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Votre maire se représente-t-il ?
Si la plupart des maires des grandes communes se sont déclarés officiellement pour les municipales de mars prochain, qu’en est-il des maires des communes de taille moyenne et des villages ? Le Courrier a fait le tour des 117 communes de l’arrondissement de Mantes et leur a posé la question : « Vous représentez-vous ? » Voici le point sur les candidatures à trois mois des élections.
Le Courrier de Mantes
Publié le:  05 décembre 2007
Page 8 

Les maires de l’arrondissement de Mantes sont plutôt contents de leur sort. Sur les 117 communes, ils ou elles sont d’ores et déjà soixante-douze prêts à repartir aux municipales de 2008. Dix-neuf ont choisi de rendre leur écharpe. Sept hésitent encore ou ménagent le suspens.

Serein, Gérard Béguin, le maire de Sailly (353 habitants) fait partie de la majorité de ceux qui se présenteront à nouveau devant les électeurs en mars prochain. Ce n’est pas pourtant qu’il ne s’interroge pas : « On sent bien parmi les maires des petites communes qu’il y a un malaise. Ce n’est pas évident de concilier un métier qui nous fait vivre et une fonction qui nous occupe de plus en plus », affirme-t-il.

Le poids des responsabilités pèse aussi sur les épaules de ces élus des communes rurales : « La tâche est lourde sans parler des risques juridiques. Heureusement, le législateur a compris que si l’on continuait à mettre toutes les responsabilités sur le dos du maire, il n’y aurait à la fin plus personne pour se présenter. »

Gérard Béguin évoque aussi la complexité des compétences requises quand il n’y a pas de gros services pour épauler les élus. Un souci partagé par l’ensemble des maires de France (lire notre encadré ci-dessous). Heureusement, les administrations de proximité, la sous-préfecture et le département apportent un réel soutien. « Nous avons des difficultés surtout avec la grande administration et certains services comme EDF ou France Télécoms. Là, on a du mal à cerner le bon interlocuteur. On perd un temps fou. »

Question de temps

Le temps, c’est selon lui le problème numéro un. Que l’on soit maire, adjoint ou simple conseiller, pour tous la question est la même : comment dégager du temps entre vie professionnelle et familiale pour le consacrer à la collectivité ? « Pour les femmes, c’est encore plus difficile. Pour celles qui se présentent, c’est d’autant plus méritoire », souligne Gérard Béguin qui s’inquiète de voir que la relève a du mal à suivre : « Ça devient de plus en plus dur d’avoir des maires encore en activité. Bien sûr, je n’ai rien contre eux, mais nous ne pouvons pas avoir une France de maires retraités. Il faut conserver un équilibre entre élus encore en activité professionnelle et retraités », estime Gérard Béguin.

Même si pour lui, la fonction de maire est avant tout un enrichissement humain et la question de l’argent secondaire, il reconnaît que les indemnités ne sont pas encourageantes pour les maires des communes de moins de 500 habitants qui perçoivent tout juste 600 euros et prennent tous les frais de déplacements à leur charge. « Les élus des communes de moins de 1 000 habitants touchent le double alors que la somme de travail et le temps de réunion sont les mêmes. Cette barrière est injuste. J’ai milité auprès des parlementaires pour qu’on la supprime », explique-t-il. En vain jusqu’à maintenant.

La difficulté à trouver des jeunes prêts à reprendre le flambeau conduit certains maires à faire un mandat de plus que ce qu’ils auraient souhaité. Par exemple à 70 ans passés, André Jezequel a hésité longuement avant de repartir. Quarante-trois ans de bons et loyaux services, comme conseiller municipal, puis adjoint, puis maire, ça use !

Pour les villages, la planche de salut viendra-t-elle de l’intercommunalité ? « Dans la vie quotidienne, ça ne change rien. C’est toujours le maire qu’on vient trouver. Mais pour l’urbanisme, l’assainissement, les gros dossiers, c’est un plus. Le seul problème, ce sont les réunions supplémentaires », confie Gérard Ours, le maire de Mousseaux à la sortie du conseil communautaire de la CAMY, sur les coups de minuit, ses dossiers sous le bras. N’empêche, lui aussi est prêt à repartir.

Francine Carrière

Pour cette enquête, nous avons joint une grande majorité de maires directement. Certaines candidatures étaient connues sans être encore officielles. Nous les avons donc publiées. Lorsque nous n’avons eu aucune information fiable sur les intentions du maire sortant, nous nous sommes abstenus. Ce sont les dix-neuf communes en jaune sur la carte ci-contre.

F.C.

« Un mandat passionnant, mais que de lourdeurs ! »

Quel est votre sentiment sur la fonction ?

Il est très partagé. Certains jours, je suis heureux, je me sens utile. C’est passionnant. Les autres, je me dis qu’être maire, c’est vraiment pénible. Heureusement que les adjoints sont là. C’est un travail d’équipe, y compris avec les autres maires qui ont fait preuve d’une grande solidarité. Ils m’ont grandement aidé. J’ai même eu l’impression d’être le gamin de certains, alors que je suis parfois plus âgé qu’eux !

Quels sont les aspects difficiles du quotidien ?

Ce sont souvent les règlements des problèmes de voisinage, à cause d’une tondeuse mise en route un peu tôt le dimanche matin, par exemple. Mais ce sont d’abord les lourdeurs administratives : chaque fois que je signe un document, il faut le faire en trois ou quatre exemplaires. Depuis la réforme du permis de construire, il faut même les envoyer en recommandé.

J’admets volontiers la nécessité de contrôles, mais elle implique des délais énormes pour monter un projet. Après un an de mandat, je n’aurai même pas pu réaliser les travaux de voirie engagés par mon prédécesseur !

Un autre exemple ?

J’ai eu l’idée de créer une salle informatique pour l’école dont il faut aussi clôturer la cour. Les problèmes sont, là encore, d’ordre administratif : le temps de tout préparer, on ne pourra rien concrétiser avant le prochain mandat. Et même pas la première année.

Quelles réformes proposeriez-vous ?

On pourrait gagner du temps, et de l’énergie, sur la recherche de subventions. Pour le budget communal, je préférerais disposer de davantage de recettes émanant directement des impôts collectés par la région ou le département. Les administrations pourraient exercer un contrôle a posteriori.

Des satisfactions quand même ?

Oui ! Notre projet de vingt logements à loyer modérés pour nos jeunes et nos personnes âgées. C’est une réhabilitation de locaux, par l’Opievoy. Ils ne vont rien coûter à la commune. Il y a aussi eu, récemment, la cérémonie d’hommage au cycliste Sandy Casar où la participation des habitants a été massive.

Êtes-vous finalement candidat à votre succession ?

Oui, avec une équipe en partie renouvelée.

Propos recueillis par F. Le B.


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