Comment analysez-vous la transformation de la ville sur le plan urbain depuis 2001 ?
J’observe une transformation globale qui s’est inscrite, me semble-t-il, de façon durable dans une spirale vertueuse. Elle avait été initiée lors du mandat 1995-2001. Là, vraiment, elle prend toute sa dimension. Le mandat 1995-2001 était celui du rétablissement des fondamentaux. Les années 2001-2007 auront été celles du développement.
« La Zac des Bords de Seine a atteint l’équilibre financier »
En affinant votre analyse, toujours sur le plan urbain, que retenez-vous pour le centre-ville et les Bords de Seine ?
En ce qui concerne le centre-ville, je pense que l’on a vu l’aboutissement des premières grandes transformations en terme d’embellissement. Il reste encore des rénovations de voiries à réaliser. Pour ce qui est des Bords de Seine, d’abord un commentaire financier : la Zac est à l’équilibre, comme nous l’avions dit et contrairement, peut-être, à ce que certains imaginaient au départ. Sur les bords de Seine en 2001, il n’y avait rien. Les quatre principaux promoteurs nationaux sont venus. La Zac est dans le développement qui avait été prévu dès l’origine, indépendamment des aléas juridiques qui ont fait que l’on a commencé à concentrer l’action sur la partie qui est autour de l’école. Nous poursuivons l’avancement du quartier. Actuellement, les locaux de la coopérative sont en cours de démolition. Aujourd’hui, l’aménagement de la Zac suit son rythme avec notamment un programme de résidence pour personnes âgées, gérée par le centre Léopold-Bellan, qui viendra à la place de Mantes-Primeurs.
On a craint à un moment que tous les équipements publics promis ne soient pas au rendez-vous. Qu’en est-il ?
L’école Uderzo et la halte-garderie ont été inaugurées l’an dernier. Les locaux de la police municipale l’ont été en début d’année. Nous venons d’inaugurer la maison de la petite enfance. Il restera à réaliser un équipement sportif qui devrait accueillir la gymnastique et probablement l’escrime.
On entend certaines inquiétudes sur la densité de ce nouveau quartier. Que répondez-vous à cette critique ?
On n’a pas la même perception d’image quand un bâtiment est en construction brut de béton et quand il est achevé, occupé, agrémenté des espaces et du mobilier urbain qui vont avec. Objectivement, la densité la plus faible est au Val-Fourré. Plus, on va vers le centre-ville plus la densité augmente. Nous sommes dans une cohérence urbaine.
Le Val-Fourré est l’un des quartiers de France où l’opération de rénovation urbaine est la plus avancée. Qu’est-ce qui a le mieux fonctionné et qu’est-ce qui est à améliorer ?
Globalement, l’ensemble de l’opération fonctionne bien. Si j’avais un vœu à émettre, ce serait que l’on puisse aller plus vite. Entre le moment où la réflexion est aboutie sur ce que l’on veut faire et celui où l’ensemble des procédures se réalise, le rythme semble parfois très lent. Je pense notamment aux jeunes qui n’ont pas la même échelle temporelle. Pour eux trois ans, c’est le bout du monde et c’est bien compréhensible. Sinon pour le reste, on a commencé à voir de très nettes évolutions. Après les Explorateurs et les Écrivains, les Garennes vont suivre. Nous sommes en phase de réflexion sur le reste des Peintres et des Médecins-nord. Le secteur des Aviateurs, lui, est en phase de réhabilitation. Il va nous rester tous les Inventeurs. Maintenant, dans les réunions publiques, la question n’est pas comment va-t-on faire, mais quand est-ce notre tour ? C’est un bon indicateur de l’adhésion de la population à ce vaste projet.
« Le logement sera un des grands enjeux du prochain mandat »
Quels sont, selon vous, les grands enjeux des six ans à venir sur le plan urbain ?
L’un des grands enjeux sera celui de la construction de logements sur toute la ville et de tous types de logements, de façon à avoir de la mixité sociale et à répondre aux besoins des Mantais. Je ne crois pas à la construction massive de logements sociaux au Val-Fourré. Dans ce quartier, il faudra du logement social à taille humaine, mais aussi de l’accession à la propriété traditionnelle.
Nous sommes déjà en train de nous donner les moyens de ces ambitions. Nous avons signé avec le département un CEDOR, (contrat de développement de l’offre résidentielle) pour trois ans. Sur six ans, nous nous sommes donné comme objectif de réaliser 1 000 logements sur la partie ouest de la ville, au Val-Fourré et aux Garennes. J’inclus l’enjeu du logement dans l’enjeu urbain qui comprend la poursuite de la rénovation des quartiers.
Quelle est votre vision sur le plan économique ?
C’est l’autre grand enjeu des six ans à venir. Sur le plan économique, nous devons raisonner à une autre échelle que celle de la ville. Mantes-la-Jolie n’est pas un fortin de Gaulois juste au milieu de l’agglomération. La ville représente plus de la moitié de l’agglomération, elle doit donc s’investir dans toutes les problématiques qui vont au-delà des frontières de la commune, en premier lieu l’emploi et le développement économique.
À ce titre, Mantes Université qui est sur les trois communes de Mantes-la-Jolie, Mantes-la-Ville et Buchelay est un enjeu essentiel. Au-delà de l’offre de logement, cela va surtout apporter sur le territoire de l’activité économique plutôt tournée vers le tertiaire, ce qui diversifiera l’activité jusqu’à maintenant plutôt axée sur l’industrie. L’idée est de faire venir des entreprises principalement dans le domaine des services.
« Donner au Mantois une visibilité qui dépasse le cadre national »
Mantes-la-Jolie et la communauté d’agglomération, la Camy, ont-elles les outils suffisants et nécessaires pour jouer sur les leviers économiques ?
Mantes-la-Jolie et la Camy disposent des structures nécessaires. Le maire de Mantes siège au conseil d’administration de l’Epamsa*. Cet établissement public est la force de l’État qui vient soutenir le Mantois sur le développement. Nous avons la chance d’avoir pu nous doter d’un outil comme l’Epamsa. Nous avons, en plus, l’opération d’intérêt national décidée en mars 2006 avec tout ce que cela représente en terme de moyens supplémentaires. Je rappelle qu’avec l’OIN, nous avons à notre service un dispositif analogue à celui qui a permis de créer les villes nouvelles, en terme d’infrastructures de transports, d’environnement, de développement économique. Oui, nous disposons des outils, plus que jamais.
Sur le plan de la visibilité du territoire et de son attractivité, nous sommes en train de développer un pôle universitaire autour de la mécatronique et des éco-industries. À la rentrée 2010, nous aurons 1 200 étudiants. Nous disposons déjà de laboratoires qui permettent le transfert technologique vers les entreprises. L’innovation technologique est un atout stratégique important. L’ambition est que nous ayons sur le Mantois une dynamique qui dépasse le cadre national. Enfin dans le domaine économique, je n’oublie pas la dynamique commerciale qui est aussi créatrice d’emplois.
Sur le volet social, quelles sont vos priorités ?
Nous devons travailler à la réussite et à l’insertion par l’emploi. En matière de réussite éducative, nous avons engagé un certain nombre de travaux. Mantes-la-Jolie est montrée en exemple.
Mais cela ne suffit pas. En direction des jeunes adultes, la Misprom** s’est restructurée et a amélioré ses résultats. Nous avons le devoir de chercher le plus de qualification possible pour ceux qui n’en disposent pas et de favoriser tous les dispositifs publics pour que tous les jeunes sortis du système et en difficulté d’insertion puissent trouver le lien, l’habitude, le chemin du travail. Le social passe par l’emploi et donc par le développement économique.
Pour moi, la dimension sociale comprend un autre enjeu important, celui du “bien vivre”, du bien-être. Pour cela il faut continuer à améliorer le cadre de vie à Mantes-la-Jolie, poursuivre la politique d’équipements publics et de loisirs notamment en direction des jeunes.
Où en êtes-vous de la préparation de votre liste aux prochaines municipales et de la mise en route de la campagne ?
J’y travaille et je communiquerai le moment venu.
* Epamsa : Établissement public d’aménagement du mantois et de la Seine Aval.
** Misprom : Mission d’insertion socioprofessionnelle du Mantois chargée des jeunes.
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