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Le comité des usagers demande aux voyageurs de ne plus présenter leur titre de transport à partir du lundi 21 janvier. Il faudra toutefois l’avoir acheté au préalable, insiste son représentant… |
Le terme de grève est habituellement dévolu aux salariés. Cette fois, c’est du côté de la clientèle qu’elle va s’exprimer. À l’appel du comité des usagers des gares de Bonnières, Mantes-la-Jolie et sa région, les voyageurs sont invités à ne pas présenter leur titre de transport au contrôleur de train à partir du 21 janvier. Les représentants des clients de la SNCF entendent ainsi protester sur les fréquents retards et suppressions de trains de la ligne Paris-Mantes.
Une grande exaspération
Une réunion entre usagers, élus et le nouveau directeur de la ligne, Philippe Hetzel, a eu lieu lundi 7 janvier, où le dialogue a été pour le moins clair et courtois. Néanmoins, le mouvement aura bien lieu, pour au moins dix jours. Un second entretien est d’ores et déjà prévu, début février, d’après le président du comité, Louis Gomez.
« Il y a une grande exaspération parmi les usagers depuis deux mois. Il ne se passe pas un jour sans retard de train, déclarait ce dernier au “Courrier” il y a quelques jours. Cette grève de présentation du titre de transport n’est en tout cas pas un appel à ne pas acheter le titre, précise-t-il. Il ne s’agit pas non plus d’aller à l’affrontement, mais de permettre le dialogue entre cheminots et usagers. »
Des améliorations en 2009
Une partie des retards est liée à la vétusté du matériel. Des investissements ont déjà commencé pour renouveler le parc. De plus le nouveau cadencement qui sera opérationnel fin 2008 ou début 2009 devrait améliorer la vie quotidienne des voyageurs (lire ci-dessous).
Et ce n’est qu’un début car le futur train des Franciliens sera progressivement mis en place entre 2009 et 2015. Il s’agit d’une vaste opération financée à 50 % par la SNCF et à 50 % par le STIF (syndicats des transports parisiens) qui débourseront en tout 2,7 milliards d’euros. Le programme comprend l’achat de 24 automotrice de grande capacité diesel et l’électrique, la rénovation de 635 voitures à deux niveaux et l’acquisition de 172 rames.
Le directeur de la ligne souhaite éviter l’opération
Selon Philippe Hetzel, responsable de la ligne Paris-Mantes, le risque que des usagers n’achètent pas de titre de transport existe.
Vous avez rencontré les usagers des gares, début janvier, à Bonnières. L’échange n’a semble-t-il pas suffi…
Au cours de l’échange, nous nous sommes mis d’accord sur une méthode de travail et un calendrier, sachant que le comité a par ailleurs déjà préparé un certain nombre d’actions de sensibilisation.
Envisagez-vous de contacter les représentants du comité avant leur mouvement ?
C’est prévu, oui. Leur opération n’arrange pas forcément les choses. Je souhaiterais qu’on n’en arrive pas là. Il y a des risques que des usagers ne prennent pas de titre de transport.
Je rappelle que l’achat d’un titre de transport crée le contrat de transport et garantit donc l’usager en cas de pépin, quel qu’il soit. J’ai une responsabilité de transporteur et je dois garantir un certain nombre de choses aux usagers.
Il serait dommage, surtout depuis qu’on a réussi à se rencontrer, se parler et se mettre d’accord sur une façon de travailler, de rendre les choses difficiles.
14 locomotives neuves en service
La fin des retards et suppressions de trains inopinées est pour quand ?
Nous aurons toujours des aléas, c’est évident. Ces derniers temps, les retards se sont accumulés et sont devenus insupportables pour les usagers. La semaine dernière, nous avons connu une amélioration assez sensible. Je souhaite qu’elle dure.
Pour décembre 2008, le cadencement des dessertes va être mis en œuvre. Il donnera une visibilité en terme d’horaire, puisque les trains partiront toujours aux mêmes minutes et mêmes heures. Il fluidifiera en même temps la circulation et permettra également d’ajouter des trains.
Où en est la livraison du matériel roulant neuf sur la ligne Paris Mantes ?
Quatorze locomotives neuves sont en service actuellement. Nous en recevons deux par mois. Il y en a, au total, cinquante-trois à changer.
Paris-Mantes par Conflans
Le comité de la rive-droite prône d’autres méthodes
Sur la ligne Mantes-Paris Saint-Lazare par Conflans, on retrouve un autre structure, le comité des usagers SNCF de la rive droite dont Simone Barbier est une des membres très active. Contactée pour réagir aux propositions d’actions du comité des usagers de Bonnières, elle déclare « désapprouver la manière forte » et préfère « avancer par le dialogue avec les instances de la SNCF ». « Cette fois, on ne s’engagera pas derrière eux !» D’ailleurs, le comité rive droite a rarement eu coutume de le faire.
Simone Barbier estime que son comité, qui siège chaque mois au syndicat des transports parisiens, « obtient plus de choses » en étant « moins revendicatif ». Ce qui reste à prouver quand même. « Cette association a été créée dix ans avant la nôtre, mais nous sommes davantage entendus par la direction de la SNCF à Paris Saint-Lazare », estime Simone Barbier.
« Il y a deux ou trois ans, nous avions fait la grève des titres de transport. Nous avions demandé aux adhérents de prendre leur billet ou leur carte orange tout en refusant de le présenter au contrôleur. Ainsi, ils ne se mettaient pas en infraction (N. D. L. R., ce que propose le comité des usagers de Bonnières). »
Même si elle reconnaît certaines améliorations (comme le réhaussement des quais de gare, la mise sur rails de nouvelles motrices, l’augmentation de la fréquence des trains aux heures de pointe, ou l’élargissement du pont d’Argenteuil et le lancement de la ligne Ermont-Eaubonne Saint-Lazare qui évitent l’engorgement de la ligne), il n’en demeure pas moins que sur la ligne Mantes-Paris par Conflans, les retards ou les suppressions de trains restent trop nombreux au quotidien. « Les usagers nous ont rapporté plusieurs suppressions de train sur la ligne cette semaine », déplore-t-elle. D’une gare à l’autre, l’information diffusée n’est aussi pas toujours de « qualité égale », poursuit la représentante des usagers. C’est là que la SNCF semble devoir faire un gros effort.
Le comité des usagers de la SNCF rive droite ne se soucie pas seulement des trains qui arrivent en retard, mais aussi de la qualité du service de bus urbains, et de l’accès à ce service. A la rentrée scolaire 2007, l’association s’est battue pour le maintien de la ligne 02 desservant les collèges et les lycées (Véolia ne la jugeait pas assez rentable à l’époque). « Nous continuons à suivre ce service car le STIF fait des comptages », indique Simone Barbier.
Une des prochaines actions à venir est de demander la mise en place d’une navette pour que les Meulanais puissent se rendre à la gare des Mureaux, afin de bénéficier du transport de la ligne Mobilien n° 19 vers Versailles (lire notre édition du 5 décembre 2007). Il en va de même pour la ligne Express A 14 par Les Mureaux. « L’accessibilité à la gare des Mureaux n’est pas encore acquise pour les Meulanais qui veulent emprunter ces lignes de bus », estime Simone Barbier. L’association envisage aussi de rencontrer la société Véolia et le STIF pour améliorer le réseau de petites dessertes.




