« J’ai trouvé cet équipement de vidéosurveillance en arrivant en 2001. Pour ma part je n’acceptais pas les caméras… », étonnante déclaration de la part de François Garay (DVG) qui n’a cessé de renforcer la surveillance vidéo aux Mureaux ! Même « cantonnée sur les axes de circulation » (sic), on sait qu’une caméra a une capacité de zoom redoutable, dès lors la vie privée n’est pas forcément préservée. C’est comme cela qu’en octobre 2004, une équipée de policiers avait pris d’assaut un immeuble des Musiciens éloigné de 200 à 300 mètres des caméras de l’avenue Paul-Raoult, parce qu’un enfant qui jouait avec un pistolet à billes devant sa tour avait été pris par les opérateurs de contrôle pour un dangereux malfrat circulant avec une arme de poing ! (relire notre édition du 13 octobre 2004).
En août 2006, nous nous étions déjà fait l’écho des velléités municipales d’accroître encore la surveillance de l’espace public. Le projet était à l’époque de porter la vidéosurveillance à 25 caméras, soit 5 de plus que l’existant. Les caméras ont pour la plupart été placées en centre-ville depuis. On en voit une très belle perchée en haut de son pylône face à la mairie, place de la Libération.
Onze caméras supplémentaires donc ont été récemment budgétées (120 000 euros), nous en serons à 36 caméras très bientôt, elles occuperont une partie de la zone d’activités des Garennes. La municipalité prévoit aussi d’acquérir des écrans plasma pour le contrôle (32 000 euros) « afin d’améliorer les conditions de travail des agents du centre de sécurité urbaine (CSU) ». « Nous avons travaillé avec les services nationaux sur ce sujet », argumente Marianne Cantau première adjointe à la sécurité.
Convertis à la religion du contrôle de l’espace social, Les Mureaux font toutefois moins bien que Mantes-la-Jolie qui prévoit l’installation de 50 caméras réparties au centre-ville et à Gassicourt.
« Flicage de la population »
L’attaque des opposants à la vidéosurveillance ne s’est pas fait attendre. Joseph Tréhel (PC) a stigmatisé en séance publique du conseil « l’opacité de la gestion de la vidéosurveillance » dont la ville a la charge. « Où sont les caméras ? Quelle information est délivrée aux habitants ? Quel travail partenarial avec la population ? La concertation est indispensable sur un sujet pareil… », estime-t-il. La politique en matière de sécurité publique, dont Marianne Cantau la première adjointe est responsable, fut aussi qualifiée de « flicage de la population » par Joseph Tréhel. « Vous privilégiez la répression, vous êtes dans la lignée de tous ces maires… », lançait-il à l’exécutif du conseil. Aussi a-t-il demandé que la délibération prévoyant l’accroissement du contrôle vidéo soit suspendue au dernier conseil, mais elle a été votée (deux oppositions à gauche et abstentions à droite).
Il est bon de noter que les remarques très enlevées de Joseph Tréhel n’ont pas vraiment été très différentes de celle de l’opposition UMP, puisque Michel Raynal critique la gestion très flou du CSU : « Il n’y a aucun rapport d’activité », déplore-t-il. En guise de réponse, Marianne Cantau a expliqué à l’opposition que l’opportunité de fonds supplémentaires s’est présentée et que la ville l’a saisie : « l’État débloquait des fonds pour ce type de projet et pouvait accorder des financements. “On les ouvre ou pas”, c’est ce que nous a dit le préfet… ».
De l’argent public pour la surveillance
La préfecture des Yvelines a accordé un financement complémentaire à la ville des Mureaux, issu du fonds interministériel de la prévention de la délinquance, d’un montant de 168 460 euros. Ce financement sera affecté principalement à l’extension de la vidéosurveillance pour 152 000 euros.
En fait, les fonds interministériels de la prévention de la délinquance sont très majoritairement utilisés pour la vidéosurveillance (c’est le cas aux Mureaux), l’autorité publique encourageant les municipalités à l’installation de ces technologies.
Ces fonds sont consacrés minoritairement à d’autres projets, pour 15 000 euros, la ville va créer un poste de coordinateur CLSPD (comité local de sécurité et de prévention de la délinquance) au sein du service de prévention des risques urbains. Et 1 460 euros financeront des « alternatives aux sanctions liées aux incivilités ».






