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Taudis-sur-Seine, un mauvais conte de Noël
Au 27, rue Jean-Jaurès, dans l’ancien hôtel insalubre attenant au Bar des sportifs, en plein mois de décembre, vivent plusieurs familles dont certaines avec des enfants scolarisés dans la commune, sans eau, sans chauffage, sans électricité ni toilettes. Droit au logement et le Collectif antidémolitions exigent le relogement immédiat de ces familles que le propriétaire veut expulser, selon eux en ne respectant pas la trêve hivernale.


Frédéric Antoine

Le Courrier de Mantes
Publié le:  26 décembre 2007
Page 20 
— Les associations mobilisées pour exiger le relogement de ces familles.

Bienvenue à Taudis-sur-Seine. Cette banale histoire du mal-logement, nous réveille en sursaut dans cette ambiance ouatée de fin d’année. Entre la rue Jean-Jaurès et la rue Gabriel-Vilain, plusieurs familles vivent dans un hôtel délabré, entre quatre murs glacials. Les cinq ou six familles ont été victimes d’un escroc, un intermédiaire du propriétaire, qui leur a demandé de verser une caution de 1 200 euros, et le paiement de loyers mensuels de 500 euros pour vivre dans une pièce (sans quittances de loyer). C’est toujours la même histoire, celle du marchand de sommeil qui fait son beurre sur la crise du logement social.

Le propriétaire exige aujourd’hui que ces familles, pour la plupart africaines, dans des situations précaires et à la merci de tous les profiteurs, déménagent au plus vite. Ces dernières semaines, le propriétaire a placardé sur les murs de l’ancien hôtel un avis d’expulsion.

Mais les familles, en dépit de ces menaces, n’ont pas quitté les lieux. Pour se faire plus convaincant, le propriétaire n’a pas hésité à couper l’eau, l’électricité et à casser les toilettes il y a quelques jours. Tout cela, en dépit de la trêve hivernale qui interdit les expulsions.

On croit aussi entendre le récit d’une scène des « Misérables » lorsque Daniel Vitter explique que par des températures négatives, « une maman est obligée d’aller à la fontaine chercher de l’eau pour faire la cuisine et laver ses enfants ». Faut-il préciser que les enfants sont scolarisés aux Mureaux…

Plusieurs associations, dont Droit au logement et le Collectif antidémolitions, se sont mobilisées pour venir en aide à ces désespérés. Deux réunions ont eu lieu avec la municipalité, des courriers ont été adressés au propriétaire et au maire adjoint au logement, Marie-Françoise Savigny. La sous-préfecture a été sollicitée pour obtenir une aide d’urgence. Jusqu’à présent, il n’y a pas encore de réponse

La mobilisation des associations a permis tout de même d’obtenir un sursis à leur expulsion… jusqu’en janvier 2008. Mais par moins un degré dans les pièces de leurs logements crasseux, on se demande comment les enfants pourront attendre jusque-là.

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