La chanteuse remonte sur scène
Hélène Pineau
Le Courrier de Mantes
Publié le 25 janvier 2001
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| Maria de Rossi recherche la chaleur du public. |
Après dix-huit années de silence, Maria de Rossi revient à la chanson. La cinquantaine pétillante, l’artiste retrouve ses premières amours : la chanson et la scène. Nous l’avons rencontrée à Mantes-la-Ville où elle s’est établie il y a un an.
La jeune Marseillaise bout d’impatience de retrouver la scène après dix-huit ans d’absence. Découverte à l’âge de 19 ans, par Eddy Barclay, Maria aurait dû s’appeler Magali des Genêts. «A cette époque, les maisons de disques avaient des noms tout prêts pour leurs artistes. Originaire du Midi, on voulait pour moi un nom en rapport avec ma région. C’était comme ça». Elle refuse. «J’avais envie d’un prénom qui sonne”. Mais il y avait déjà Sheila et Nicoletta qui venait de signer son contrat. Alors, elle décide de garder son nom d’état civil, Maria de Rossi. Elle signe leur premier contrat en mai 68, coincée par les grèves qui paralysent le pays, elle reste deux mois bloquée à Paris. Ensuite, il lui faut trouver, un auteur, un compositeur et un imprésario. «Barclay me confie à Jean Schmidt qui écrit pour Sheila, mais dès qu’il a un titre susceptible de marcher, c’est à elle qu’il le propose». Elle reste un an et demi sans trouver de chanson jusqu’au jour où le hasard met sur sa route un ami de son père, qui compose pour elle, et c’est la naissance «Des Roses rouges au soleil» une chanson qui sert remarquablement sa voix.
Plus tard, elle décide de changer d’équipe et se rapproche de Jean-Michel Rivat qui écrit pour Delpech, Alain Chamfort, Sylvie Vartan et Joe Dassin, entre autres. Sa vie devient un tourbillon : scènes, télévision, dédicaces partout en France. Maria se déplace alors avec trois camions de matériel et est habillée par les couturiers, Cardin notamment, dont les robes siéent parfaitement à la fine silhouette de l’artiste. Pour gagner du temps, Maria passe même son brevet de pilote.
Envie d’être maman
A 35 ans, elle arrête tout : «Je voulais un bébé» dit-elle. La chanteuse se rend compte que sa vie personnelle est terriblement creuse “J’enviais les femmes qui avaient une vie normale, une famille”. Son fils naît un an plus tard. Elle choisit de l’élever et laisse sans regret derrière elle les lumières des spots et la célébrité. Elle s’accorde pourtant le tournage d’un film en Italie, El Silencio où elle joue avec Marcello Mastroiani. Pendant cette longue période, elle se coupe de ses relations du show bizz. Sa vie personnelle est bancale. Elle divorce. On l’oublie peu à peu. Quelqu’un pourtant garde une affection particulière pour Maria. “Plusieurs fois, des copains avaient essayé de me faire chanter à nouveau au cours de bœufs, mais sans plus”. Pascal Sevran parviendra à la décider à faire sa rentrée à la télévision et à lui redonner le goût de la scène et des projecteurs. Elle sera à plusieurs reprises au nombres des invités de La Chance aux chansons. Aujourd’hui, Maria de Rossi parachève un CD qui sortira en février chez Universal Music. On y trouvera Il est Marseillais, Les marchés de Provence, Magali, Nationale 7, Canne Cannebière, Ah que j’aime la moustache et huit compositions inédites qu’elle met au point avec Yvon, son batteur qui demeure à Mantes-la-Jolie. Maria, coproductrice de ce CD, espère ainsi retrouver le public qui ne l’a pas oubliée.
Les cheveux roux coupés courts, le regard vif, le sourire éclatant, Maria de Rossi ne demande qu’à faire un nouveau le métier qu’elle aime par dessus tout : chanter, ce qu’elle fera aux Boucaniers, à Poissy, le 11 février prochain.



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