La campagne des cantonales n’aura pas été très agitée, et le scrutin n’a pas mobilisé. Les candidats, tous autant qu’ils sont, ont pourtant “mouillé la chemise” : réunions d’appartements, rencontres sur les marchés, fêtes associatives. Las ! Les électeurs semblent se désintéresser de l’enjeu de l’élection, des prérogatives du conseiller général et des missions, en partie sociales, du Département.
Dans tous les bureaux de vote du canton, ou presque, on a effet pu vérifier que les électeurs ne franchissaient pas la porte du bureau voisin, alors qu’ils venaient de glisser un bulletin pour élire leur maire. Et le fait que les ressortissants de l’Union européenne n’étaient pas autorisés à participer à cette deuxième élection n’explique certainement pas tout.
Le canton peut basculer
Dans le canton de Meulan, le conseiller général sortant et maire d’Hardricourt André Cassagne (UMP), tout seul à droite, totalise 4 496 voix soit 32,8 % des suffrages, et arrive en tête. Michel Vignier (PS) le talonne, rassemblant sur son nom 3 929 voix soit 28,7 %. Le candidat écologiste Albert Bischerour quant à lui devrait se désister en faveur de son collègue à la municipalité des Mureaux. Tandis que Michel Mallet (DVG) et sa suppléante Hélène Danel (Cap 21 - Modem) ont refusé de lancer un appel au vote en faveur de qui que ce soit. Singulière attitude. Mais l’affaire était compliquée pour ceux-là même qui étaient soutenus par le mouvement associatif local, des militants du parti communiste, et du Modem, un parti aux alliances à géométrie variable… Difficile alors de choisir la gauche ou la droite, au risque de trahir leurs électeurs, puisqu’ils étaient « des deux rives » (pour reprendre un bon mot du représentant local du Modem, Jean-François Cadot). Cela fait aussi partie des particularismes locaux ! Michel Mallet avait donc, seul, la clé du scrutin en main, mais il n’en a rien fait.
Les reports n’étant pas automatiques, et les voix des électeurs n’appartenant à personne, il est toujours délicat d’avancer un pronostic. On est tenté d’additionner les voix quand même. Et il est plus qu’évident que le candidat socialiste a l’assise électorale pour mettre le sortant en difficulté.
En 2001, il n’avait manqué que 134 voix à Michel Vignier pour être élu. À l’heure où nous bouclons, Michel Vignier annonçait au nombre de ses soutiens plusieurs maires de la rive droite dont Julien Crespo le maire de Vaux, Guy Poirier le maire de Meulan, Jean Mallet le maire de Mézy.