Le Courrier de Mantes : Frédéric Bourgeois, comment est née l’idée de créer le collectif des Plateaux du Vexin ?
Frédéric Bourgeois : Très simplement en réalité. J’ai organisé une grande réunion pour mes 40 ans il y a un an et demi. Sur les 70 personnes qui étaient présentes, une quarantaine jouaient de la musique. Il était prévu que nous jouions deux-trois morceaux pour l’occasion, et en fait, nous avons joué jusqu’à 5 heures du matin. Après l’anniversaire, on s’est dit : « Pourquoi ne pas monter quelque chose tous ensemble » ? Le collectif a aujourd’hui un an et demi.
Quelle est la vocation de ce collectif ?
À la base, la vocation des Plateaux du Vexin est de rassembler les gens du plateau, et de tisser un maillage qui permette de les faire travailler tous ensemble. Notre projet est de lancer et de développer plusieurs manifestations dans le Parc naturel du Vexin. La musique est notre fil conducteur, et notre volonté est de contribuer à la vie sociale et culturelle des communes du Vexin en favorisant la rencontre entre les habitants à travers différentes musiques et différents lieux.
Le Vexin est une région rurale. Comment fait-on aujourd’hui pour amener la culture en milieu rural ?
Pour cela, il faut sans cesse aller chercher les gens et travailler sur l’annonce perpétuelle. L’objectif du collectif, au-delà de l’organisation de concerts et autres festival, c’est de faire en sorte que les gens puissent se réapproprier le patrimoine, les lieux publics comme les salles communales qui appartiennent aux habitants. Pour cela, il faut que les concerts organisés le soient dans des salles dignes de ce nom que l’on peut contribuer à améliorer en emmenant notre matériel, comme la lumière par exemple.
Justement, comment réussissez-vous à attirer les habitants peu habitués à la culture dans leurs villages respectifs ?
Nous sommes en train de mettre en place un moyen de communication peu coûteux. Ce sont les apéros musicaux qui vont être organisés à partir du mois d’avril en partenariat avec les mairies. Le principe est de faire se produire les artistes au beau milieu des places des villages. les mairies offriront l’apéritif. Si cela fonctionne, nous pourrons organiser un concert toutes les trois semaines. Mais ce n’est pas là notre seule idée. Nous avons aussi l’envie de mettre en place un festival de jazz et musiques du monde ainsi qu’un festival amateur de musique classique qui se déroulera en avril prochain.
Parlez-nous de ce festival de musique classique…
Nous l’avons appelé Le Printemps des plateaux. il se déroulera les 4, 5 et 6 avril prochains dans l’église de Mézy, qui peut accueillir 300 spectateurs. Nous avons fait le choix de ne présenter que des amateurs. Ainsi un chœur dirigé par Thierry Thiebault, de Mantes, proposera des morceaux classiques ponctués par du piano et du saxophone. L’ensemble départemental d’harmonie des Yvelines dirigé par Jean-Luc Fillon sera également présent, fort de ses 53 musiciens. La première partie sera assurée par un orchestre de clarinettistes. Enfin, le festival sera clôturé par la prestation d’Alain Daniel, l’enfant du pays puisqu’il est originaire de Mézy. Il se produira avec l’orchestre philharmonique du Vexin composé d’environ 30 musiciens.
Plus globalement d’après vous, quelles sont les clés pour qu’un tel collectif atteigne ses objectifs ?
Avant tout, il faut un bon réseau d’artistes. Parce que je suis passionné de musique depuis longtemps, j’ai la chance de travailler avec une cinquantaine de musiciens tous originaires de la région. Ensuite, évidemment, il faut bénéficier du soutien des collectivités locales, et puis, il faut être persévérant. Aux Plateaux du Vexin, nous sommes convaincus que la culture peut apporter énormément au territoire, en permettant notamment aux habitants de se réintéresser à leur patrimoine. Notre envie, c’est de montrer que le milieu rural peut bouger en présentant aux habitants le top du top de la région.
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