Les épreuves combinées, c’est une autre ambiance. Demandez au junior Arnaud Samson (Les Mureaux Val de Seine), un vrai profil de « combinard », troisième du championnat d’Ile-de-France à l’Insep ce week-end : « Il n’y a pas de frime dans les combinées. Personne n’a intérêt à frimer parce qu’il y a toujours une épreuve où l’on n’est pas bon. Donc il vaut mieux s’écraser. Et puis on passe deux jours ensemble, avec des athlètes que l’on connaît en général depuis que l’on est minime, alors… »
Vincent Berger, entraîneur de MVS, a été formé aux épreuves combinées à Aubergenville par Jean Pastor : « Athlète, déjà, j’aimais cet esprit particulier aux épreuves combinées. Rien à voir avec les sprinteurs qui font leur show. Ici les gars se connaissent, s’encouragent et, à la fin du 1 000 m, la dernière épreuve, super fatigante, se tapent en général dans les mains. »
Il arrive même, chose impensable dans les autres compétitions d’athlé, que les heptathloniens se refilent des conseils entre adversaires.
Vincent Guérin, l’entraîneur de l’OYA, n’est pas d’un avis différent : « Dans le sprint, il n’y a pas vraiment d’amis. Quand on les voit se monter le crâne sur la ligne de départ… Tandis que la multiplicité des épreuves ici pousse à l’humilité. C’est une chose que l’observe également dans les grands championnats, où l’on voit les athlètes faire leur récup ensemble. Il règne dans ces compétitions un esprit d’entraide. »
Guérin trouve un autre avantage aux « combinées » : « Du fait de la multiplicité des épreuves, les athlètes conservent, sur plusieurs d’entre elles, une grosse marge de progression. Prenez Sabrina Gros : sur le 60 m plat, sa spécialité, elle ne gagne que des centièmes. Mais elle peut d’un seul coup progresser de 40 centimètres au lancer de poids. » Ce qui est autrement motivant.
Du coup Vincent Guérin encourage toutes les filles de l’OYA à s’engager sur le pentathlon, au moins en début de saison. En revanche, l’OYA n’est pas en mesure d’engager les garçons sur l’heptathlon, à cause des lacunes du club sur la perche : « On n’a pas d’école de perche à Mantes depuis sept ans », regrette l’entraîneur.
Tandis qu’à MVS la perche est enseignée par Vincent Berger, définitivement un militant des « combinées ». Et si la perche n’est pas le point fort des Muriautins, les progrès sont parfois spectaculaires : ce week-end, le cadet Geoffrey Simon a ainsi amélioré son record de 30 cm (à 2,90 m). Trois décimètres qui lui vaudront, peut-être, d’être qualifié pour le championnat de France.




