La prison confirmée en appel pour Lasaad Challouf
Olivier Bassine
Le Courrier de Mantes
Publié le 31 janvier 2002
Lasaad Challouf avait tiré sur un policier, Lionel Pereira-Garcia, en octobre 1995 dans le quartier des Garennes au Val-Fourré. Condamné en cour d’assises à 14 ans de prison, le prévenu qui invoquait un accident avait fait appel. La cour d’appel de Nanterre l’a condamné le mardi 22 janvier à 12 ans de réclusion.
Il avait été condamné à quatorze ans de prison par la cour d’assises des Yvelines en janvier 2001. Mais Lasaad Challouf avait toujours nié avoir intentionnellement voulu tirer sur le policier Lionel Pereira-Garcia, grièvement blessé à la tête le 27 octobre 1995 à Mantes. Alors, le prévenu âgé de 28 ans a fait appel. Il avait été arrêté deux ans après les faits, suite à la découverte de l’arme, revendue à un homme chez qui les policiers l’avaient découverte, remontant ainsi la piste. L’arrêt de la cour d’appel de Nanterre a été rendu le mardi 22 janvier après deux jours d’audiences. Lasaad Challouf a été condamné à douze ans de prison pour «tentative de meurtre sur personne dépositaire de l’autorité publique».
Les faits s’étaient déroulés le 27 octobre 1995 dans le quartier des Garennes, au Val-Fourré. Tandis que la Brigade anticriminalité procédait à un contrôle, un coup de feu était parti d’un immeuble voisin. Touché à la tête par une balle de 22 long rifle, le policier Lionel Pereira-Garcia, jeune fonctionnaire de la BAC, s’effondre. Mais la balle qui a pénétré dans la tête de haut en bas au niveau de l’oreille, ressortant par la mâchoire, n’a occasionné aucune lésion mortelle. Après une importante intervention chircurgicale, le policier est sauvé. En 1996, lors de l’inauguration du commissariat de Mantes, le ministre de l’Intérieur de l’époque, Jean-Louis Debré, remettra d’ailleurs une décoration au fonctionnaire miraculé.
L’arme retrouvée deux ans après
L’enquête s’enlise alors, mais deux ans après, l’arme ressurgit. Lasaad Challouf ne s’en est pas débarassé définitivement, mais il l’a revendue. Et les policiers mettent la main sur son nouveau propriétaire à l’occasion d’une autre affaire. Mais la balistique prouve qu’il s’agit de l’arme qui a tiré sur Lionel Pereira-Garcia, et pour ne pas porter le chapeau, le propriétaire indique à qui il l’a achetée.
Arrêté en novembre 1997, Lassad Challouf nie tout de suite avoir voulu tirer sur le policier. Il invoque le fait qu’il visait une voiture avec l’arme (une Mercédès), qu’un coup de vent avait rabattu la fenêtre, qu’il avait pris peur et que le coup était parti tout seul, blessant le policier. C’est ce qu’il avait dit àla cour d’assises des Yvelines, devant laquelle il comparaissait l’an dernier pour «tentative de meurtre sur personne dépositaire de l’autorité publique».
«Je n’ai pas voulu tuer»
Et c’est ce qu’il a répété devant la cour d’appel de Nanterre, invoquant le fait qu’il avait enfin «une vie stable, un emploi, une fiancée» et qu’il n’avait aucune raison de remettre en cause tout cela à cause d’un geste fou. «Je n’ai pas voulu tuer, j’ai été idiot, impulsif et mon geste est inexplicable, mais je n’ai pas voulu tuer. J’espère qu’un jour M. Pereira me croira et acceptera mes excuses» a plaidé l’accusé.
Ce n’était pas le cas à l’audience, où la victime a rappelé que le jeune homme avait déjà été condamné en février et novembre 1996 pour outrage et rebellion envers des policiers. Ce portrait de jeune «anti-flic», l’avocat de la défense a tenté de l’effacer, Me Didier Liger martellant que Lassad Challouf n’avait pas de mobile pour tuer, et que «sa personnalité ne cadre pas avec les faits».
En dépit de cette plaidoirie, la cour l’a condamné, suivant l’avis de l’avocat général qui avait indiqué que «Lassad Challouf est devenu un criminel en une fraction de seconde» et que c’était «le hasard du moment qui avait fait qu’il avait tiré». Pour Yves Jannier, Lasadd Challouf «a voulu tuer Lionel Pereira». L’avocat général avait requis quinze ans de prison ferme, la cour a condamné Lasaad Challouf à douze ans de réclusion.



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