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Les pompiers en colère contre la vétusté de leur caserne


Francine Carrière

Le Courrier de Mantes
Publié le:  28 novembre 2007
Page 28 
— Une cinquantaine d’hommes, la moitié de la caserne a fait le déplacement pour manifester à Magnanville.

La coupe est pleine à la caserne des Mureaux. Les sapeurs-pompiers professionnels comme volontaires n’en peuvent plus de travailler dans des locaux vétustes et totalement inadaptés à l’activité d’un centre de secours principal. Lundi après-midi, ils sont venus dire haut et fort leur ras-le-bol en menant une intervention plutôt inhabituelle : ils ont occupé les bureaux de l’état-major du groupement ouest dont ils dépendent, à Magnanville. Une opération à laquelle ont participé tous les hommes qui n’étaient pas de permanence ce jour-là. « C’est une action commune de l’ensemble du personnel qui regroupe tous les syndicats et les non-syndiqués », explique Benoît Vanhaecke, secrétaire général de la CGT des pompiers des Yvelines.

Tout le monde a signé la pétition

Les manifestants ont remis une motion signée par toute la caserne (une centaine d’hommes) exigeant qu’un budget soit immédiatement débloqué pour remettre les locaux datant de 1974 en état.

La liste des griefs est longue : quatre douches et un ballon d’eau chaude de 300 litres pour quinze hommes de permanence. Autant dire qu’au retour des interventions, des exercices ou des séances d’entraînement sportif (le maintien des acquis physiques est obligatoire), il y a la queue aux douches et que les derniers ont droit à de l’eau froide. Et ce n’est qu’un détail : les huisseries sont fichues, il y a des infiltrations d’eau quand il pleut. Faute de locaux, les appareils de musculation ont été installés dans la remise entre les véhicules qui passent à l’entretien. Il n’y a pas d’aire de lavage, les véhicules sont nettoyés à même la cour de la caserne.

Le sol du préfabriqué qui sert d’accueil est affaissé. Au début du mois, un visiteur d’un certain âge a failli même tomber. Et pour finir le tableau : dans quelques semaines, le parking réservé aux voitures du personnel sera supprimé pour laisser place à un programme immobilier.

« Notre précédent chef de corps avait présenté une estimation pour remettre les locaux à niveau qui s’élevaient à 400 000 euros. Comme nous n’avions rien obtenu, le nouveau chef du centre a joué la carte du strict nécessaire et demandé une enveloppe de 90 000 euros de travaux. Même ça, nous ne l’avons pas obtenu », expliquent les pompiers. « Depuis plus de six mois, le président du Sdis, le service départemental d’incendie et de secours, André Cassagne ne répond pas à nos demandes d’entrevue », enchaînent les syndicats.

À quelques jours de la passation de commandement au groupement ouest prévue le 6 décembre, les pompiers ont voulu marquer le coup. Il semble qu’ils aient été entendus. Reçus par le lieutenant-colonel Lorteau, le chef du groupement ouest, ils ont obtenu l’installation en urgence d’une nouvelle chaudière. D’autres travaux de remise en état pourraient être engagés dans les six mois à venir.

15 ans de promesses non tenues

La situation de la caserne n’est pas le fruit du hasard. Voilà maintenant quinze que l’on prévoit de la déménager, notamment parce qu’elle se trouve aujourd’hui complètement enclavée dans le quartier résidentiel qui longe la voie de chemin de fer. Plusieurs sites ont même été envisagés. Le dernier en date se trouve en bord de Seine sur un bout de terrain de l’ancienne base militaire du 1er GHL. L’accès est inondable, cependant il suffirait de surélever la route pour être au-dessus de la crue de 1910. Mais on n’en est pas là.

« Cela fait des années qu’à chaque Sainte-Barbe, le président du Sdis André Cassagne nous promet une caserne pour dans quatre ans. Mais tout est au point mort », rappelle Benoît Vanhaecke. Pire, comme la caserne doit être transférée, on n’entreprend pas de travaux. Magnanimes, les pompiers reconnaissent que la cuisine, la salle de détente ont été refaites, ainsi que les faux plafonds. Mais pour eux bien sûr, le compte n’y est pas.

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