C’est dans la rue Corneille, sur les hauteurs du quartier, que les démolitions ont débuté il y a quatre ans, là où se trouvaient une longue barre d’immeuble et un porche enjambant la rue (environ 250 logements ont été démolis dans une première phase).
Le collectif de défense et de promotion du logement social “Les Mureaux-Val de Seine” était à l’initiative de ce rassemblement. Des militants de Droit au logement, ainsi que le collectif de la Coudraie et des membres du collectif antidémolitions d’Ile-de-France l’avaient rejoint.
« Nous sommes réunis ce matin pour dénoncer les conditions d’élaboration, les objectifs et la conduite du projet Anru (NDLR, Agence nationale de rénovation urbaine) aux Mureaux, car ce projet constitue une attaque sans précédent contre le logement accessible », a introduit Daniel Vitter président du collectif muriautin de défense du logement social. Les arguments des antidémolitions ne varient pas. Ils estiment que les habitants des quartiers contraints à déménager du fait des démolitions des barres et des tours, n’ont « rien demandé », ont été « tenus écartés des décisions relatives au devenir de leur quartier ». Pour ceux qui doivent quitter leur logement, les relogements proposés sont « trop éloignés » de leur lieu d’habitation d’origine et les loyers flambent.
Où sont les logements neufs ?
« Aucune construction de logement HLM n’a précédé les démolitions (NDLR, cela avait été promis par François Garay le maire), aucun logement neuf n’a vu le jour, alors que vous êtes nombreux à avoir déménagé. Cette situation a un sens clair : les nouveaux logements construits et l’embellissement du quartier, ce n’est pas pour vous ! », a ajouté Daniel Vitter. À ses côtés Mohammed Ragoubi, le porte-parole de la Coordination antidémolitions représentant 50 quartiers inscrits dans la politique Anru, rappelait que depuis 2004 les quartiers des cités sont entrés dans la zone du marché foncier, et que la spéculation conséquente dessert le logement social et ses bénéficiaires.
Leur « colère », les habitants de la Vigne-Blanche la jugent « légitime », car pour eux la rénovation urbaine est bien destinée à « rejeter les familles pauvres hors de la ville ». Au regard de la nouvelle offre de logements (baisse de 6 %), le collectif de promotion du logement social estime que tous les locataires ne pourront espérer être relogés aux mêmes conditions de loyer.
Sur l’esplanade en herbe qui jouxte le parc du château de Bècheville, rue Corneille, 52 logements neufs sont prévus par le bailleur OSICA pour seulement 7 logements sociaux de type PLAI (prêt locatif aidé d’intégration), c’est-à-dire au niveau des loyers pratiqués dans le quartier. Même chose dans le quartier de la cité Renault où le bailleur 3 F a commencé à construire 19 logements dont seulement 7 logements à faible loyer. Des habitants de la Vigne Blanche et de la cité Renault pourraient être exclus de ces nouveaux programmes, alors que la plupart des locataires ont payé le bâti existant au bout de 25 à 42 années de loyers ! L’un d’eux présent samedi matin racontait être locataire depuis 1962 à la Vigne-Blanche, il a donc payé deux fois le prix de son appartement.
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