Près d’une centaine d’habitants de Bonnièrois, et pas mal d’élus, ont répondu à l’invitation de l’association, dont le discours a été jugé « alarmiste, populiste et démagogique » par un intervenant.
Le secrétaire, Daniel Vaugelade et le président André Rey, qui avaient distribué 2 000 tracts pour cette réunion, en ont pris pour leur grade sur la forme. Sur le fonds, en revanche, en dehors des élus du canton, familiers de cette opération conduite par l’Etat qui doit amener davantage de transports, de logements et de croissance économique dans la vallée de la Seine, plusieurs habitants ont démontré une nécessité d’une plus large information autour du sujet.
Concertation
Pour les représentants de l’association locale, il s’agit d’en obtenir justement un peu plus et de faire entendre leur voix, et celle des élus, dans la préparation des dossiers, sans attendre des propositions des bureaux d’étude.
« En période électorale, notre tradition est de rester neutre. Il n’est pas question pour nous de critiquer qui ce soit, juste de renseigner », indique André Rey.
Daniel Vaugelade est longuement revenu sur les grands principes de l’OIN sur laquelle « tout le monde est d’accord : on ne s’y oppose pas », avant de pointer l’absence de concertation, en amont, avec les habitants.
« Il existe dans le protocole de l’OIN, qui n’est pas disponible sur Internet, un chapitre sur le conseil de développement, poursuit Daniel Vaugelade. Il associe les acteurs sociaux lors de la mise en œuvre d’un projet de territoire. Or, ce conseil n’est toujours pas mis en œuvre. » Le secrétaire affirme avoir interrogé l’agence d’urbanisme (Audas) qui suit le projet : « Ils ont reconnu que cela aurait dû être fait. Ce sera le cas en avril 2008. »
« Rien n’est décidé »
Le volet des constructions de logements, à Bonnières comme à Freneuse, suscite également beaucoup de questions… et de polémiques. Daniel Vaugelade rappelle le cadre de préemption de « cinquante hectares de terrain à Freneuse et à Bonnières » qui ont une vocation, selon lui, immobilière. Son propos s’appuie sur un document de l’Institut d’aménagement et d’urbanisme de la région (Iaurif), selon les calculs duquel le rythme de construction « reviendrait à doubler la population d’ici dix ou quinze ans. Cela va donner un aspect de ville-dortoir. »
Les représentants de l’Upbmh craignent une saturation des réseaux routiers et plus encore du réseau ferré, déjà bien chargé. « Certes, rien n’est décidé, nous pouvons donc encore agir sur les projets », dit encore Daniel Vaugelade.
Le directeur de l’Epamsa, en charge de conduire l’opération d’intérêt national, Nicolas Samsœn, a jugé « l’analyse » construite à partir des éléments de l’Iaurif « étonnante ». « C’est un peu n’importe quoi », a-t-il lâché à la lecture du document.
Et de rappeler « qu’aucun projet ne pourra être engagé sur une commune sans l’engagement de celle-ci. L’OIN n’a aucun moyen de lui imposer quoique ce soit. » En clair, les communes conservent leur maîtrise foncière.
Quant à la consultation des habitants, elle pourra avoir lieu au cours des enquêtes publiques.
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