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Les Pakistanais réagissent à la disparition de Benazir Bhutto


Frédéric Antoine

Le Courrier de Mantes
Publié le:  02 janvier 2008
Page 3 
— Afzal Chaudry et deux autres membres de la communauté pakistanaise.

La communauté pakistanaise représente 2 000 personnes à Mantes et environ 200 aux Mureaux. L’assassinat de Benazir Bhutto a suscité de multiples réactions de tristesse et de colère chez les expatriés. La plupart des ressortissants de la communauté pakistanaise ont immigré en France pour des raisons économiques. Les premières arrivées datent de 1977, juste après le coup d’État contre le père de Benazir Bhutto… Leur histoire est donc très liée à celle de cette famille emblématique de la gauche pakistanaise.

« Je ne suis pas retourné au Pakistan depuis trois ans. Je pense que dans les mois à venir la situation va devenir très compliquée. Ces élections représentaient un véritable espoir. Ce sont les premières élections démocratiques organisées depuis l’arrivée au pouvoir de Musharraf », déclare ainsi Afzal Chaudry, élu municipal des Mureaux et commerçant au Val-Fourré. « Nous souhaitons que la région reste stable. Mais cet attentat, qui succède à beaucoup d’autres, montre l’échec de Musharraf et des États-Unis qui mènent une guerre dans le Nord-Est du pays depuis six ans », ajoute Afzal.

« Même ceux qui ne partageaient pas les idées de Bhutto sont très attristés », poursuit le commerçant. À ses côtés, Adeel 18 ans, pense que Benazir Bhutto a été assassinée car « elle pouvait être élue ». « Depuis son père, jusqu’à ses frères, sa famille n’a fait que du bien au Pakistan », croit Adeel. Il souligne aussi qu’elle avait repris le slogan de son père : « A manger, du tissu pour se couvrir et un toit pour s’abriter ». « La famille Bhutto a aussi fait beaucoup pour les pauvres au Pakistan… Moi, j’ai arrêté de m’intéresser à la politique intérieure quand Musharraf est arrivé au pouvoir », ajoute Adeel. Afzal Chaudry, lui, en tant que militant de gauche, garde l’espoir que son pays d’origine remporte le pari de la démocratie : « Ils pourront couper autant de fleurs qu’ils voudront, ils n’empêcheront pas la venue du printemps… »

Alors que le Pakistan entamait un long deuil, et que les témoignages de sympathie et de tristesse continuaient d’affluer sur les télés communautaires (très regardées en France), une manifestation était annoncée, vendredi dernier à Paris Gare de l’Est.

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