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« L’Éléphant dans le noir », par la compagnie du Théâtre de l’ombrelle le 26 janvier au Colombier à Magnanville.

Pourquoi les spectacles pour enfants ont-ils autant la cote ?
La comédie musicale « Le Soldat Rose » en tournée dans toute la France, ou encore « Le Roi Lion » en ce moment au théâtre Mogador, jamais les spectacles pour enfants n’ont eu autant de succès. Mais des efforts restent à faire.
Le Courrier de Mantes
Publié le:  19 décembre 2007
Page 6 

Les spectacles pour enfants, ça marche. Depuis quelques années, les parents emmènent de plus en plus leurs bambins au théâtre ou au concert. Rien qu’à Paris, 10 % des salles de spectacles sont consacrées aux enfants. Signe d’une démocratisation culturelle ? « Les deux tiers de nos spectacles sont réservés aux petits. Depuis les années 2000, c’est en vogue effectivement, mais c’est encore difficile », explique Bruno Couvreur, directeur du Colombier, à Magnanville.

Une demande en hausse

L’offre est en hausse. Mais, même si elle répond à une demande, celle-ci vient plus des écoles : « Les professeurs emmènent plus souvent leurs élèves voir des spectacles, des contes, un spectacle de marionnettes dans le cadre de l’école. Mais la plupart du temps, les enfants ne reviennent pas avec leurs parents », explique Eudes Labrusse, de la compagnie du Théâtre du Mantois.

Et pour ceux qui reviennent ? « Ceux qui viennent avec leurs parents sont déjà des spectateurs. C’est intégré à leur éducation. Ceux-là sont plus nombreux mais ce n’est pas eux que nous cherchons à sensibiliser », affirme-t-il. Alors pour convaincre et attirer les jeunes, le Théâtre du Mantois utilise les actions de sensibilisation dans les écoles. Objectif : intéresser les enfants à l’art pour que cela devienne un automatisme. Pas facile : « On passe presque plus de temps à la promotion, à la diffusion, à toutes les actions dans les écoles pour attirer encore et encore le public qu’à la préparation du spectacle. C’est un effort qu’il faut renouveler sans cesse », poursuit Eudes Labrusse.

Les Belges plus ouverts

Bruno Couvreur, lui, mise sur les spectacles. Il va les chercher en Belgique, là où les compagnies de théâtre pour enfants fourmillent : « En Belgique, aller au théâtre, ça commence à l’école dès le plus jeune âge. Ça fait partie de l’éducation populaire depuis plus de trente ans. Le gouvernement fait un accompagnement à la diffusion. Pour le moment, il n’y a pas ça en France. Nous en sommes encore loin. »

Malgré tous ces efforts, l’aide à la diffusion, les actions mises en place autour, la diversité des spectacles (marionnettes, contes, concerts), les prix abordables (entre 2 et 7 € pour un spectacle pour enfants, moins cher qu’une séance de cinéma), cela reste un loisir de privilégiés.

Pas encore assez diffusé, pas assez populaire, pas suffisamment intégré dans les écoles ou les programmes scolaires, il reste à Eudes Labrusse et Bruno Couvreur beaucoup de travail pour convaincre. Seuls 5 % des enfants reviennent au théâtre avec leurs parents après y être allés une fois. Rien d’étonnant à cela quand on sait que seulement 0,7 % des Français vont plus d’une fois par an au théâtre.


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