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Un chantier à l’association Baobab aux Musiciens. |
« Tous les éducateurs du club de prévention sont des professionnels diplômés. La plupart ont une grande expérience de leur métier », indique Jelloul Mohammed éducateur spécialisé aux Vernes, le club de prévention local. L’éducateur réagit aux propos tenus par le candidat aux municipales, François Gerber, qui critique l’action de l’association. Il avait pointé notamment, dans notre édition du 12 décembre, des « insuffisances graves dans la formation du personnel ». Onze éducateurs spécialisés travaillent sur la ville, ils bénéficient de la collaboration d’un psychologue.
Éducateurs diplômés et motivés
« On ne peut pas résoudre tous les problèmes de la ville ! Mais on sait bien que là où il n’y a pas de club de prévention, c’est pire… », constate Ahmed, un éducateur qui a de la bouteille comme on dit. « L’une des missions de notre équipe, c’est justement d’aller rencontrer les jeunes désœuvrés. On ne peut rien faire à leur place, mais on peut les encourager, les soutenir, les conseiller pour qu’ils bâtissent leur projet de vie », complète-t-il. « On croit à la “transformation sociale” par nos actions et la motivation c’est le point de départ de notre métier… »
Jelloul Mohammed travaille depuis 2002 aux Mureaux et ne conçoit pas la mission de ses collègues et de lui-même autrement que de façon « très engagée » auprès des jeunes en difficultés des Mureaux. Les éducateurs ont plusieurs moyens d’intervention. Le plus connu est le travail de rue, viennent ensuite le travail individuel avec chaque jeune, l’action partenariale avec la mission locale, et l’action collective comme pendant la semaine précédant les vacances de Noël, au cours de chantiers d’insertion.
« Le chantier d’insertion est un moyen d’approfondir les relations avec un jeune. On essaye de le “dynamiser” (sic), de reprendre les bonnes habitudes du travail et de règles socioprofessionnelles : c’est-à-dire respecter les horaires, les consignes, et le personne », explique Jelloul Mohammed. « Les jeunes encadrés par Les Vernes sont issus de tous les quartiers des Mureaux. Les éducateurs exigent aussi que les filles soient autant représentées que les garçons dans les groupes. Cette mixité, il faut le souligner, n’est pas toujours effective dans les quartiers. » Les deux chantiers, que nous avons visités, avaient pour but de rénover le centre technique municipal et la crèche associative Baobab aux Musiciens. Une dizaine de jeunes, dont deux mineurs, encadrés par une éducatrice ont participé au lessivage des locaux du Baobab et ont réalisé de jolis pochoirs. De l’autre côté, au CTM, ils étaient neuf âgés de 18 à 25 ans, les deux mains et le rouleau plongés dans la peinture.
En général, les jeunes semblent adhérer à ces chantiers, car ils sont, pour eux, un moyen de gagner un peu d’argent (les chantiers sont payés au SMIC). Un d’eux, Sarif 19 ans, de la Vigne Blanche, veut passer le permis de conducteur de bus. Les Vernes lui ont permis de postuler à la CSO Poissy, où en attendant ses 21 ans, l’âge légal pour passer le permis, il va s’exercer à la médiation dans les transports en commun.
Quant à Rachid, 19 ans, il trouve l’encadrement des Vernes « plutôt rassurant », « ça me pousse à avancer », souligne-t-il. Lui, veut se former à l’installation de systèmes de climatisation… après avoir enchaîné les contrats d’intérim dans des grandes entreprises comme PSA ou BSN. « La plupart du temps c’était des contrats d’un mois… De toute façon avec un niveau troisième, il va falloir que je me forme à un métier », conclut-il.
Les champs de l’action de prévention spécialisée tendent aussi à se diversifier de plus en plus dans ces quartiers déshérités. Virginie, une éducatrice indique ainsi que l’accompagnement des mères seules prend de plus en plus de place dans son emploi du temps. Problèmes de garde d’enfants, logement, travail, ces problématiques apparaissent plus complexes. Mais le rôle d’un club de prévention reste d’ « aider les personnes en voie de marginalisation ». Le club local ne sort donc pas de son rôle, mais l’on se rend aisément compte que la tâche à réaliser est immense.




