SMIC horaire soit 15,37 €, alors que les communes de Mantes-la-Jolie et Limay paient pour la garde d’un enfant 2,5 SMIC horaire soit 17,07 €.. Pour un forfait de cinq jours par semaine, Mantes-la-Ville paie 334,31 €, alors que les communes de Mantes et Limay paient 371,36 €.. Enfin, pour l’indemnité d’entretien d’une journée Mantes-la-ville donne un SMIC horaire soit 6,83 €, alors que la commune de Mantes-la-Jolie donne 1,55 SMIC horaire soit 10,25 € ». «Il est évident que la commune de Mantes-la-Ville devrait s’aligner sur les contrats des communes de Mantes-la-Jolie et Limay», estime Dominique Pinoli. «Il y a quelques années, les assitantes maternelles se sont battues, afin de ne plus travailler le samedi. Aujourd’hui une formation obligatoire leur est imposée le samedi matin, et voire le soir après une longue journée de travail. Dans toutes les entreprises publiques et privées, toutes les formations se font pendant les heures de travail».
A la fin du dernier conseil municipal, Annette Peulvast a expliqué qu’elle était en contact avec le sénateur Alain Gournac chargé de mission auprès du ministre délégué à la Famille Christian Jacob. Ce dernier souhaitant préparer le terrain d’une réforme du statut des assistantes maternelles (qui devrait faire l’objet d’un projet de loi au cours de cette législature), et s’appuyant sur l’expérience des collectivités, fera appel à la ville, dans la conduite de cette réflexion. «Cette profession qui remplit un rôle essentiel auprès des familles, complémentaire de celui des crèches et des haltes-garderies, n’a pas, et de loin, la reconnaissance sociale et juridique qu’elle devrait avoir. Je vous invite donc à me faire part des attentes de vos administrés ainsi que de vos réflexions et propositions. Elles viendront nourrir avec profit mon travail d’approche sur ce dossier», écrit le sénateur des Yvelines à Annette Peulvast, dans un courrier daté du 29 octobre. On imagine que le cas d’école des assistantes maternelles mantevilloises intéressera le maire du Pecq. L’avenir de ces professionnelles est du reste suspendu à ce projet de loi, informait aussi Annette Peulvast.



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