Thierry Delli-Zotti ne voit pas ce qui pourrait l’empêcher de faire un résultat dans ce Dakar : « La voiture est parfaite, on la connaît maintenant par cœur. Avec elle, en lâchant les chiens, on a fait quatrièmes du dernier rallye de Tunisie en avril. Elle a été entièrement démontée à notre retour du rallye du Maroc à la mi-octobre. Alors, si on est un peu épargnés par la malchance, tout est possible… » Et notamment de rentrer dans les vingt premiers. Delli-Zotti relativise aussitôt : « Nous n’avons pas l’assistance des grosses écuries, dont les pilotes peuvent se permettre d’attaquer en permanence. Pour nous, toute l’assistance tient dans six malles. » Six grosses malles chargées à bord d’un camion d’assistance que Delli-Zotti partage avec un pilote dakarois, Jean-Philippe Alpa.
À entendre Isabelle Patissier, le rôle de son copilote consiste aussi à réfréner son enthousiasme quand elle voudrait, tout le temps, mettre plein gaz. « C’est vrai, reconnaît l’intéressé, je suis souvent en train de dire attention. Il faut savoir perdre du temps pour en gagner. »
Un « gros Dakar »
Delli-Zotti s’attend à un « gros Dakar ». Mais est-ce qu’on n’annonce pas l’enfer chaque année sur ce rallye ? « Non, vraiment, pour la trentième édition, ils ont voulu corser le truc. Dans le franchissement du sable, dans la longueur des spéciales. Rien qu’au Maroc, il y a 700 kilomètres de spéciales supplémentaires. Il faudrait sortir du Maroc avec une voiture archifraîche, avant les terribles étapes de Mauritanie. En même temps, on n’y va pas pour cueillir des fraises… »
L’enfer, le vrai, Delli-Zotti et Patissier l’ont connu l’année dernière « quand notre copain Charlie, qui conduisait l’une des voitures d’ASO, la société organisatrice, est mort au cours de la première étape ».
Thierry Delli-Zotti est fier d’avoir su maintenir, avec Isabelle Patissier, « notre petite écurie à nous ». « Je m’éclate à préparer la voiture, même si économiquement ça reste tendu. » L’équipementier VDO Dayton est leur principal soutien.
Alors, par-delà les difficultés, Thierry Delli-Zotti a « envie d’apprécier ce rallye. Je prendrai le temps de lever le nez en l’air. Parce qu’on ne pourra pas éternellement, sans vouloir me jeter des fleurs, sortir une voiture comme celle-là. Parce que ça ne durera pas 107 ans. » Il arrive par ailleurs à Delli-Zotti de se demander si le temps des grands rallyes n’est pas passé, si le Dakar ne roule pas à contresens de l’Histoire. Une remarquable capacité de recul de la part d’un coureur aussi impliqué, et qui entame sa vingt-deuxième participation.
La voiture
Leur buggy est à deux roues motrices, un avantage dans les dunes, d’après la pilote : « Le buggy a une vitesse de franchissement plus rapide qu’un 4 x 4 ». Sous le capot arrière, un V8 5,7 l. Le mécanicien est toujours Pascal Haché. Jean-Louis Raimondi est le pilote du camion d’assistance. On peut suivre la course de Patissier et Delli-Zotti sur le site dakar.com (entrer leur numéro de course, 334, dans la rubrique « course en direct »).
« Delli-Zotti Compétition »
La société de Thierry Delli-Zotti est, de longue date, prestataire sur ce rallye. Cette année encore, elle a préparé à Limetz-Villez six 4 x 4 Toyota HDJ 80 pour Sierra Production, la maison de production d’Amaury Sport Organisation, qui fournit les images aux télévisions.
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