Nouvel épisode dans le feuilleton du n° 20 rue Gambetta. La présidente de Droit au logement, Monique Bouillaud, et les membres du collectif qui soutiennent les locataires de cet immeuble plus que vétuste ont dû intervenir à nouveau en urgence la semaine dernière.
Durant le week-end et en début de semaine dernière, plusieurs individus ont frappé à la porte des locataires se présentant comme les nouveaux propriétaires : « C’était vendredi soir vers 20 h 30. Un homme s’est présenté qui parlait gentiment. Il m’a expliqué qu’il était le nouveau propriétaire. Il m’a dit qu’il voulait faire des travaux et il m’a proposé de me loger à l’hôtel avec mes deux enfants si les travaux s’avèrent trop importants pour rester pendant le chantier », raconte Farida.
Même scénario à l’étage au-dessus, chez Christelle qui a eu deux visites. La première courtoise, mais à un moment un peu étrange le dimanche à 21 heures. « Ils se sont aussi présentés gentiment. Ils me proposaient de faire des travaux et de me reloger à l’hôtel le temps du chantier. Comme j’étais seule à la maison, j’ai dit qu’il fallait que j’en parle avec mon mari », raconte la jeune femme.
Drôles de visiteurs
La seconde visite, le mardi soir suivant, a été beaucoup moins civile. « Cette fois, ils étaient quatre hommes âgés entre 20 et 40 ans. Ils ont à nouveau dit qu’ils étaient les propriétaires. Mais le ton n’était plus le même. Ils nous ont ordonné de quitter les lieux avant le 15 décembre en affirmant que sinon ils s’occuperaient de nous », raconte la jeune femme qui a déposé une main courante au commissariat.
Dans ce périmètre du centre-ville, toute cession immobilière doit faire l’objet d’une déclaration aux services de la ville qui peut exercer son droit de préemption. Or, renseignement pris, aucune déclaration de la SCI Paul-Touflet ne vient confirmer une cession.
Pour le conseiller municipal Marc Jammet, qui soutient la cause des locataires depuis plus d’un an, il ne fait pas de doute qu’il s’agit d’un stratagème grossier pour tenter de faire partir les locataires.
Rappelons simplement que depuis un an, la CAF, qui payait directement au propriétaire (à travers l’APL) 80 % des loyers, a cessé tout versement, estimant que les logements n’étaient pas aux normes de la location.
« Nous avons écrit au maire pour le tenir informé de cette situation et demander un relogement dans le parc social. Dans le cadre de la mise en place de la loi Dalo (NDR : loi sur le droit opposable au logement qui doit entrer en vigueur au 1er janvier), je dois rencontrer la sous-préfète. Nous évoquerons ce cas particulier », affirme Monique Bouillaud.
« S’il y a vente, le locataire doit être informé six mois avant la fin du bail. Il est prioritaire comme acheteur et dispose de deux mois pour accepter ou non le prix de la transaction », rappelle le collectif qui demande que le cadre législatif soit respecté.




