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Jean-François Quersin, l’un des rares Mantais à lever encore de la fonte. |
Les haltérophiles mantais, désormais tous vétérans (on est vétéran à partir de 35 ans), font figure de résistants dans un monde qui n’aime plus guère leur discipline : trop exigeante, pas assez télégénique. Tous les clubs alentour ont disparu, ou se sont reconvertis dans la musculation. À l’ASM même, le noyau de compétiteurs s’est réduit à six ou sept hommes. Et c’est à la muscu que la salle doit d’être toujours très fréquentée.
Dans le gymnase de la rue de Lorraine, de vieilles photos témoignent du passé glorieux de l’une des plus anciennes sections de l’ASM. On identifie sur l’une d’elles, qui représente la fière équipe de 1954, Michel Vaurabourg, 78 ans aujourd’hui, toujours actif au sein de la section même s’il a cessé de soulever des poids. Vaurabourg est le responsable du comité des Yvelines de la Fédération française d’haltérophilie, musculation, force athlétique et culturisme (FFHMFAC).
Christophe Madrelle et Christian Alleaume, les deux plus jeunes compétiteurs de l’ASM, sont nés en 1971. Alleaume a été champion de France vétéran 1 en 2006, champion d’Ile-de-France en 2007. Dans l’équipe qui rencontrera ce week-end Massy et Gennevilliers, on trouve aussi Jean-François Quersin et Francis Gilles. Quersin, 40 ans, tire depuis l’âge de 16 ans : un vieux de la vieille, lui aussi. Ça ne l’empêche pas de lever régulièrement 80 kg à l’arraché et 100 kg à l’épaulé-jeté.
L’entraîneur Daniel Vacelet constate que « le club n’arrive plus à recruter. Les jeunes sont beaucoup plus attirés par la musculation, ils trouvent l’haltérophilie trop contraignante. Tous les clubs connaissent la même situation ». Pour renouer avec la jeunesse, Vacelet pense qu’il faudrait « proposer des initiations dans les collèges et lycées, mais nous n’avons pas les forces pour cela aujourd’hui ».
Mouvement olympique
Le président Michel Djebari oppose « la facilité des appareils de musculation », dont n’importe qui peut se servir, à la difficulté « très, très technique, du mouvement olympique ». Djebari aimerait fait un sort à cette idée selon laquelle les haltérophiles seraient des athlètes à la musculature hypertrophiée : le meilleur tireur de l’ASM Christian Alleaume n’est-il pas un garçon presque fin…
À Julien, 16 ans, venu au club pour la musculation, Michel Djebari a proposé une initiation à l’haltérophilie, sans lourdes charges précise-t-il, interdites pendant la croissance. Julien a plutôt aimé les haltères : « Je connaissais à peine l’existence de la discipline. Elle exige de l’agilité, de la force explosive. J’ai trouvé finalement ça plus éprouvant que la musculation. »
D’autres jeunes sont venus ces derniers temps, mais le plus souvent dans le cadre d’une préparation physique pour le rugby et le canoë-kayak. Le spectacle, à l’occasion de la dernière coupe du monde, de rugbymen levant des haltères a pu redonner un peu de prestige à une discipline parfois perçue comme archaïque.




