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Candidate ou pas en 2008 ? Marie-Françoise Savigny, adjointe aux affaires sociale et au logement, réfléchit.

« Faciliter l'accès au logement pour tous »
Marie-Françoise Savigny, adjointe socialiste au logement et aux affaires sociales, et Albert Bischerour (Les Verts), adjoint délégué à l’habitat et au cadre de vie, font à notre demande le bilan du mandat municipal sur les questions du logement et des affaires sociales. Quoi de plus sensible et de plus essentiel aux Mureaux ? L’opposition réagit à son tour, et critique ce bilan.
Le Courrier de Mantes
Publié le:  21 novembre 2007
Page 34 

« Pour moi, le logement est la question la plus importante dans une vie. C’est le lieu où l’on se crée. Au cours de ce mandat nous avons voulu nous préoccuper de la question du peuplement du logement. Pour cela, nous avons établi un diagnostic qui nous a aidés à déterminer les besoins de la population », introduit Marie-Françoise Savigny. Le logement est une question centrale aux Mureaux, tant en ce qui concerne les demandes (1 039 demandes en souffrance au 9 novembre), que les conditions de vie des habitants (rénovation urbaine des quartiers d’habitat social). Mixité géographique et mixité sociale sont aussi les deux axes de la politique du logement menée depuis 2001.

Chargé de la conduite de la rénovation urbaine, Albert Bischerour (Les Verts) « assume » des choix très contestés par la gauche et l’extrême gauche qui siège au conseil municipal. Le projet de rénovation urbaine des quartiers d’habitat social prévoit de ramener à 40 % le nombre de logements sociaux (contre 46 %). « À l’issue du programme, nous aurons 1 000 logements de plus que ce que l’on a actuellement, avec une diversité d’offre supérieure (NDLR, accession sociale, accession libre, logement social). Pour les jeunes décohabitant du logement familial, pour les personnes âgées, il n’y avait rien. Pour l’instant, nous ne sommes pas en mesure de répondre à un parcours de logement. C’est pour cela que nous avons en projet la réalisation de résidences pour personnes âgées. Le diagnostic nous a permis d’identifier ces besoins. Nous aurons, dans le futur, la capacité de loger tout le monde, il y aura suffisamment de logements sociaux. À l’issue de ce programme, nous aurons une vraie ville », explique-t-il.

À regarder les résultats de l’enquête réalisée par l’agence d’urbanisme du Mantois, il n’était sans doute pas inutile de “s’attaquer” au dossier de la mobilité dans le logement, ce que la ville appelle le “parcours résidentiel”, notamment pour répondre aux demandes des jeunes quittant le domicile des parents. En effet en 1999, les jeunes de 0 à 19 ans étaient 10 000, aujourd’hui cette tranche d’âge a augmenté de 30 %. Et toute une tranche d’âge arrive à l’âge adulte sans pouvoir se loger aux Mureaux. C’est le travail, ingrat puisqu’il faudra en attendre les résultats, auquel s’est attachée la municipalité depuis 2001.

Pourquoi construire du logement privé, dont le prix au mètre carré est prohibitif ? Dans une ville où la population se paupérise, on peut se poser légitimement la question. « Il s’agit d’offrir aux gens qui ont les moyens de quitter le logement social pour rejoindre le parc privé, de le faire. C’est pour cela que plusieurs promotions privées sont en cours. Beaucoup de gens occupent le parc social alors qu’ils auraient les moyens de vivre ailleurs », indique Marie-Françoise Savigny. Le mandat Garay aurait donc commencé cette « troisième construction de la ville », comme aime à le penser l’adjointe au logement…

Urgence sociale

À ceux qui considèrent que la municipalité a oublié de traiter « l’urgence sociale », Marie-Françoise Savigny rappelle l’ouverture des appartements relais ou “logements passerelle” à la résidence Julienne pour les femmes seules ou les personnes en grande précarité qui n’ont pas encore l’autonomie suffisante pour obtenir un logement classique. La ville a aussi travaillé sur la parentalité, l’enfance, la réussite éducative, l’aide à la personne, l’accès à la santé sans qu’il soit possible de tout détailler ici. L’autoréhabilitation de l’habitat pour laquelle la ville a reçu le premier prix d’innovation sociale (encore le logement) a permis de renforcer de lien social dans le voisinage de certains quartiers en difficulté, par l’intermédiaire de chantiers d’entraide et de bricolage domestique. Le regret de l’adjointe aux affaires sociales et au logement est de n’avoir pas pu encore concrétiser le projet d’ouverture d’une épicerie sociale (un projet mené depuis 2005 avec Chanteloup et Vernouillet). Son autre souhait est de voir ouvrir le plus rapidement possible un groupe d’entraide mutuelle, une sorte de point écoute ouvert en semaine et le week-end, pour les gens en fragilité psychique. Au terme de son mandat et de sa lourde délégation, cet expert auprès de la Fondation de France pour les questions sociales, explique n’avoir eu qu’une ligne de conduite : « prendre la personne dans son intégralité… éviter le “saucissonnage” », et développer le travail en entretenant son réseau avec les institutions. Après trente ans de vie politique locale, sera-t-elle de la campagne des municipales 2008 ? Sollicitée par François Garay, Marie-Françoise Savigny prend le temps de la réflexion.

Jean Delarue (PT) : « Construire des logements à loyer modéré »

Jean Delarue, conseiller municipal (Parti des travailleurs), estime que la politique du logement menée n’est pas en adéquation avec les besoins urgents de la population.

« Pénurie de logements, faiblesse des mises en chantier, hausse des prix de vente et de location : notre ville connaît une grave crise du logement ! Le prix du foncier a progressé de 109 % depuis 2000 ! Aucun programme de logements sociaux en 2005 et 2006 ! Pas de livraison programmée avant 2008… L’absence d’offre locative nouvelle provoque une augmentation importante des prix des loyers. Face à cela, le projet de rénovation urbaine prévoit la démolition de 1 076 logements HLM avec une reconstitution de l’offre sur la ville de 59 % seulement, d’où les difficultés de relogement des familles. »

« L’accentuation de la pauvreté provoque aussi des situations dramatiques. Le “décrochage des revenus” par rapport à l’inflation du marché immobilier, l’accroissement du travail précaire et du chômage, renforce les difficultés d’accès au logement. Un plan d’urgence s’avère nécessaire, un plan massif de construction de nouveaux logements à loyer modéré, pour confirmer la vocation sociale de notre ville. Cela signifie la construction préalable à toute démolition de logements insalubres, la réhabilitation des logements sociaux sans augmentation du couple loyer charges, l’interdiction des expulsions et des saisies pour les familles frappées par la misère ou la maladie… »

M. Raynal, S. Brousse (UMP) : « La politique sociale coûte cher »

Nous avons recueilli les propos de Michel Raynal au nom du groupe UMP du conseil municipal.

« Il est évident que nous n’aurions pas fait les mêmes choix que François Garay en matière de politique sociale. Grâce aux subventions d’État, le maire a pu lancer une opération de rénovation urbaine d’envergure que nous avons votée, à l’exception d’une ou deux abstentions sur des points de modification. Le plan de l’agence de rénovation urbaine (NDLR, Anru) représente une véritable possibilité pour la ville de se développer et d’assurer plus de mixité sociale, et de faire “exploser la ghettoïsation” dans certains quartiers. Je regrette simplement que la ville ait vendu une partie de son patrimoine immobilier, et ait démoli les bains douches qui appartenaient au passé de la ville.

« Sur la politique sociale, des choses intéressantes ont été faites. Mais cela coûte relativement cher. Heureusement que les subventions d’État, de la Région et de l’Europe affluent sans quoi cette ville serait en faillite depuis longtemps. Le jour où la taxe professionnelle baissera, que fera-t-on ?

« Le souci de cette municipalité est enfin qu’elle ne regarde pas suffisamment ce qu’il se passe dans la ville. Je reconnais tout de même les qualités d’écoute du maire, notamment avec son opposition. »

Joseph Tréhel (PCF) : « La municipalité a failli »

La tête de liste des Mureaux Pluriel en 2001, Joseph Tréhel critique le bilan de la ville en matière de politique sociale et de logement.

« Pour l’essentiel mon appréciation portera sur la politique municipale du logement. Les conséquences de la politique municipale sont dramatiques pour les habitants des “quartiers sud” de la ville ainsi que pour les locataires du logement social en général. Cette municipalité a choisi la manière autoritaire pour définir le programme de rénovation urbaine : en dehors des habitants par l’intermédiaire de techniciens et d’urbanistes qui partent avec des objectifs préétablis, ramener la part du logement social de 46 à 40 % du parc immobilier de la ville. Soit l’élimination de 15 % des logements sociaux existants, près d’un logement sur six. Alors que les demandes de logements s’accumulent à la mairie, l’offre est délibérément réduite. Il est aujourd’hui pratiquement impossible à un jeune, à une famille, d’accéder à un logement. La migration vers d’autres localités est systématiquement organisée et compte tenu des filtres mis en place par les sociétés propriétaires, ce sont les moins pauvres parmi les pauvres qui quittent la ville, aggravant de ce fait les déséquilibres de la mixité sociale.

« Dans les quartiers HLM, les conditions de vie se sont aggravées au nom. En 6 ans, les services n’ont cessé de se réduire. Pour compenser nous assistons à l’omniprésence des CRS et de la vidéosurveillance qui va prochainement se traduire par l’installation de 11 nouvelles caméras.

« L’amélioration de la vie des habitants ne peut se faire bien évidemment qu’au seul niveau de la municipalité tant les conséquences de la politique nationale sont énormes. Il n’en demeure pas moins que cette municipalité a failli dans l’exercice de ses responsabilités sociales. »


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