|
Le champion en discussion avec les jeunes recrues du club de tennis. |
Tout n’est qu’affaire de volonté, puis de travail. C’est du moins le discours qu’a tenu Brahim Asloum, tout auréolé encore du titre de champion du monde obtenu le 8 décembre face à l’Argentin Juan Carlos Reveco, à des enfants qui participent depuis huit mois au projet « Soyez sport » (lire ci-contre). La rencontre a lieu sur le court de tennis, là où viennent jouer quatre fois par semaine ces enfants dont l’origine sociale ne garantissait pas qu’ils prendraient un jour une inscription au tennis.
La vie d’Asloum n’a pas été qu’un chemin de roses : « Je suis parti à 16 ans de chez moi, j’ai fait quatre années d’internat. Plus d’une fois, j’ai pleuré dans ma chambre. »
Et ce titre de champion du monde n’a été obtenu qu’à la troisième tentative. « Vous voyez, il a perdu deux championnats du monde, c’est comme deux mauvais bulletins scolaires », fait valoir Salem Fkire, un proche du boxeur qui est aussi membre du club de tennis.
Les enfants interrogent le champion : travaillait-il bien à l’école ? « Je n’étais pas un surdoué, je faisais en sorte d’avoir des bonnes notes. » Les coups font-ils mal ? « Pas toujours. Pas quand on arrive à les accompagner. » Les jeunes collégiens avaient suivi avec passion le combat d’Asloum à la télé.
Surtout, Asloum veut convaincre ces enfants que « la chance, on se la procure. Pensez que vous n’avez pas cette malchance d’être en mauvaise santé ».
« Soyez sport »
Quatre soirs par semaine, vingt enfants de CM2, 6e et 5e jouent une heure au tennis puis reçoivent une heure de soutien scolaire. C’est la formule de l’opération « Soyez sport » lancée par le club, la Ligue de tennis des Yvelines et la municipalité. Ces enfants, choisis parce qu’ils étaient en difficulté scolaire, ont vu leurs résultats s’améliorer assez spectaculairement, en huit mois seulement. « Cela a été un gros déclencheur de réussite et ambition », s’enthousiasme Julien Romano, moniteur de tennis breveté d’État. La bonne formule a consisté à lier réussite sportive – très vite, ces enfants qui n’avaient jamais touché une raquette ont fait montre de vraies dispositions pour le tennis – et réussite scolaire : l’assiduité aux cours de soutien était exigée. Il n’y a eu aucun abandon.
La Ligue de tennis a mis à disposition l’enseignant chargée de la partie scolaire, Anne-Aurélie Taisne. Nasri Achkar, l’autre moniteur du club, fut le directeur technique du projet.
Julien Romano constate que « la moitié de ces enfants ont le potentiel pour être classés ». Le président du club, Ronan Lelandais, souhaite poursuivre l’expérience au-delà des vingt-quatre mois prévus.




