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Véronique Perucca devant le bras forcé de tous les litiges. |
C’est une histoire rocambolesque qui secoue le tranquille village de Vert en ce moment. Tout commence lors des inondations du mois d’octobre. Rappelez-vous : un violent orage provoque des coulées, voire des torrents de boue qui dévalent les rues de Rosay, Guerville, Villette ou encore Vert. Les rivières, les fossés sont obstrués par les pierres, les gravats, l’eau ne peut plus passer et inonde les rues et les maisons des particuliers.
Une ordonnance de 1842
Véronique Perucca est propriétaire du moulin de la commune. Elle n’a pas été inondée mais le bras forcé situé devant chez elle a débordé, obstrué par les pierres. Le syndicat de la Vaucouleurs prend en charge les travaux de curage soit 14 280 euros.
« On ne pouvait pas laisser ça comme ça, si un autre orage avait eu lieu on aurait eu une nouvelle catastrophe. Nous avons envoyé un courrier à Véronique Perucca en lui demandant de faire une déclaration à son assurance afin que nous puissions être remboursés, mais elle a refusé », raconte Jean-Pierre Butte, le président du syndicat.
Jean-Pierre Butte prend le taureau par les cornes et décide de lui envoyer la facture. Le président se fonde sur une ordonnance de Louis-Philippe qui date de 1842 et qui stipule que le curage du bras forcé doit être pris en charge par le meunier quand le moulin n’est pas déclassé.
Effectivement, il ne l’est pas, même s’il n’est plus en état de marche. Véronique Perucca s’y refuse : « Ce n’est pas obligatoire. Donc je ne le fais pas. Si je le déclasse, je perds le droit sur l’eau » (la possibilité de s’en servir pour un chauffage écolo par exemple).
« Ils veulent que je déclasse mon moulin. Je l’ai connu en état de marche quand mon grand-père, meunier, s’en servait, je ne le déclasserai pas », clame-t-elle.
Selon Véronique Perucca, c’est aux riverains de faire le curage. Pour Jean-Pierre Butte, c’est au meunier. « Les meuniers ont toujours fait le curage de bon cœur mais ils n’étaient pas obligés de le faire. Je ne le ferai pas, c’est complètement ridicule. Rien ne m’y oblige », assène-t-elle.
D’après la propriétaire, les inondations n’auraient jamais pris une telle ampleur si le curage était fait tous les ans : « Cela fait trois ans, qu’il n’a pas été effectué. Forcément, lors de l’orage du mois d’octobre, ça a débordé. »
Philippe Gilles, le maire, explique que ce curage triennal est volontaire : « Il s’agit de maintenir un équilibre entre préservation de la faune et de la flore, et le curage. De plus, ça n’a pas débordé il s’agit d’un ruissellement des eaux. »
Alors qui doit payer le curage du bras forcé ? La propriétaire du moulin, le syndicat, les riverains ? Philippe Gilles, lui-même, ne sait pas vraiment : « On ne sait pas réellement qui est responsable de ce genre de choses. À force, ce sont les riverains qui se sont mis à le faire. »
Le curage a été fait mais reste la facture. Véronique Perucca fait circuler une pétition dans le village et Jean-Pierre Butte n’a pas l’intention de lâcher le morceau : « 14 280 euros, ça représente la moitié de notre budget annuel, elle doit payer. »




