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Le Sdrif au cœur du débat à la Camy
L’enquête publique sur le schéma directeur d’Ile-de-France sera bouclée le 8 décembre. Mardi soir, la Camy a émis un avis défavorable au terme d’un vote partagé, dix-huit voix pour, dix contre et deux abstentions.


Francine Carrière

Le Courrier de Mantes
Publié le:  05 décembre 2007
Page 7 

Depuis quelques mois à la Camy, la vie ressemble un peu à un long fleuve tranquille. Les conseils communautaires se ressemblent dans l’ambiance d’un consensus retrouvé. Quelques abstentions de temps en temps. De rares votes contre. Bref ça ronronne gentiment.

Mardi soir, le conseil semblait prendre le même chemin avant que la dernière question à l’ordre du jour ne réveille l’assemblée dans un débat qui est resté très courtois. Il s’agissait de délibérer sur un avis défavorable au projet de révision du schéma directeur de la région Ile-de-France, un document qui doit fixer les grandes lignes de l’urbanisation et du développement de la région parisienne pour les quinze à vingt années à venir.

Le Mantois oublié ?

« Le SDRIF n’offre pas de réelles perspectives de développement économique en faveur des Yvelines et notamment du Mantois », estime la majorité de la Camy. Le président Dominique Braye (UMP) considère qu’il « ne tient pas suffisamment compte de la mise en place de l’Opération d’intérêt national (OIN) Seine-Aval » et lui reproche de « privilégier des projets d’urbanisation plutôt qu’un développement cohérent et ordonné de l’offre économique et de l’offre résidentielle ».

L’une des principales critiques porte sur le problème des déplacements à la fois en ce qui concerne les transports ferroviaires et les liaisons routières. Pour Dominique Braye, la plus grosse lacune porte sur le manque de liaison du Mantois avec les deux pôles économiques que représentent les villes nouvelles de Cergy-Pontoise et de Saint-Quentin-en-Yvelines. « Nous voulons les infrastructures d’abord et les logements après », a résumé le président. « Il suffit de regarder les cartes pour voir que le Mantois est un désert et que l’incidence des autres régions, notamment de la Normandie, n’a pas été prise en compte », a ajouté Maurice Boudet, le maire de Rolleboise. Pour Michel Sevin, maire adjoint de Mantes-la-Jolie, cette situation vient du fait que le Scot (schéma de cohérence territoriale du Mantois) est en panne : « Nous n’avons rien face au SDRIF », a-t-il souligné.

La parole à la défense

« Des critiques bien sévères pour un projet qui a été élaboré de façon démocratique et qui présente une nette amélioration du réseau ferroviaire à partir de 2009 », selon André Sylvestre le maire PS de Magnanville. Une opposition qui relève de visées politiciennes sous-jacentes, d’après Patrick Lefoulon (maire adjoint de Mantes-la-Ville). Ce dernier a rappelé que jusqu’à l’élection présidentielle « l’État avait collaboré à l’élaboration du SDRIF » avant que ne s’élève le concert des critiques.

Mais c’est tout naturellement la conseillère régionale socialiste Françoise Descamps-Crosnier (maire de Rosny) qui a développé les arguments de la défense. Selon elle, le projet de schéma directeur « organise l’aménagement dans une perspective de développement durable et de consolidation de l’attractivité de l’Ile-de-France au niveau international ». « Même s’il n’est pas parfait, le document prend en compte les déséquilibres sociaux. Il met en exergue un maillage plus dense des transports, prend en considération la crise du logement et la flambée de l’immobilier ».

Elle a également rappelé que l’OIN avait été intégrée : « En cohérence avec la politique du département des Yvelines, il y a une véritable volonté de donner les conditions d’un développement équilibré de la Seine-Aval ».

Elle a aussi voulu rassurer les élus sur la possibilité de créer une vraie déviation sur la vallée de la Mauldre et un contournement de la vallée de la Seine au nord, le fameux C13-F13.

La Camy partagée

« Vous savez bien que les réserves foncières inscrites et le texte adopté permettront de réaliser une vraie voie de contournement de la vallée de la Mauldre en bordure de plateau et non des petites déviations locales en fond de vallée dont nous avons parfaitement conscience qu’elles sont irréalistes. Quant au C13-F13, il est toujours inscrit », a-t-elle conclu. Pour rappel, le projet de C13-F13 est repoussé aux calendes grecques depuis plus de 40 ans. Le président du conseil général Pierre Bédier a annoncé que le département était prêt à financer sa réalisation.

À l’issue du débat, les votes ont été plus partagés qu’on aurait pu l’imaginer. L’avis défavorable l’a emporté par dix-huit voix pour, dix contre et deux abstentions.

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7 juillet 2008
 

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