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Mohammed Sik s’y verrait bien. |
Candidat aux dernières législatives sous l’étendard des Verts, le Muriautin Mohammed Sik avait fait un score de 7,5 %. Cette élection lui a permis de se faire connaître et les municipales ne seraient qu’une « continuité ». À lui seul, il pourrait symboliser les déchirements de la gauche locale et ses dégâts collatéraux. Candidat vert, il affrontera d’autres candidats verts, et parmi eux un emblématique, Albert Bischerour candidat aux cantonales et membre de la municipalité Garay sortante. Rappelons qu’en 2001, François Garay (DVG) a pu être élu grâce à une alliance allant des Verts au Parti socialiste.
Bien-être et mobilité résidentielle, mixité sociale, respect de la dignité, démocratie participative, Mohammed Sik souhaite « valoriser les Muriautins et la famille muriautine ». Le logement vient en première place des préoccupations du candidat de 47 ans, professeur de physique-chimie. Suivent ensuite l’éducation, l’accès à la culture, les transports, l’environnement, la cohésion sociale. Des domaines où selon lui l’équipe de François Garay n’aurait pas vraiment « excellé ».
Le logement, sujet de divisions profondes à gauche, sera à n’en pas douter une des questions déterminantes de cette élection locale. La rénovation urbaine est, on le sait, fortement contestée à l’extrême gauche. Mohammed Sik estime que la municipalité en place, pourtant du même bord que lui, n’a fait que conduire une stratégie d’« épuration sociale » (sic) des quartiers HLM.
Il va même jusqu’à croire, - ce que d’autres n’osent pas dire -, que « la municipalité Garay a une aversion pour le logement social ». Même l’accession sociale à la propriété, qui doit diversifier l’offre résidentielle, « n’a pas les faveurs du maire », condamne-t-il. C’est oublier peut-être que plusieurs programmes identifiés comme tels sont en cours de réalisation.
« Au moment où l’État lance le pavillon à 100 000 euros, la municipalité a refusé de mettre en place un programme semblable à celui de Mantes-la-Jolie (NDLR, la ville de Mantes a inauguré la maison à 100 000 euros) », constate Mohammed Sik.
Sur le plan du développement et de l’essor des Mureaux, le candidat regrette que les ambitions de la municipalité ne soient pas « à la hauteur des enjeux territoriaux ». Mohammed Sik veut travailler, s’il est élu, au développement d’un pôle universitaire. Et il lie la problématique estudiantine à celle du logement : « les jeunes muriautins qui poursuivent des études, comme les jeunes salariés, sont en droit d’attendre un logement dans le parc social. »
La cible Garay
« Antisociale », la politique menée depuis 2001 serait aussi « anti-écologique », un comble pour une municipalité qui s’est efforcée d’obtenir la norme Haute qualité environnementale pour toutes les nouvelles constructions, que ce soient des bâtiments administratifs (mairie) ou les nouveaux programmes de logements ! Deux projets montrent encore, selon Mohammed Sik, le manque de sincérité écologique de la gestion actuelle : « Que cela soit la destruction des bois de Verneuil avec le projet de tracé de la nouvelle déviation (NDLR, un projet du Département), ou bien le projet de crématorium dont les impacts nocifs pour la santé sont démontrés, François Garay s’assied sur les fondamentaux de l’écologie, et ne tient pas compte de l’avis des habitants. » « Ni écologiste, encore moins populaire (NDLR, l’écologie populaire est le courant auquel appartient Mohammed Sik chez les Verts) », le maire sortant n’aurait en plus que « mépris » pour le citoyen et pour la « nécessaire concertation » avant toute décision engageant l’avenir de la population. Le candidat reproche, comme le fait d’ailleurs François Gerber à droite, l’absence de véritables conseils consultatifs : « le conseil municipal des enfants c’est bien, mais il faut aussi penser aux parents ! »
On a compris que Mohammed Sik aura à cœur de viser la cible Garay tout au long de cette campagne… qui s’annonce tumultueuse, et que l’on espère passionnante.
Il termine enfin en reprochant au maire sa « schizophrénie politique », un qualificatif qu’il justifie par le fait que ce dernier laisserait se présenter le socialiste Michel Vignier (PS) face à Albert Bischerour (Les Verts). Le socialiste ne s’est toutefois pas encore déclaré. « Rivaux à la cantonale, les candidats seront colistiers aux municipales. Qu’est-ce que les électeurs vont y comprendre ? » Mohammed Sik digère probablement mal le fait de s’être fait doubler par Albert Bischerour à la primaire. Avec en prime une section verte divisée entre pro et anti-Garay, c’est vrai que la situation politique est ici plutôt complexe. Mais quelque chose nous dit qu’on va s’amuser !




