Deux jours après l’annonce du plan hiver, présenté par Christine Boutin à Paris, la préfecture des Yvelines a fait à son tour état du dispositif qu’elle comptait mettre en place pour les sans-logis. Au 1er décembre, elle disposera au total de 753 places, soit une centaine de plus que l’an dernier, dont 567 permanentes, 150 de renfort hivernal et trois de “grand froid”. 582 sont installées dans des structures d’accueil et 171 en hôtel. Ce qui fait dire au directeur de la Ddass, Luc Paraire, que « le département se situe dans la moyenne régionale ». La nouveauté de l’année, c’est l’élargissement des horaires d’ouverture de ce qui bien souvent se résumait à un accueil de nuit : ces centres seront désormais ouverts de 17 heures à 9 heures durant la semaine et 24 heures sur 24 le week-end.
L’État veut aussi renforcer l’accueil sur le plan qualitatif en réservant 125 places à des sans-abri particulièrement « abîmés, au sens médical du terme » en menant auprès d’eux « une action sociale individuelle, en essayant avec eux de trouver des solutions » ; bref « ne pas se contenter de leur offrir le gîte et le couvert ». Il ne s’agira plus là d’un accueil journalier, mais « d’un séjour d’une durée moyenne » dans une structure ouverte 24 heures sur 24, et sept jours sur sept.
Par ailleurs, la transformation de dix-sept places d’hébergement d’urgence a été financée cette année. Mais pour permettre aux personnes en difficulté et sans logement d’éviter de sombrer, ou de se resocialiser, il faut aller plus loin. C’est le but des maisons relais. Menées par une “gouvernante” ou par un couple, elles offrent plus qu’un gîte, mais un toit, une adresse, un lieu à soi, durant une période déterminée. La première a été ouverte par Habitat et humanisme à Versailles en 2006, une seconde vient d’ouvrir à la mi-novembre dans l’ancien foyer Aftam près de la gare d’Achères Grand Cormier. Et la Ddass compte bien sur la ville de Rambouillet pour faciliter l’ouverture d’une troisième. Car les choses ne sont pas aussi simples : d’abord parce que les lieux possibles ne sont pas légion, mais aussi « parce que les rapports avec les riverains sont complexes », explique pudiquement le directeur de la DDASS, qui ajoute « nous avons des problèmes de tolérance sociale ». Euphémisme…
Le 115 sur les dents
Tout le monde connaît le numéro d’appel d’urgence. Ici aussi l’heure est à la mobilisation. L’équipe du standard a été renforcée et la Croix rouge a commencé ses maraudes. Reste un problème majeur : la faiblesse de la marge de manœuvre. La très grande majorité des 753 places existantes sont occupées très tôt et le volant des disponibilités tourne autour de 5 à 7 %. Le directeur de la DDASS le reconnaît : « Il y a peu de places, mais il y en a… ». En cas de grand froid, « la capacité de centres d’accueil de nuit gérés par l’hôtel Saint-Yves à Mantes-la-Jolie et au Secours catholique sera portée à 49 places avec le concours de l’Ordre de Malte ». La préfecture a d’ailleurs l’œil rivé sur le thermomètre, et c’est en fonction des prévisions à trois jours qu’elle renforcera son plan hivernal.
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