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Scène d'exercice. |
Dans quelle série télé médicale n’a-t-on pas vu une séquence d’urgentistes apposant les “fers à repasser” sur le thorax de son patient pour relancer son rythme cardiaque ?
Le défibrillateur n’est plus réservé aux seuls professionnels de santé depuis la publication d’un décret de mai 2007 autorisant “toute personne, même non-médecin, à utiliser un défibrillateur automatisé externe (…)”.
« Intervenir dans les 10 minutes »
L’objectif est de permettre aux témoins directs d’un incident cardiaque d’intervenir eux-mêmes auprès des victimes et d’augmenter leurs chances de survie.
Le facteur temps est primordial en pareille situation, confirme Daniel Marteau, sapeur-pompier en retraite, aujourd’hui à la tête d’un commerce de matériel médical à Mantes-la-Ville : « Lorsqu’il s’agit d’un malaise cardiaque, il faut intervenir dans les dix minutes. » Celui du footballeur professionnel Marco Randriana, sauvé de justesse après un arrêt cardiaque sur la pelouse du stade de Sedan, le 19 janvier, en est un bon exemple.
Le défibrillateur s’apparente à une petite mallette d’une trentaine de centimètres de largeur et pèse environ 2 kg. Les fers à repasser des services d’urgence sont remplacés par des patchs adhésifs à usage unique. L’alimentation par batterie lui permet d’être emmenée partout et offre une autonomie de longue durée.
Concrètement, en cas de malaise dans un gymnase ou en pleine rue, un passant peut utiliser cette machine automatisée, en suivant ses instructions, « mais une petite formation d’une heure ou deux est nécessaire, estime Daniel Marteau. Si le pouls et la respiration de la victime ne sont pas détectables, il peut s’agir d’un malaise cardiaque. Les deux électrodes sont alors appliquées sur son épaule droite et son aisselle gauche. »
Ce diagnostic établi, le témoin peut procéder à un bouche à bouche suivi d’un massage. « Après cinq insufflations et trente pressions, la machine repère l’inactivité du cœur et donne automatiquement l’ordre, par voyant clignotant et une voix électronique, de choquer la victime. »
Une décharge électrique de puissance adaptée est aussitôt envoyée à travers les électrodes et relance ainsi un rythme cardiaque normal. L’intervention se poursuit par les gestes habituels de réanimation.
La machine, qui a mémorisé l’activité du corps, peut aussi présenter un électrocardiogramme aux secours qui se connectent dessus. Son prix, qui oscille entre 1 500 et 2 000 €, peut freiner des acheteurs potentiels.
Les défibrillateurs grand public ont en tout cas déjà séduit plusieurs de nos voisins européens. Localement, des entreprises envisagent d’en faire l’acquisition. Daniel Marteau cite notamment Sagem, à Mantes-la-Ville. Des contacts sont également pris avec plusieurs mairies de la région qui envisagent d’équiper leur gymnase et stade respectifs, d’après les professionnels.
L’avis du médecin : « L’utilisation du défibrillateur est assez simple »
Thomas Golman, médecin à Ecquevilly, et ancien urgentiste de SOS Médecins, considère comme très positive la banalisation de l’utilisation du défibrillateur cardiaque. « Le défibrillateur semi-automatique est assez facile à utiliser si tant est qu’on l’ait vu une fois fonctionner. Une directive orale est délivrée, on ne peut pas faire d’erreur de manipulation. Il n’y a pas besoin de lire quoi que ce soit. Dans un premier temps, il faut apposer les plaques sur le thorax en fonction d’un schéma. Dans le deuxième temps, il faut s’écarter du corps, et enfin appuyer sur le bouton de couleur indiqué par la machine. »
Bien sûr, tout le monde n’est pas capable de gérer une situation de stress. Mais aux États-Unis, le défibrillateur est déjà passé dans les mœurs, on en trouve à tous les carrefours de New York ou de Los Angeles.
« Une étude réalisée aux États-Unis a montré que la mortalité par arrêt cardiaque avait chuté là-bas », poursuit le docteur Golman. « C’est intéressant que la France aille dans cette direction. Après c’est une question de moyen. Mais on trouvera de plus en plus de lieux équipés de défibrillateurs. »
F.A.




