La candidature d’Arnaud Richard UMP à la mairie de Meulan fait des remous… en Seine aval. En effet, la cité rouennaise s’est émue d’apprendre que son adjoint au maire chargé des nouvelles technologies de l’information était candidat à Meulan où il s’est installé depuis bientôt cinq mois. Le blog d’actualités de l’agglomération de Rouen “grand. rouen.com” titre sur « La double vie d’Arnaud Richard ».
La précision que nous avons apportée sur le fait qu’Arnaud Richard était en contact depuis 2002 avec le député-maire UMP de Chanteloup-les-Vignes en vue de s’implanter à Meulan, voire plus si affinités, n’est pas passée inaperçue.
Déjà, un certain nombre de citoyens de la capitale haute-normande n’avaient guère goûté le grand écart géographique de leur élu, par ailleurs conseiller parlementaire au cabinet parisien de Jean-Louis Borloo, qui s’était présenté en juin dernier aux législatives comme suppléant de Pierre Cardo sur la 7e circonscription des Yvelines.
Les blogueurs n’y vont pas de main morte : scandalisés qu’il continue à percevoir ses indemnités d’adjoint, ils appellent Arnaud Richard à la démission. Déjà, le 19 octobre, les élus Verts de Rouen avaient interpellé le maire Pierre Albertini au sujet des absences non excusées de son adjoint aux quatre dernières séances du conseil municipal. La semaine suivante, dans un communiqué, ils demandaient sa démission et le remboursement de ses indemnités de 1 200 euros par mois, depuis son absence.
Il semblerait en effet que depuis octobre 2006, c’est-à-dire il y a un peu plus d’un an, Arnaud Richard n’ait assisté qu’à une seule des neuf séances du conseil municipal. Pour les quatre dernières, il n’a pas pris soin de s’excuser.
Dans les colonnes de notre confrère, le quotidien "Paris-Normandie" (édition du 2 novembre), Arnaud Richard s’explique : « Je ne suis pas un élu virtuel, mais un élu en deuil. J’ai perdu mon père en mai et cela m’a déstabilisé. Le maire était au courant et c’est quelque chose que l’on respecte. Voilà pourquoi je suis en même temps fou de rage contre ses attaques et profondément blessé. »
Au journaliste qui insiste sur le fait que son deuil l’empêche de siéger à Rouen, mais ne l’empêche pas de mener campagne à Meulan, il donne une étonnante réponse : « Ce deuil a eu lieu à Rouen. Et quand vous êtes meurtri par quelque chose et que ce quelque chose est symbolisé par un territoire, on a envie de tourner la page, de passer à autre chose. Ce n’est pas incompatible. »
Enfin interrogé sur ses indemnités de 1 200 euros, Arnaud Richard explique qu’elles « lui coûtent plus qu’elles ne lui rapportent ». Des propos qui vont plaire aux smicards et aux RMistes de Meulan. Un internaute commente cette sortie pour le moins maladroite : « A mettre dans un bêtisier ! »
Voilà un épisode dont la tête de liste de la droite se serait certainement bien passée.
Pour imprimer cet article
Envoyez cet article à un ami
Autres articles associés