“J'ai oublié l’Algérie, elle ne compte pas. Ce qui m’intéresse c’est de découvrir une liberté sentimentale et intellectuelle que je n’ai pas connue là-bas”. Leïla Sebbar est formelle : elle a décidé d’oublier son pays natal. Elle ne veut plus entendre parler de l’Algérie où elle à vécu dix-huit années avant d’être envoyée en France pour faire des études. Seulement, quand on se penche sur les ouvrages de cet écrivain “né d’un père arabe et d’une mère française”, on s’aperçoit que c’est dans ce même pays qu’elle puise sa plus grande source d’inspiration.
Parcours
Toute une ambiguïté que Leïla Sebbar a tenté d’expliquer au public à l’occasion des rencontres littéraires organisées à la médiathèque. Une conférence sur le thème “Ecrire pour les adultes et les jeunes” réservée à un public d’adultes curieux, non spécialisé, qui souhaite découvrir des auteurs variés.
Née à Aflou, Leïla Sebbar, vit aujourd’hui en France et écrit dans de nombreuses revues et journaux. Elle publie également des livres qui entrent pour la plupart dans la rubrique “roman”. Au cours de ses études de Lettres à Paris, elle a mené des recherches sur la littérature coloniale au xviiie siècle et sur l’éducation des filles au XIXème. On peut reconnaître dans le travail de Leila Sebbar, deux préoccupations majeures qui souvent s’entrecroisent dans un même livre. Il s’agit, d’une part, de la condition de la femme et d’autre part, du sort de ceux qu’en France, on appelle les travailleurs immigrés. C’est en croisant ces différents thèmes qu’elle a donné ses créations littéraires les plus personnelles et les plus fortes (Lettres parisiennes, Shérazade…).
Sans appartenir à tel ou tel parti, Leïla Sebbar est vigoureusement engagée et soucieuse d’efficacité. Cependant, elle ne considère pas seulement la littérature comme une arme. C’est aussi le lieu où se déploient son imaginaire et son plaisir de créer, à travers les croisements entre l’Orient et l’Occident, avec la violence, l’amour et la haine qu’ils peuvent produire dans les territoires de l’exil. N.O.
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