« Les portes de l’hôpital, pour qu’elles fonctionnent bien, doivent être connectées à quelque chose et toujours ouvertes », a introduit Danièle Lacroix la directrice de l’hôpital de Meulan l’autre mardi, jour d’inauguration des urgences. Fini les « zones tampons » et les couloirs encombrés par les brancards de patients attendant qu’un lit se libère pour être hospitalisé. Hier les urgentistes de Meulan travaillaient dans « un espace très étriqué » et les patients étaient reçus dans des locaux peu confortables. La direction de l’hôpital se félicite ainsi d’avoir pu obtenir les crédits pour rénover un des piliers des services de la santé publique, un service qui permet de « maintenir dans la chaîne du soin les populations les plus vulnérables ». « Les urgences offrent aux plus démunis la possibilité de voir des médecins et d’y trouver un complément d’écoute », rappelle Danièle Lacroix.
La grande nouveauté, c’est l’ouverture d’une UHCD, “Unité hospitalière de courte durée”, qui permet de garder en observation un patient pour une durée de 24 heures à 36 heures. Cette hospitalisation de courte durée permet aux médecins urgentistes de « lever les doutes » en procédant à toutes les investigations médicales nécessaires sur le patient. Elle permet par exemple d’hospitaliser plus vite en cas d’intoxication médicamenteuse.
Plus de personnel
Pour ouvrir ce nouveau service, les locaux des urgences ont été complètement reconfigurés. La partie UHCD a été réalisée à la place de l’ancien restaurant du personnel (installé dorénavant sur une charmante péniche). Les urgences étendues sur 400 mètres carrés supplémentaires (surface totale de 960 mètres carrés) comprennent aujourd’hui cinq salles polyvalentes pour la médecine et la traumatologie, une salle d’examen avec électrocardiogramme pour les premiers soins, deux salles d’examen d’urgence vitale avec réanimateur, et une dizaine de lits d’hospitalisation dans des chambres séparées. L’architecte a rendu ces lieux clairs, et les lignes courbes des couloirs adoucissent la gravité des lieux.
Au terme de cette rénovation, les urgences ont aussi accru leur personnel. Une infirmière chargée de l’organisation et de l’accueil (infirmière IOA) gère l’afflux des patients et les oriente selon leur pathologie, tandis que deux médecins urgentistes sont présents en permanence. Le lien avec la psychiatrie a aussi été renforcé avec la permanence d’une infirmière psychiatrique et d’un psychiatre.
« Nous sommes là pour répondre à l’urgence ressentie. Notre mission est ensuite de trier et d’orienter », indique le chef du service Benoît Couderc. L’hôpital continue de travailler très étroitement avec la médecine de ville, la maison médicale des Mureaux (ouverte de 20 heures à minuit en semaine sauf le dimanche soir, permanence le dimanche après-midi) et l’association des médecins du canton de Meulan (une garde est assurée le samedi après-midi et le dimanche matin). Les urgentistes estiment que la population n’est pas encore assez éduquée à « bien utiliser le système de soins ».
Inutile donc de se présenter aux urgences pour obtenir un certificat médical pour une activité sportive (ce qui arrive !). Une rage de dent est en revanche considérée comme une « urgence » véritable. Le bon sens aide aussi à mieux utiliser le réseau de santé publique.
Chiffres
• 22 000 patients par an
• 40 à 90 patients par jour
• 21 infirmières, 8 aides-soignantes, plus les brancardiers
• Il faut compter 5.8 agents pour un poste d’infirmière occupé jour et nuit
• 3 infirmières en permanence
• 70 % patients ressortent des urgences sans être hospitalisés
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